Pourquoi en Markdown ?

@urbanbike répond à son tour à cette question à laquelle j’avais répondu en son temps.

Et si nous ne la recherchons pas forcément de la même manière dans nos outils respectifs, nous recherchons exactement la même chose : la simplicité.

Ma réponse ne change pas : je cherche à réduire les frictions, je cherche l’outil qui se fasse le plus complètement oublier… (Billet à venir sur ce qui a changé/est en train de changer depuis novembre 2012).

Patron ! On peut virer les photographes, on a des iPhone

On est tous ces photographes. Pas besoin de photographes pour faire des photos. Pas besoin d’ouvriers pour faire des voitures. Pas besoin de profs pour enseigner. Pas besoin de journaliste pour écrire. Juste besoin de clients, et encore : on a surtout besoin de les revendre aux annonceurs.
Et on découvre, un peu inquiet et sonné qu’en fait on n’a jamais été qu’un presse-bouton, un bête rouage biologique, coincé dans un vaste système d’engrenages et de poulies qui ne fonctionne que pour lui-même, quelque chose qu’une machine peut remplacer avantageusement, à chaque bond technologique vers plus d’efficacité, plus d’automatisation, plus d’intelligence. Parce qu’on est là : remplacé par du hardware et du software, qui coûtent moins cher et qui sont supposés faire aussi bien. Si pas mieux que nous.

Macg m’a demandé mon avis sur cette histoire de licenciement de tous les photographes d’un journal, pour les remplacer par des journalistes équipés d’iPhone, un long billet où je parle à peine de l’iPhone : Patron ! On peut virer les photographes, on a des iPhone.

Ebooks. La couverture, c’est pas décoratif

C’est très bien de proposer des ebooks gratuits, très bien même. Mais ce ne serait pas plus mal de penser à mettre un titre sur la couverture plutôt que la tronche de l’auteur ou qu’une illustration à la con :

Couv 1
Trois ebooks de Camus et deux de Homère (l’autre, pas le Simpson). Mais pas de titre, même pas le nom de l’auteur. Super.

Vous me direz que “c’est pas sympa de critiquer le travail des bénévoles” que “j’ai qu’à le faire moi-même“.

C’est juste.

Si je n’ai pas le droit de proposer une version électronique des textes de Camus — j’habite en France, je ne veux pas finir à la Bastille, dans la même cellule que le marquis de Sade dont on m’a dit qu’il avait des moeurs bizarres : il n’aimerait pas le thé. Si je ne suis pas un graphiste de talent, comme l’est @urbanbike. J’ai quand même le droit de passer quelques minutes pour faire cinq couvertures et les proposer à qui ça intéresse :

2013 05 30 11.06.38

Même parmi les éditeurs numériques, on en trouve encore qui continuent à bosser la couverture, quand ils la bossent, comme on le faisait pour le papier. C’est absurde : la couverture ne joue plus vraiment le même rôle que dans les rayons ou sur les présentoirs, et sa taille d’affichage est souvent minuscule (pas forcément en couleur, non plus).

Numérique — parce que je n’ai aucun des points de repère traditionnels : taille, épaisseur, hauteur du volume, voire même sa couleur, sa place dans les rayonnages, etc. — la couverture doit avant tout (me) dire ce que contient le livre, et qui est son auteur.

Nouveau logo

Un tout nouveau et tout beau logo, pour le blog. Il est signé @urbanbike — si on a pas mal discuté et fait quelques corrections avant d’arriver au résultat final, je dois dire que Jean-Christophe avait déjà mis le doigt sur tout ce qui convenait pour cerner le blog… et son auteur.

Combien de livres laissez-vous tomber ?

De tous ceux que vous commencez à lire — soit que les personnages vous semblent découpés dans du carton à pizza recyclé, que la voix du narrateur vous séduise autant que les chants de la Castafiore, que l’auteur vous endorme avec une écriture aussi plate que l’encéphalogramme d’un zombie ou, tout bêtement, que l’intrigue soit aussi passionnante que le 1860e tome des aventures de Bebert le termite qui voulait manger l’Empire State Building — combien de livres ne finissez-vous pas ?

