J’aime le bus !

J’aurais pu choisir un titre comme “j’aime les transports en commun” mais, primo, je ne compte pas vous faire l’apologie des transports en commun et, deuxio, je compte uniquement vous parler d’un bus. 

En fait, non. Je ne compte même pas vous parler de ce bus, le 57, dans lequel je suis monté après un bref RDV à la gare de Lyon. Mais uniquement de cet instant de pur bonheur qu’il m’a permis de connaître, le temps d’un trajet bien trop court, le privilège inconcevable d’admirer l’incarnation Parfaite de la Beauté, de la Séduction, du Charme et du Désir. Oh oui, carrément. Et avec des majuscules parce que j’en frémis encore, comme un écolière qui aurait reçu son premier A en classe.

(Bon alors: je tiens à préciser que je ne suis pas célibataire, et que je suis fidèle comme une montagne l’est à son sous-sol. Mais je ne suis ni aveugle, ni hypocrite. Donc,) dans le bus, il y avait cette jeune femme séduisante au point que l’univers tout entier semblait tourner autour d’elle comme autour d’un axe magique. Ou plutôt ne plus tourner, justement, mais vouloir se tenir près d’elle, et y rester, la contempler. Et tout s’était tu, stupéfait, comme on reste sans voix devant tel ou tel portrait. Et quand cette jeune femme tournait la page du Melville qu’elle lisait (il y a mieux comme lecture, mais il faut vraiment bien chercher), c’est l’espace et le temps eux-mêmes qui se courbaient pour suivre le geste gracieux de sa main. Et quand elle levait les yeux pour regarder par la fenêtre embuée, c’est l’univers qu’on entendait soupirer. 

Mademoiselle, madame, je ne sais comment dire l’émotion que vous avez provoquée en moi. Je préfère laisser la parole au poète:

Oww, oww, oww
(…)
I never seen no chick like this
This bitch can twist like a damn contortionist
(…)
I’m gonna fackin’ oh God
Oh don’t do that don’t, stop
Stop don’t, I don’t mean don’t stop
Oww wait a minute
Ow, ow, fuck I, I’m gonna fuckin’ come
Oww, oww, oww
(Oh, goddamn)
I’m gonna fackin’ come
(Oh, shit)
Fack, fack, fack
(…)
Ooh wow, boo that pow, ooh ow, I need a cigarette now
Ow, I’m so fuckin’ hot and you’re so fuckin’ hot
Oh my God, I wanna fackin’ fack
No, not fuck, I said fack
F A C K, F A C K, fack, fack, fack, fackin’ freak me

© Fack, Eminem

Ok, vous avez le droit de me détester 😉

Mais Eminem est un sacré artiste quand même.

Et Compétence Mac, alors ?

Merci pour vos courriers (tweets et autres) et pour votre sollicitude. Merci, vraiment. Je veux dire, merde quoi: c’est dingue, vous êtes trop bons ! 

Vous n’imaginez pas à quel point je suis surpris et touché. Je ne vais pas répondre à chaque email, mais sachez que je lis chaque courrier. Certains me touchent, certains me font rire. Tous me font un bien fou. 

Vous me connaissez, s’il y a bien une langue que je ne parle pas, c’est la langue de bois. On va donc jouer cartes sur table. Alors : 

  1. Oui, j’ai besoin de repos.

    Les derniers mois ont été très durs, professionnellement et moralement. J’ai bien cru que j’allais crever, comme un chien au bord de l’autoroute par une nuit glaciale et pluvieuse. Mais ne vous inquiétez pas: je reprends mon souffle.

    Maman a bien raison de dire que les mauvaises herbes sont increvables : j’en suis la preuve 😉

  2. Non, je ne suis pas dans le dernier Compétence Mac.

    Enfin un petit peu quand même, même si ça ne se voit pas : on avait préparé le sommaire du dossier vidéo avec Arnaud — et on s’était sacrément éclaté à le faire, toute une journée à causer cinéma, technique et vidéo… enfin, quand il ne passait pas son temps à me faire écouter des groupes dont j’avais jamais entendu parler 🙂 — et j’ai demandé à Anthony de faire la présentation de MacJournal. Je n’ai pas encore vu le numéro, mais je suis sûr et certain qu’ils ont fait aussi bien excellent que d’habitude. Edit: ça y est, je l’ai vu : et je confirme mes prévisions, à noter aussi le travail de Philippe Pelletier que je m’en serai voulu d’oublier!

  3. Mon absence a provoqué un certain émoi.

    Encore une fois: je vous raconte pas comme votre sollicitude me regonfle le moral. Là, je me sens prêt à affronter Rocky ou Terminator à mains nues, peut-être même avec une seule main histoire de leur laisser une chance.
    Mais je vous demande encore un peu de patience pour vous expliquer ce qui va arriver: je préfère ne rien dire dont je ne sois certain à 100%, vous le savez : j’ai horreur des rumeurs et pas seulement quand elles concernent Apple.

En attendant, si mes délires ou mes articles plus-sérieux-que-ça-tu-meures vous manquent, je compte bien continuer à en publier ici. Ne vous privez pas de passer me faire un petit bonjour quand vous avez le temps. Il y a aura toujours une tasse de thé qui vous attendra, et des speculoos. 

iPad, la fin de l’ordinateur: l’ère de la consommation ?

