Location de Office 365, quelques précisions

Allez lire la réaction de Benoît à la sortie de Office, et son point de vue sur les apps en location, dont Office 365.

Je ne vais pas parler de ce avec quoi je suis d’accord (cette manne à fric inépuisable qu’est l’abonnement et les liens qu’elle fait peser sur le client), seulement rappeler ou préciser certaines choses relatives à Office et à l’abonnement :

Abonnement
Oui, Microsoft à le même souci que toutes les autres boîtes US avec la conversion des devises : 1$ = 1€. Dommage pour nous. Et, oui, elle va salir sa tablette…

  • On est pas obligé de payer à l’année. On peut louer Office 365 au mois (on économise 2 mois, avec un abonnement annuel).
  • L’abonnement annuel/mensuel, couvre 5 licences Mac ou PC + 5 licences mobiles. Il est Familial, comme ils disent, c’est la cible.
  • Un nouvel abonnement personnel à Office 365 pour 1 Mac ou PC + 1 tablette, moins cher (60$/an 6/mois), a été annoncé.
  • Selon l’abonnement qu’elle a choisi, ta boite peut te laisser installer l’app sur ta machine perso.
  • Tu peux travailler avec Office 365 sans Internet, sauf au moment de l’installation (où ta licence sera validée en même temps que l’app installée)… comme avec 99% des apps, de toute façon (même sans contrôle de licence, faut bien les télécharger ;))
  • On peut choisir de ne pas utiliser OneDrive. Même sur iPad. Mais il est clair que Microsoft ne fait rien pour te faciliter la vie: il n’y aucune intégration dans les apps… pas plus que Apple n’encourage à essayer autre chose que iCloud, dans ses propres apps.
    20140329 015227000 i os Ici, depuis ma Dropbox, j’ouvre le fichier (en lecture seule) dans Word sur iPad.
  • Pour ce qui est de l’idée de payer à l’usage, on rappellera aussi que l’on peut utiliser Office Online complètement… gratuitement. Evidemment, les outils n’offrent pas les mêmes possibilités que la version complète de la version de Bureau, ni la même esthétique (brillante) que la version iPad.

Plus de détails sur office pour iPad dans un article à venir…

Mise à jour d’un ebook. Et mes notes, alors ?

Les ebooks, c’est tellement pratique. Sauf quand ça ne l’est plus :

Alerte
Amazon m’informant par email que la MAJ d’un livre est impossible, du moins si je veux préserver mes notes et passages surlignés.

L’ebook a subi tellement de modifications que la mise à jour du fichier entrainera la perte de mes notes et passages surlignés. Allons bon ?

Je ne vais jeter la pierre à personne. Ni à Amazon — qui a peur de quelques Mo de texte ? — ni à l’éditeur de cet indigeste pavé de 50Mo, sans rire, qui a poussé trop de MAJ en une seule fois et qui ferait mieux de proposer son intégrale en plusieurs volumes, plus légers et plus maniables.

Mais glups quand même. Et crotte, aussi. Je fais quoi, moi ?

Mes notes de lectures sont au moins aussi importantes que le texte lui-même — à mes yeux en tout cas : commentaires, réflexions, questions, toutes choses que je souhaite retrouver à la prochaine lecture… comme je les aie toujours retrouvées dans les marges de mes livres imprimés.

Comment sauver mes notes ?

Je ne vois pas de solution simple. À part ne pas mettre à jour et vivre avec les typos. C’est dans doute ce que je vais faire. Mais c’est très bête : la MAJ améliore le texte du livre, j’y perds.

Une solution moins simple ? Récupérer toutes mes notes, depuis le fichier TXT des notes enregistrés sur le Kindle paperwhite (ou depuis le site Web de Amazon), puis mettre le livre à jour. J’aurai préservé mes notes, mais il n’y aura plus aucune marque dans le texte lui-même, plus aucun point de repère me signalant les passages qui m’avaient fait réagir ou réfléchir; plus aucun lien entre mes notes et le texte lui-même — sacrée perte — sauf à les recoller une à une dans le texte — sacrée perte de temps. Et si j’ai une patience d’ange, je ne suis pas maso.

Solution idéale ? Que ePub/Mobi deviennent des formats de livre électronique à part entière. Un livre, c’est-à-dire un objet qui contient du texte pas seulement entre ses marges, mais aussi dedans.

Que les marges électroniques soient traitées avec le même sérieux que le texte lui-même, pas seulement pour décorer et faire comme dans un “vrai” livre — ou alors autant ne pas permettre du tout la prise de notes : ça aurait le mérite d’être plus clair sur la valeur de ces marges.

Proposer un format d’échange standardisé de ces notes, qui permette facilement de passer d’une édition (et d’un ebook) à un(e) autre — après tout, c’est à peu près la même chose, cela fait bien longtemps qu’on arrive à faire des références précises au niveau de la phrase elle-même dans n’importe quel texte de Platon, peu importe l’édition ou même la langue (il y en a d’autres, la Bible par exemple).

