Debouts, couchés. Ne pas déranger.

Vertical, puis horizontal

Pas visible sur la photo, il se tenait à distance sur ma droite, le gardien du cimetière — enfin, je pense que c’était un gardien, il avait une tenue de travail et se tenait derrière une brouette — qui me regardait sévèrement faire mes (trois) photos. Je me demande, et j’aurais dû lui demander, j’ai pas osé, s’il a le même regard outré quand il mate une émission de TV qui nous montre des pyramides, et des momies égyptiennes exposées aux yeux de milliers de visiteurs dans tel ou tel musée ?

J’étais son intrus. Comme si le bruit de l’obturateur de l’appareil photo pouvait déranger ses morts — je veux dire, les déranger plus que le vacarme continu du périphérique, invisible lui aussi sur la photo, qui passe entre les immeubles au loin et ici. Ce n’est pas difficile de l’imaginer se tenir raide derrière sa brouette, au bord de la route, dévisager les voitures aussi sévèrement qu’il m’a regardé moi. Et sans doute, trop pressés dans leurs cercueils de luxe motorisés, aucun automobiliste ne l’a jamais vu faire.

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