J’attend impatiemment l’iPad, très impatiemment même car je suis persuadé qu’il va changer la façon dont on consomme et délivre du contenu. Entre autres choses, pour la presse — du moins pour cette partie de la presse qui sera capable de faire autre chose que s’admirer le nombril en se répétant comme une litanie qu’elle sait tout mieux que tout le monde. 

On en parlait sur Passe-moi l’geek, cet après-midi : c’est une chance, et je n’ai pas caché mon enthousiasme. Un aspect qui n’a pas été abordé, ou à peine (et pas par moi), c’est l’ouverture : Apple s’ouvre-t-elle ou, au contraire, se prépare-t-elle à commercialiser le premier véritable ordinateur “fermé”, une machine avec laquelle l’utilisateur ne pourra (presque) rien faire à part acheter et consommer ? Le rêve des marchands… un cauchemar pour nous ?

C’est une question capitale (un sujet pour le prochain épisode, Klaki ?) : l’ordinateur est-il un produit de consommation, comme un crayon ou un Kleenex : un objet que l’on achète et que l’on use. Ou doit-il rester une opportunité d’apprendre, de s’émerveiller, en…  le bidouillant ?

Pour ne pas changer, une réflexion lucide et pertinente à ce propos chez diveintomark : Tinkerer’s Sunset

Once upon a time, Apple made the machines that made me who I am. I became who I am by tinkering. Now it seems they’re doing everything in their power to stop my kids from finding that sense of wonder. Apple has declared war on the tinkerers of the world. With every software update, the previous generation of “jailbreaks” stop working, and people have to find new ways to break into their own computers. There won’t ever be a MacsBug for the iPad. There won’t be a ResEdit, or a Copy ][+ sector editor, or an iPad Peeks & Pokes Chart. And that’s a real loss. Maybe not to you, but to somebody

via.

Bien sûr, on peut se rassurer en pensant que l’iPad n’est pas la seule machine que l’on possède, qu’il suffit d’allumer un Mac pour faire ce que l’on veut. Je peux me rassurer en allumant mon PC sous Linux, dans lequel je suis seul maître à bord, avant dieu. Mais n’est-ce pas une illusion ? Une façon de regarder en arrière et refuser de voir l’avenir ?

Quelle informatique aurons-nous demain ? Laquelle voulons-nous ?

Mon enthousiasme reste entier: en tant que professionnel (auteur et éditeur), j’y vois une chance incroyable. Mais je suis aussi un utilisateur conscient des risques qu’il y a laisser des appareils prendre trop de place dans notre vie, surtout quand ils sont contrôlés par une poignée d’entreprises privées dont le profit est le seul objectif — fussent-ils carrossés comme Apple sait si bien le faire.

Mise à jour de Notational Velocity (avec une nouvelle icône!)

Avec une toute nouvelle icône (qui arrache, surtout comparée à l’ancienne), la compatibilité avec Simplenote, le service de syncro de texte gratuit proposé par HogBay (humhum… j’étais pas encore réveillé : Simplenote est l’application que j’utilise sur l’iPhone, plus d’explications sur la syncro ici, en anglais), quelques améliorations (entre autres choses, un aperçu du contenu dans la liste des titres) et corrections, voici une mise à jour de ce qui est probablement le meilleur outil de prise de notes existant sur Mac. Point final.

A noter, mais ce n’est pas une nouveauté de cette version, que Notational Velocity permet, au choix, de stocker vos notes dans une base de données ou dans des fichiers textes standard (.txt), permettant ainsi d’accéder aux notes, d’en ajouter ou de les modifier depuis n’importe quel autre Mac (par exemple en passant par Dropbox, comme je fais), mais pas seulement sur Mac : vu qu’il s’agit de fichiers textes standard, on peut les manipuler depuis n’importe quel ordinateur, Mac ou pas, sur lequel est installé un éditeur de texte (TextEdit, Smultron, Gedit, Vim, Emacs,… ou même ce brave nano, accessible depuis n’importe quel Terminal).

Ceci explique en partie que NV soit devenu mon outil de prise notes favori depuis plusieurs mois. J’espérais bien pouvoir vous faire une chouette petite surprise, à propos de Notational Velocity, malheureusement les ordres du docteur de me reposer ça à tout décalé. Ce n’est que partie remise, j’aurai l’occasion de vous en reparler prochainement 😉

Pour mémoire, Notational Velocity est gratuit et tourne sous Tiger, Leopard et Snow Leopard. Et c’est mon copain.

Vous avez déjà acheté un bouquin juste sur son titre ?

quinzinzinzili

Moi oui.

Ok, j’exagère un peu, le sujet était plutôt tentant lui aussi, ainsi que la date de rédaction. Comme le dit la 4ème de couverture, pas avare en majuscules : 

Publié en 1935 (… le texte) nous entraîne après le cataclysme (qui a détruit la civilisation) à la suite du dernier des adultes, témoin stupéfait de la renaissance du genre humain : sous ses yeux désabusés, un groupe d’enfants réinvente une Humanité dont l’Histoire a disparu. Et Messac, qui sait que la Civilisation est mortelle, nous offre le spectacle d’une poignée de gosses en train de lui régler son compte…

Quinzinzinzili, Régis Messac, chez l’Arbre vengeur (EAN:9782916141183)