Choisir ses lecteurs

Si vous choisissez vos lectures, je me donne le droit de choisir mes lecteurs (sur twitter).
(Geekunivers, qui explique pourquoi il a passé son compte Twitter en privé.)

Pourquoi pas. C’est toujours une question d’équilibre, peu importe comment on y arrive. Filtrer l’entrée ou, comme moi, choisir d’ignorer les trolls (après avoir stupidement essayer d’attirer l’attention sur cette nuisance), ou encore complètement s’en foutre et y aller sans se poser de questions. Dans tous les cas, cette recherche d’équilibre, toujours entre deux (re)chutes, ça s’appelle marcher : avancer.

Une chose est sûre, en revanche, avoir vidé ma TL (choisi mes lectures, donc, pour reprendre le mot de Geekunivers) ou, plus exactement, lui avoir rendu sa fonction première (qui n’est pas de troquer des “je te suis, si tu me suis”, mais de suivre celui/celle qui nous plaît ou nous intéresse) m’a redonné un immense appétit pour Twitter.

Ça m’a aussi redonné le goût d’essayer : je me surprends à suivre à l’essai pas mal de monde et à ne pas hésiter à me désabonner si ça ne donne pas ce que j’espérais. Sans me sentir injurieux de le faire.

Twitter a cessé d’être une contrainte ou une dépendance à laquelle je m’accroche à chaque instant de la journée, et la nuit quand je ne dors pas, pour redevenir un moment sympa, presque autant qu’un bon thé. C’est dire.

Un peu sur le même sujet : Combien de livres laissez-vous tomber ?

Edit, complètement oublié l’excellent billet de mon camarade @urbanbike sur la même question : Suivre ou ne pas suivre : That is not the question!

L’obsolescence programmée est reportée à une date ultérieure

Les copains de chez MacBidouille ont publié ce petit tableau qui résume la compatibilité des terminaux avec la prochaine version de iOS :

Tableau
Suivez le lien pour le voir en grand, chez eux.

Apple — que quelques pisse-copie en mal d’inspiration se sont amusés à décrire comme l’incarnation de l’obsolescence programmée — a annoncé que les prochaines versions de iOS 7, à sortir vers septembre 2013, pourront s’installer sur tous les iPhone jusqu’à l’iPhone 4 (sorti en juin 2010), et sur tous les iPad jusqu’à l’iPad 2 (sorti en mars 2011, l’iPad 1er du nom étant sorti en avril 2010).

On aura donc au moins 4 générations d’iPhone (les 3 dernières, plus celle à sortir en même temps qu’iOS7) qui pourront utiliser la dernière version d’iOS de Apple. On aura donc au moins aussi 4 générations d’iPad (les 3 dernières, plus au moins une nouvelle génération que l’on attend).

Bien sûr, il reste à voir comment ces OS tourneront sur le matériel le plus ancien — sûrement moins confortablement que sur les machines récentes, mais probablement correctement: Apple préférant ne pas offrir la mise à jour plutôt qu’une expérience trop pénible.

Bien sûr, Apple pourrait faire encore mieux (comme elle le fait avec les Mac). Mais — en en attendant l’avènement de ce monde parfait où on ne jettera plus jamais rien — quelqu’un peut me rappeler ce qu’il en est des mises à jour et de la compatibilité des smartphones chez la concurrence ?

Ils sont où les inquisiteurs si impatients de brûler Apple ? Sans doute est-il plus facile de trouver un bouc émissaire, surtout quand il se montre aussi insolent que l’est Apple, que de chercher à analyser un problème plus en profondeur. Mais c’est pas nouveau.

Sur le prochain iOS

Les attentes autour d’iOS sont fortes. Difficile de ne pas lire la floppée d’articles qui attendent, quand ils n’exigent pas sous peine de bouderie ou de passage à la concurrence :

  • Un nouveau design, voire une nouvelle ergonomie.
  • Un OS plus mature — comprenez un OS qui se laisse personnaliser et qui s’adapte aux petites habitudes de chacun(e).
  • Un peu de woaw. Pour se motiver avant de faire la queue à la caisse, sans doute.