Au fond, pour résumer, je rêve que ces formats numériques deviennent enfin autre chose que des formats à consommer de la littérature, pour devenir des formats permettant de travailler la lecture.

Des formats qui donnent au texte et à la lecture, même numériques, le même droit à la durée et au souvenir que leur ancêtre imprimé.

Je ne sais pas comment faire — je ne suis pas développeur, je suis auteur et lecteur — mais en acceptant le livre numérique dans ma bibliothèque, je n’ai jamais accepté de renoncer à cette lecture active qui est la mienne. Et encore moins accepté de renoncer à cette lecture dans la durée.

Marges

Pourquoi s’embêter à fabriquer des robots ?

Le Japon à tout faux de vouloir créer des robots de plus en plus sophistiqués, capables de nous imiter. C’est bien plus rapide — et ça revient certainement moins cher — de convaincre le personnel humain le moins qualifié que c’est génial de fonctionner comme un robot :

Known as arm-mounted terminals (AMTs), workers said that the Motorola devices were used to monitor the performance of ‘order pickers’, who load supplies, and forklift drivers.
(…)
They said the device instructs employees how to pick their orders by scanning barcodes and stacking goods on a trolley.
It also has an in-built performance monitor, which grades them every time they collect goods in the warehouse and bring them to a dispatch area.
They said they got percentage scores for collection assignments, like loading beer or toilet rolls.
Tesco staff forced to wear arm monitors that track work rate, Feb. 2013, via @Doctorow

Dave: Ouvre la porte des toilettes, STP, Bracelet. Ouvre la porte des toilettes, STP, Bracelet. Allo ? Tu m’entends, Bracelet ? Tu m’entends ?
Bracelet: Oui, je t’entends, Dave.
Dave: Ouvre la porte des gogues, je dois faire pipi.
Bracelet: Je suis désolé Dave, je ne crois pas pouvoir te laisser faire ça.
Dave: Quel est le problème ?
Bracelet: Je pense que tu connais le problème aussi bien que moi, Dave.
Dave: De quoi tu parles ?
Bracelet: Notre mission est trop importante pour que je te laise la mettre en péril en te laissant le temps de faire pipi. Il faut expédier la commande du client sans perdre une seconde.

Tu as trouvé la subtile référence à un certain film de SF qui se cache derrière ce magnifique dialogue ? Tu as gagné.

La méthode ou la fin ?

Dans un récent article qui lui a été consacré, elle explique un peu mieux pourquoi selon elle, les criminels sont les innovateurs de demain. Parce que les marginaux par leur ingéniosité même sont des entrepreneurs naturels et débrouillards. Même si nous pouvons déplorer leurs méthodes, celles-ci doivent toujours être innovantes et différentes.

(C’est plus la fin que les moyens que je déplorerais, dans un crime. Mais ce n’est que moi.)

Même si Hubert Guillaud (Où en est la contreculture ?) se montre critique envers l’article original, le parcourir aura été l’occasion de mettre en évidence d’une façon inattendue, pour moi du moins, une des choses qui me terrifie le plus avec notre modèle de société (on a le droit de mettre ça au pluriel, ça n’y change rien) : son besoin de tout comprendre — dans tous les sens du terme, sans aucune capacité, et encore moins d’intérêt, à se fixer des limites.

Peut-être était-ce finalement une bonne illustration de ce qu’est devenue la contreculture. Une culture qui s’oppose au système idéologique dominant et qui finit par être récupéré par ce système tout en étant vidée de toute idéologie.

Pour ce qui est de l’évolution de la nature de la contreculture, dont parle Guillaud, je serai moins optimiste que lui : il y a longtemps que je ne vois plus en “mai 68” — comme dans toute culture qui se revendiquerait d’opposition — que ce qu’y voyait déjà Pasolini à l’époque…. Je vous laisse chercher dans ses superbes Écrits corsaires la petite phrase en question.

Des multiples façons de bosser

When I’m writing on my iPad at home, there’s a chance I have my MacBook on my desk (…). It’s not uncommon for me to use a dual-monitor setup when writing, relying on my MacBook for Google searches and other reference material – effectively, I use it as a secondary display to my iPad when I’m working on articles that require a fair amount of research. Command-C Browser Actions

En gros, Frededrico nous explique que, quand il écrit chez sur lui sur l’iPad, il a souvent son MacBook posé à côté qu’il utilise comme écran externe — sur lequel il fait plusieurs choses, dont des recherches sur Google.

Je n’écrirai jamais sur l’iPad alors que le Mac serait dispo juste à côté. Mais c’est aussi ce qui rend tout ça terriblement intéressant : découvrir une telle variété de moyens pour arriver à la même fin : faire ce qu’on veut faire. Ecrire, ou autre.

Au fait, si vous êtes dans le même cas que Frederico — l’iPad au centre de votre organisation d’écriture — je pense que le petit outil qu’il propose devrait vous intéresser.