Voulons-nous sacrifier la légèreté dans nos échanges sur l’autel d’une paranoïa continuelle ? L’enjeu, avant même celui du non respect de l’intimité, est bien celui de la peur d’un possible. La société de surveillance introduit le doute dans le contrat de social.
Karl : L’œil et ce doute.
Lies I’ve Told My 3 Year Old Recently
“Lies I’ve Told My 3 Year Old Recently
Trees talk to each other at night.
All fish are named either Lorna or Jack.
Before your eyeballs fall out from watching too much TV, they get very loose.
Tiny bears live in drain pipes.
If you are very very quiet you can hear the clouds rub against the sky.
The moon and the sun had a fight a long time ago.
Everyone knows at least one secret language.
When nobody is looking, I can fly.
We are all held together by invisible threads.
Books get lonely too.
Sadness can be eaten.
I will always be there.”
— Raul Gutierrez, “Lives I’ve Told My 3 Year Old Recently”
Via Mostly signs
Alfred Bester
Tigers and Telepaths: An Alfred Bester Primer — un rappel utile : Alfred Bester n’est plus vraiment à la mode, même dans le petit monde le SF, et c’est dommage.
Même si d’autres ont pas mal exploré les pistes qu’il a initiées, à quelques détails prêts et avec un peu de recul, The Demolished Man (1952), son roman le plus célèbre avec The Stars My Destination, pourrait facilement avoir été écrit aujourd’hui. Son intrigue ne sera pas sans rappeler un certain film qui a eu pas mal de succès (et d’autres bouquins, bien entendu) : comment, pour sauver son entreprise d’un concurrent, un homme d’affaires va-t-il commettre un crime sans se faire pincer, dans une société où les télépathes peuvent lire votre esprit ? Et comment échapper à la police ? Très chouette polar/thriller sur fond de SF.

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Un autre rappel pour découvrir la SF : En attendant nos lectures d’enfance

Tomber sur cet article et faire quelques recherches pour vous en parler, m’a fait réaliser qu’il n’y avait pas d’édition numérique en français — c’est presque prévisible, on a l’habitude de la quasi totale inexistence des éditeurs FR traditionnels dans le numérique — ni, apparemment, en version imprimée classique.
On se rabattra donc sur de l’occasion — aucun doute que vous la trouviez chez Scylla mais vérifiez quand même ses horaires d’ouverture : en juillet et août elle est presque tout le temps fermée. Notez que je ne l’ai pas lu en français, je ne sais pas ce que vaut la traduction : L’homme démoli, chez Denoël collection Présence du Futur.
Plus étonnant, je n’ai pas trouvé d’édition numérique en anglais. Dommage — cela dit, en quelques minutes à peine, on trouve une édition numérique non officielle (pour Kindle, en .mobi, facilement convertible en epub, pour lire sur iPad/iPhone/Bookeen/…). Je l’ai téléchargée : après un rapide coup d’oeil, elle semble correcte, mais je ne l’ai pas encore comparée à mon édition de poche.
Clicclicclicclicclicclicclicclicclicclicclic

Photo de je ne sais pas qui. Via @charlierlaurent
En regardant cette photo, on se demande c’est quoi “être” journaliste — et si c’est vraiment ça, ce moutonnement de têtes et d’appareils borgnes (ils pourraient aussi bien être aveugles), et si c’est vraiment ça qu’attendent les lecteurs; si c’est ce vide abyssal que tous ils veulent mettre/trouver dans leur journal, il faut se hâter de découvrir de nouveaux lecteurs et réapprendre à leur offrir une autre information.
À noter comme plus rien ne distingue le pro de l’amateur à part, peut-être, la taille de son appareil photo — et la distance d’avec le sujet qui prend la pose.
Quête d’un boitier photo
Vous vous souvenez ? Je cherche un boitier photo.
J’ai testé l’Olympus om-d e-m5 : génial, mais un peu trop petit pour mes gros doigts. J’ai testé le Nikon D800 : génial aussi, c’est peu de le dire, mais beaaaaaucoup trop cher pour moi. J’ai testé le Nikon D7100 : excellent, mais si c’est pour rester en APS-C autant ne pas changer de boitier : j’aimerais profiter à plein de mon 85 f1.8 et de mon 28 (pour les plus fidèles, mon vieil 55 f2,8 AIS qui me suit depuis 30 ans — et qui déjà bien usé quand je l’ai reçu — est mort il y a quelques mois).
Ce serait sans doute merveilleux de photographier avec un Leica M9, mais de tels niveaux de prix pour un boitier qui est presque du consommable c’est juste surréaliste/suicidaire (les optiques aussi sont hors de prix, mais elles dureront infiniment plus longtemps que les boitiers, et que Leica). Je n’y pense donc même pas.
Je testerais volontiers un X100, mais je n’en trouve pas en prêt. Et cela ne règle pas la question des optiques.
Alors, t’as choisi quoi ?
Je suis sous le charme du Nikon D800. Si je pouvais me l’offrir je l’achèterais certainement, tant il est performant (c’est peu de le dire) et confortable à utiliser — et parce qu’il me rend mes chers 28 et 85 pour ce qu’ils sont : un 28 et un 85. Mais je sais aussi que cet achat ne serait absolument pas raisonnable :
- Trop coûteux, pour la poignée de photos que je fais encore chaque année.
- Sans aucun doute, il passerait l’essentiel de son temps dans un placard : vu son poids/encombrement, dur de le trimballer partout avec moi.
Si le boitier fait plus que m’impressionner, ce n’est pas ce dont j’ai besoin aujourd’hui. D’ailleurs, j’ai besoin de quoi ?
Le boitier le moins encombrant possible et le plus léger (et discret et silencieux) sur lequel monter de bonnes optiques fixes, et retrouver ces focales que j’aime utiliser. Soit que je garde celles que j’utilise depuis des années, soit que je revend tout et change de marque.
Je pourrais acheter un D7100 : il est moins encombrant qu’un D800 et ce serait un énorme bond en avant comparé au D200 : ISO, gestion du bruit, AF, etc. Mais je resterais en APS-C. Or, si je veux changer de boitier, ce n’est pas à cause du bruit (dont je me fiche à peu près complètement), mais (pour avoir un meilleur viseur et) pour retrouver mes focales.
Vraiment, la meilleure surprise c’est Olympus. Son boitier est peut-être rétro — je ne change pas d’avis — mais ce qu’il en ont fait est brillant et tellement prometteur. Avec son 12mm (24) et son 45 (90), il ne lui faudrait pas grand-chose de plus pour que je l’adopte.
Alors, je vais attendre. Un très hypothétique plein format compact à un prix abordable, chez Nikon (à peu près impensable, sauf sursaut d’audace inespéré, du moins pas avant 5 voire 10 ans) ou bien, plus probable, un nouveau boitier chez Olympus — ou un autre fabriquant micro 4/3 — aussi génial que l’om-d e-m5, mais un peu moins compact et offrant un chouïa plus de contrôles (un indicateur de MAP manuelle, par exemple).
En attendant qu’une porte s’ouvre, ou en attendant l’occasion du siècle, j’ai choisi de garder mon vieux Nikon D200, qui fait plus de bruit à 800 ISO qu’une boum d’ados, un vendredi soir dans mon immeuble. Et je ne vous parle pas de son capteur blindé de poussières.

