Encore mieux qu’écrire un roman en trois jours : l’écrire en un seul jour

Le NiaD — Novel in a Day — est organisé par quelques membres du forum des utilisateurs de Scrivener : plus d’informations, en angais. Pour vous faire une idée précise de ce que ça donne, vous pouvez télécharger le résultat des trois précédentes éditions — en Epub/Kindle/PDF, ainsi que le fichier Scrivener dans le fil de discussion dédié à chaque roman.

En dehors des délais, la différence avec le roman en trois jours de Moorcock et le NaNoWriMo, qui commence dans quelques semaines à peine, c’est que l’écriture de ce roman est collective : le jour dit, chaque auteur recevra des informations sur ce que devra contenir son chapitre.

Je serai curieux de savoir combien d’auteurs francophones — publiés ou non — seraient intéressés de se lancer dans un tel projet ? Moi, ça m’intéresserait. Et vous ?

N’hésitez pas à faire circuler l’info, on verra si ça suscite assez de vocations pour créer notre propre “Reuj” — Roman en un jour 😉

We are all in together

The number of individuals who know how to make a can of Coke is zero. The number of individual nations that could produce a can of Coke is zero. This famously American product is not American at all. Invention and creation is something we are all in together. Modern tool chains are so long and complex that they bind us into one people and one planet. They are not only chains of tools, they are also chains of minds: local and foreign, ancient and modern, living and dead — the result of disparate invention and intelligence distributed over time and space. Coca-Cola did not teach the world to sing, no matter what its commercials suggest, yet every can of Coke contains humanity’s choir.

Kevin Ashton: What Coke Contains, via Rands in Repose.

Comment écrire un roman en trois jours ?

Moorcock nous donne quelques conseils pour réussir cet exploit : How to Write a Book in Three Days, Neil Jomunsi a eu la bonne idée de traduire ces conseils en français : Comment écrire un roman en 3 jours ?

S’il fallait les ramener à un seul conseil, ce serait : préparez-vous à fond avec des listes.

Je n’ai pas écrit de roman en trois jours. Je n’ai encore terminé aucun roman, en fait. Je ne peux donc pas vous dire si ça marche. Mais, même sans se fixer un objectif aussi fou que Moorcock, une chose est sûre en ce qui me concerne : impossible d’écrire quoi que ce soit si je ne me suis pas un minimum préparé.

King écrit quelque part “ne venez pas en touriste à la page blanche” — don’t come to it lightly, si je me souvien bien. C’est exactement ça, pour moi.

Pas forcément besoin de faire un plan détaillé de tout ce qui va se passer de la première à la dernière page, pas besoin de savoir combien pèse mon héroïne ou quel est son plat préféré ni le nom de ses trois arrières-grands-tantes, mais j’ai besoin d’avoir une idée de ce qui va se passer, de ce qui va se dire, de qui veut quoi — de ce que je vais écrire. J’ai besoin de quelques odeurs, de couleurs, de bruits, d’une lumière — toutes ces choses qui font la scène.

Au fond, on pourrait comparer ça à un souvenir fabriqué de toute pièce, un souvenir que je voudrais raconter à un correspondant imaginaire. Ça en fait des mensonges, juste pour me rassurer — oui, j’ai quelque chose à écrire — au moment ou je m’assois.

Quitte à écrire tout autre chose, une fois que la machine est lancée.

Tu ne possèdes pas la vérité

You don’t get to decide the truth. Other people have their own experiences, just as valid.

Encore une excellente remarque de Frank Chimero, qui pourrait se traduire à peu près ainsi : “Tu ne décides pas de ce qui est vrai. D’autres que toi ont leurs propres expériences, tout autant valides.”

C’est tellement évident qu’on a tendance à l’oublier. Comme on a parfois tendance à oublier une autre évidence : si on ne décide pas de la vérité, on décide de la façon dont on traite les vérités des autres.

On peut les prendre comme des alternatives qui enrichissent notre expérience globale du monde; on peut penser qu’ils se trompent et chercher à en discuter avec eux, comprendre pourquoi et comment sortir de l’erreur; ou alors on peut les mépriser, chercher à les discréditer et à les ridiculiser à coups de mesquines allusions aussi assassines qu’hypocrites — à chacun le soin de décider quel genre de (bon)homme il souhaite être, n’est-ce pas.