La méthode ou la fin ?

Dans un récent article qui lui a été consacré, elle explique un peu mieux pourquoi selon elle, les criminels sont les innovateurs de demain. Parce que les marginaux par leur ingéniosité même sont des entrepreneurs naturels et débrouillards. Même si nous pouvons déplorer leurs méthodes, celles-ci doivent toujours être innovantes et différentes.

(C’est plus la fin que les moyens que je déplorerais, dans un crime. Mais ce n’est que moi.)

Même si Hubert Guillaud (Où en est la contreculture ?) se montre critique envers l’article original, le parcourir aura été l’occasion de mettre en évidence d’une façon inattendue, pour moi du moins, une des choses qui me terrifie le plus avec notre modèle de société (on a le droit de mettre ça au pluriel, ça n’y change rien) : son besoin de tout comprendre — dans tous les sens du terme, sans aucune capacité, et encore moins d’intérêt, à se fixer des limites.

Peut-être était-ce finalement une bonne illustration de ce qu’est devenue la contreculture. Une culture qui s’oppose au système idéologique dominant et qui finit par être récupéré par ce système tout en étant vidée de toute idéologie.

Pour ce qui est de l’évolution de la nature de la contreculture, dont parle Guillaud, je serai moins optimiste que lui : il y a longtemps que je ne vois plus en “mai 68” — comme dans toute culture qui se revendiquerait d’opposition — que ce qu’y voyait déjà Pasolini à l’époque…. Je vous laisse chercher dans ses superbes Écrits corsaires la petite phrase en question.

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