Mise à jour d’un ebook. Et mes notes, alors ?

Les ebooks, c’est tellement pratique. Sauf quand ça ne l’est plus :

Alerte
Amazon m’informant par email que la MAJ d’un livre est impossible, du moins si je veux préserver mes notes et passages surlignés.

L’ebook a subi tellement de modifications que la mise à jour du fichier entrainera la perte de mes notes et passages surlignés. Allons bon ?

Je ne vais jeter la pierre à personne. Ni à Amazon — qui a peur de quelques Mo de texte ? — ni à l’éditeur de cet indigeste pavé de 50Mo, sans rire, qui a poussé trop de MAJ en une seule fois et qui ferait mieux de proposer son intégrale en plusieurs volumes, plus légers et plus maniables.

Mais glups quand même. Et crotte, aussi. Je fais quoi, moi ?

Mes notes de lectures sont au moins aussi importantes que le texte lui-même — à mes yeux en tout cas : commentaires, réflexions, questions, toutes choses que je souhaite retrouver à la prochaine lecture… comme je les aie toujours retrouvées dans les marges de mes livres imprimés.

Comment sauver mes notes ?

Je ne vois pas de solution simple. À part ne pas mettre à jour et vivre avec les typos. C’est dans doute ce que je vais faire. Mais c’est très bête : la MAJ améliore le texte du livre, j’y perds.

Une solution moins simple ? Récupérer toutes mes notes, depuis le fichier TXT des notes enregistrés sur le Kindle paperwhite (ou depuis le site Web de Amazon), puis mettre le livre à jour. J’aurai préservé mes notes, mais il n’y aura plus aucune marque dans le texte lui-même, plus aucun point de repère me signalant les passages qui m’avaient fait réagir ou réfléchir; plus aucun lien entre mes notes et le texte lui-même — sacrée perte — sauf à les recoller une à une dans le texte — sacrée perte de temps. Et si j’ai une patience d’ange, je ne suis pas maso.

Solution idéale ? Que ePub/Mobi deviennent des formats de livre électronique à part entière. Un livre, c’est-à-dire un objet qui contient du texte pas seulement entre ses marges, mais aussi dedans.

Que les marges électroniques soient traitées avec le même sérieux que le texte lui-même, pas seulement pour décorer et faire comme dans un “vrai” livre — ou alors autant ne pas permettre du tout la prise de notes : ça aurait le mérite d’être plus clair sur la valeur de ces marges.

Proposer un format d’échange standardisé de ces notes, qui permette facilement de passer d’une édition (et d’un ebook) à un(e) autre — après tout, c’est à peu près la même chose, cela fait bien longtemps qu’on arrive à faire des références précises au niveau de la phrase elle-même dans n’importe quel texte de Platon, peu importe l’édition ou même la langue (il y en a d’autres, la Bible par exemple).

Au fond, pour résumer, je rêve que ces formats numériques deviennent enfin autre chose que des formats à consommer de la littérature, pour devenir des formats permettant de travailler la lecture.

Des formats qui donnent au texte et à la lecture, même numériques, le même droit à la durée et au souvenir que leur ancêtre imprimé.

Je ne sais pas comment faire — je ne suis pas développeur, je suis auteur et lecteur — mais en acceptant le livre numérique dans ma bibliothèque, je n’ai jamais accepté de renoncer à cette lecture active qui est la mienne. Et encore moins accepté de renoncer à cette lecture dans la durée.

Marges