Nationalisme de marque

Dans un monde, où l’entreprise achète la matière première dans un pays, où elle fabrique dans un autre pays avec une main d’œuvre, elle-même venant d’ailleurs et où la mécanisation a réduit les compétences professionnelles à la répétition du geste sans conscience, qu’est-ce qui définit la qualité et l’identité du produit ?

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Debouts, couchés. Ne pas déranger.

Vertical, puis horizontal

Pas visible sur la photo, il se tenait à distance sur ma droite, le gardien du cimetière — enfin, je pense que c’était un gardien, il avait une tenue de travail et se tenait derrière une brouette — qui me regardait sévèrement faire mes (trois) photos. Je me demande, et j’aurais dû lui demander, j’ai pas osé, s’il a le même regard outré quand il mate une émission de TV qui nous montre des pyramides, et des momies égyptiennes exposées aux yeux de milliers de visiteurs dans tel ou tel musée ?

J’étais son intrus. Comme si le bruit de l’obturateur de l’appareil photo pouvait déranger ses morts — je veux dire, les déranger plus que le vacarme continu du périphérique, invisible lui aussi sur la photo, qui passe entre les immeubles au loin et ici. Ce n’est pas difficile de l’imaginer se tenir raide derrière sa brouette, au bord de la route, dévisager les voitures aussi sévèrement qu’il m’a regardé moi. Et sans doute, trop pressés dans leurs cercueils de luxe motorisés, aucun automobiliste ne l’a jamais vu faire.

The Objectification of Women

It is because society tells us that women are objects, not subjects, that Stephen Hawkings can declare women to be “a complete mystery”, and have newspapers gleefully latch on to this, declaring women “the greatest mystery known to man”. It is a common refrain for men to bleat about not understanding women, but this is because they have simply never tried, because society has trained them to never look at life through the eyes of a woman.

The Objectification of Women – It Goes Much Further Than Sexy Pictures, via Mostly Signs

Du temps qui infuse

Chaque matin, j’essaye de marcher une heure (ou plus), histoire de me remettre en forme. J’aime ça, même si j’oublie souvent de le faire, même si ça m’épuise encore très vite : mon poids, des blessures diverses, etc. ce n’est pas comme si je tenais une forme olympique. Bref, c’est pas de ça que je souhaitais vous parler.

Quand je marche, ces matins-là, c’est les mains dans les poches. Je veux dire que si j’ai bien un objectif à peu près clair comme destination — rarement passionnante : ce matin, par exemple, je voulais retourner voir une vieille porte peinte en bleu que j’avais repérée il y a quinze jours, pour mieux la photographier — je me laisse distraire et change de chemin sans hésiter : j’adore me perdre, c’est la meilleure façon d’être surpris.

Je marche (ce n’est pas une course, ni un entraînement pour le prochain marathon de Paris), la tête aussi vide que possible : le but étant aussi d’arrêter de ruminer ou de ressasser cinquante mille trucs en même temps. Je me concentre sur mes mouvements et sur ce qui se passe autour de moi. J’arrête de penser à ce mignon centre de l’univers qu’est mon nombril.

J’ai quelques astuces pour essayer de garder la tête vide qui se ramènent toutes à une seule, c’est encore plus simple à retenir : éviter de la remplir. Surpris ?

  • Je n’utilise pas de baladeur : si je me vide la tête, c’est pas pour la remplir avec de la musique. Aussi bonne soit-elle. En plus, ça rend disponible aux bruits intéressants autour de moi… une autre manière de peut-être changer de chemin et de se perdre.
  • Je marche tôt : pour éviter le bruit de la circulation.
  • Je marche seul. La plupart du temps. Pas de conversation, pas de rythme à suivre, la liberté d’aller où je veux et d’y rester aussi (peu) longtemps que ça me chante.
  • Pas d’ordinateur ou d’iPad. Je ne marche pas pour prendre des notes ou pour écrire mon prochain billet. Et si j’ai un iPhone, c’est uniquement comme appareil photo : je m’interdis de l’utiliser pour autre chose. J’ai un bloc-notes et un stylo qui tiennent dans la poche, au cas où.

Mais le truc le plus important, ce qui fait que je continue à marcher aussi souvent que possible, c’est que je ne force pas. Je l’ai dit : ce n’est pas une course. Ce n’est pas non plus un défi personnel qui je me serai donné. C’est juste une façon de me faire du bien… j’espère. Et quand je sens que je commence à sérieusement fatiguer, j’entre dans le premier troquet venu, j’avale rapidement un café ou un Coca Light et je fais demi-tour.

Le but n’est pas non plus de faire un max de photos. Parfois j’en fais une ou deux, parfois cinquante ou cent. Parfois aucune. Ce matin, j’en ai fait treize. Dont celle-ci :

Teatime

Témoignage bien anodin de mon quotidien : au lieu d’un Coca ou d’un café, j’ai pris un thé. J’attends que les rédactions du Monde et de Libération me contactent, afin de leur donner plus d’informations sur ce thé tout ce qu’il y a de plus banal.

Banal ou pas, sachez que j’ai apprécié ce thé. Le temps passé à le laisser infuser, sans rien d’autre à faire que m’immerger dans le bruit des conversations et de la vie de ce bistrot de quartier, avec son patron espagnol, ses habitué(e)s du matin et Hugo, le chien baladeur aux oreilles qui trainent jusque par terre. J’ai apprécié le temps passé à boire ce thé, qui n’est définitivement pas le temps d’un Coca ni même d’un petit café serré.

Mine de rien, ce thé et les nuages qui jouaient avec mon soleil sur la tasse et la théière m’ont rappelé à quel point les habitudes sont dangereuses quand elles deviennent des routines. Je prenais ce café ou ce Coca sans leur accorder la moindre attention, réflexe pavlovien : avoir marché = Coca/café = maison = passer à autre chose.

Je me ruais sur ma récompense caféinée, comme d’autres se ruent pour une médaille d’or au 100 m ou en natation ou au tour de France, ou d’autres encore pour être les premiers à parler de ceci ou de cela ou à faire une chose ou une autre. Même si ça veut dire le faire à moitié bien, sans lui accorder toute notre attention, comme on peut manger à moitié bien, sans prêter attention au plat que l’on mange.

L’obésité ne se mesure pas qu’au tour de taille. Et s’empiffrer c’est s’empiffrer, même quand les plats qui passent sous notre nez ne se mesurent pas en calories.