Une interview de Alice Munro

I lived in the suburbs, first in North Vancouver, then in West Vancouver. In North Vancouver, the men all went away in the morning and came back at night, all day it was housewives and children. There was a lot of informal togetherness, and it was hard to be alone. There was a lot of competitive talk about vacuuming and washing the woolies, and I got quite frantic. When I had only one child, I’d put her in the stroller and walk for miles to avoid the coffee parties. This was much more narrow and crushing than the culture I grew up in. So many things were forbidden—like taking anything seriously. Life was very tightly managed as a series of permitted recreations, permitted opinions, and permitted ways of being a woman. The only outlet, I thought, was flirting with other people’s husbands at parties; that was really the only time anything came up that you could feel was real, because the only contact you could have with men, that had any reality to it, seemed to me to be sexual. Otherwise, men usually didn’t talk to you, or if they did they talked very much from high to low. I’d meet a university professor or someone, and if I knew something about what he knew, that would not be considered acceptable conversation. The men didn’t like you to talk, and the women didn’t like it either. So the world you had was female talk about the best kind of diet, or the best care of woolies. I was with the wives of the climbing men. I hated it so much I’ve never been able to write about it. Then in West Vancouver, it was more of a mixed suburb, not all young couples, and I made great friends there. We talked about books and scandal and laughed at everything like high-school girls. That’s something I’d like to write about and haven’t, that subversive society of young women, all keeping each other alive. But going to Victoria and opening a bookstore was the most wonderful thing that ever happened. It was great because all the crazy people in town came into the bookstore and talked to us.

(Je souligne.)

Une interview passionnante de Alice Munro, prix Nobel de littérature 2013, parue en 1994 dans The Paris ReviewAlice Munro, The Art of Fiction No. 137

Encore une carabistouille

Carabistouille

Où je découvre, stupéfait, que les carabistouilles ne sont pas dans mon édition imprimée du Petit Robert, mais bien dans l’édition iPad.

Cette manie du papier de ne pas se mettre à jour, c’est pénible… Et on viendra me dire que les ebooks c’est pas de vrais livres — encore une carabistouille.

Et si on reposait la question ? Combien de livres laissez-vous tomber ?

On en causait hier, au téléphone, avec Cyril — ça m’a donné envie de vous reposer la question : Combien de livres laissez-vous tomber ?

De tous ceux que vous commencez à lire — soit que les personnages vous semblent découpés dans du carton à pizza recyclé, que la voix du narrateur vous séduise autant que les chants de la Castafiore, que l’auteur vous endorme avec une écriture aussi plate que l’encéphalogramme d’un zombie ou, tout bêtement, que l’intrigue soit aussi passionnante que le 1860e tome des aventures de Bebert le termite qui voulait manger l’Empire State Building — combien de livres ne finissez-vous pas ?

J’en ai encore mis un de côté, pas plus tard que cette nuit. Et ça ne me pose aucun problème moral ou autre : je sais que lire implique ce risque, ou alors c’est qu’on ne sort jamais de ses routines et de ses petites habitudes.

En fait le seul problème c’est, avec les livres numériques, que je n’ai aucun moyen de les revendre d’occasion — comme je le fais depuis toujours avec les livres papiers : à force, ces quelques euros que je ne récupère plus finiront probablement par peser et me faire hésiter à acheter de nouveaux titres.

Boot Camp : couper les bruitages Apple

Peut-être pour nous rappeler à quel point elle trouve Windows un environnement de travail sérieux—Apple ne permet plus (depuis un moment, en fait) de couper les bruitages des boutons de changement de volume, sous Bootcamp. On est donc condamné à entendre cet insupportable PlopPlopPlopPlop dès qu’on augmente ou qu’on baisse le son. Ou alors, on est condamné à couper complètement le son de l’ordinateur.

Dans les deux cas, pour le dire poliment, c’est pénible.

Heureusement, on peut contourner le problème en étranglant l’ingénieur responsable de cette mauvaise blagued’un simple clic droit sur l’icone de volume dans la barre des tâches, en choisissant Ouvrir le mélangeur de volume. Dans la fenêtre qui s’affiche, on baissera tout bêtement le curseur Boot Camp Manager au minimum—pour savourer des boutons de volume enfin redevenus muets :

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