En ce qui me concerne, d’un point de vue purement financier je dirai que ça m’arrive trop souvent. D’un point de vue financier, toujours, c’est du gaspillage puisque ça revient à acheter un pain que l’on regarderait moisir sur une étagère.

Mais le livre n’est pas un pain — ou alors, pour les meilleurs seulement, un pain dans la gueule — je dirai donc que ça m’arrive aussi souvent que mes moyens me permettent de prendre le risque d’acheter un livre sans savoir s’il va me plaire ou m’apporter quelque chose. Sans savoir si je vais le terminer ou pas.

C’est le prix de la découverte, c’est la seule façon de sortir de sa routine — un autre mot pour ornière, oeillères ou être mort.

Un moyen, pas une assurance. Pas mal de livres ne sont eux-mêmes qu’une autre ornière ou des oeillères, d’autres certitudes. Un échec. Je ne vois pas comment éviter ça. D’autant que ce n’est pas la seule façon d’être un échec : un livre peut échouer à tenir une belle promesse, mais une promesse qu’on apprécie, voire un échec qu’on apprécie et pour lequel on éprouve de l’empathie. Comme un athlète peut rater sa course ou son saut.

L’échec. Echouer, est presque devenu un crime majeur, impardonnable, dans un monde où la performance et la réussite font office de religion inavouée — the winner takes it all, disent les américains : le gagnant ramasse tout… avec son corollaire implicite : pour tous les autres, il ne reste rien. Et pas seulement en littérature.

Et pourtant. Il ne faut avoir jamais couru ou tenté un saut, ou tenté d’écrire quoi que ce soit, pour ignorer à quel point réussir un saut, une course, un texte implique d’en rater beaucoup d’autres avant — et après celui-là. À quel point cela implique de ne jamais être sûr de rien.

Encourager la prise de risque

La possibilité de feuilleter un livre, en librairie, pouvoir télécharger un extrait sur Amazon ou iBooks est une bonne façon d’encourager cette prise de risque… en offrant un filet au lecteur : ça n’engage à rien et ça ne coûte rien de lire quelques pages.

Mais je suis bien plus enthousiaste pour ce que propose un éditeur comme publie.net, avec sa formule d’abonnement annuel.

Je sais ce que me coûte l’abonnement (95€), je sais aussi que j’ai accès à tout leur catalogue, sans limites. Si l’envie m’en prenait, je pourrais même télécharger les plus de 400 titres en ePub/Mobi et même, pour les plus anciens, aussi en PDF.

Abonné, je peux me régaler des classiques, de textes étrangers proposés dans de nouvelles trads qui leur rendent justice.

Surtout, je peux prendre autant de risque que je veux… avec les auteurs et les textes contemporains. Là où ça compte — pas assez encore, me dirait @fbon, l’éditeur de publie.net : c’est vrai que je ne goûte pas à tant d’auteurs contemporains que ça.

Prendre des risques ça veut dire, parfois, refermer le livre avant la fin ou même à peine ouvert : l’auteur me perd, car trop cérébral pour moi ou trop “littéraire” — ou trop, ou pas assez d’un tas de choses que j’aime ou que je n’aime pas — sans que ça rende le livre mauvais pour autant. Tant pis, c’est pas grave.

En fait, je suis même content d’avoir essayé, car c’est chaque fois courir la chance d’être empoigné par un livre et alors là c’est le pied.

(edit) pour mémoire et pour être précis, l’abonnement publie.net c’est donc 95€/an pour l’accès complet en ligne plus téléchargements illimités de tout le catalogue. Les ebooks sont proposés en ePub (iPhone, iPad, Cybook, Nook, etc.), Mobi (Kindle) sans aucune DRM — et les livres téléchargés restent votre propriété à la fin de l’abonnement.

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