Mais à lire certaines de ces listes de souhaits, je me dis parfois qu’il ne leur manque que de souhaiter un port USB et un Finder pour transformer le prochain iOS/iPad en… OS X/Mac (ou PC, si vous préférez). Un comble.

Je n’ai évidemment pas la moindre idée de ce que Apple va sortir de son chapeau. Mais je suis sûr de ceci :

  • Ce ne sera pas ce « PC 2.0 » qui permettrait aux geeks de continuer à bosser sur leur tablette comme ils bossaient sur leur PC.
    Un tel changement ne serait pas qu’une incroyable mise à jour, de la part de Apple, ce serait carrément qualifier d’échec ce qui est son plus gros succès.
  • Apple ne fabrique pas ses appareils pour combattre la lassitude ou le manque d’inspiration de certains journalistes ou geeks (pour ça, y a changer de job ou de hobby), ni pour satisfaire leur besoin d’être émoustillés (pour ça, y a la chambre à coucher, la boite de Kleenex, etc.).

Ce qui est sûr, aussi, c’est que Apple n’est plus toute seule sur le marché. Elle serait téméraire de ne pas avoir pris en compte une partie de ces attentes et la possibilité de faire évoluer iOS vers une utilisation plus « experte » qu’elle ne l’est actuellement.

Je suis impatient de voir ce qu’elle va nous annoncer, le nouvel équilibre qu’elle va nous proposer, dans moins d’une petite heure.

Ulysses, qui revient de III

(Woaw, encore un titre génial ! Si, si, car il tisse un lien ô combien subtil entre un célèbre grand paumé de l’Histoire — Ulysse, le rusé renard (mais ayant un sens de l’orientation digne d’une huître) qui, après la guerre de Troie, se perd sur le chemin du retour (notez qu’on l’aide à se perdre, sinon y aurait pas d’histoire), et qui va passer dix ans à essayer de retrouver son chemin (c-à-d autant de temps qu’aura duré le siège de Troie) — et une certaine application et ma propre situation.)

Le couple Ulysses/Daedalus me fait hésiter — je ne sais pas quoi faire.

En fait, ce qui me fait hésiter c’est de renoncer à manipuler mes fichiers TXT moi-même. Leur donner un nom, dire où les enregistrer et, surtout, pouvoir y accéder comme je veux, avec l’application que je veux. Renoncer à quelque chose qui me semble être la raison d’être même des fichiers TXT (et de Markdown) : la compatibilité et la portabilité.

Là où on pourrait voir une innovation, peut-être que j’y vois un repackaging de nos usages d’avant l’utilisation de Markdown et du TXT : travailler dans une app, se lier à une app et pas dans une autre — du moins pas sans manipulations supplémentaires.

Alors que depuis des années mon travail s’organise autour de mes textes — toutes mes apps accédant aux mêmes fichiers, les apps sont des satellites qui orbitent autour de leur soleilmes textes — je devrais recommencer à organiser mon travail autour d’une application : mes textes orbitant autour d’une app.

J’hésite à sauter le pas. Si j’hésite, c’est bien entendu que je trouve le couple Ulysses/Daedalus très efficace et séduisant — si pas sans reproches.

Pourtant, mon hésitation me fait sourire, j’utilise déjà depuis longtemps une autre app qui me “prive” de mes fichiers — une app qui les stocke dans le dossier de son choix (caché), qui leur donne des noms impossibles à retenir et qui me force à exporter mon texte dès je veux l’utiliser ailleurs — et j’adore cette app, dans laquelle j’écris en Markdown.

Cette app, c’est Day One.

Pourquoi une telle différence de jugement de ma part ? Je pense que ça tient dans le type de texte que je confie à Day One et à Ulysses. Un journal — ce qu’est Day One pour moi — est quelque chose de bien plus statique, moins sujet à être édité et manipulé qu’un texte sur lequel je travaille : article de blog, livre ou même liste de courses.

J’y reviendrai.

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