Très cher World Wide Web, très chers/chères attaché(e)s de presse, chers annonceurs, chers spameurs

  • Je ne fais pas d’échange de liens. Si un site me plaît, j’en parle sans contrepartie.
  • Je n’affiche pas de pub — même pas pour mes propres livres, c’est dire. Mais si tu veux me proposer de la pub de qualité, je suis dispo pour discuter le bout de gras.
  • Je me fiche royalement d’améliorer mon classement dans Yoogle ou Gahoo!.
  • Je ne peux plus aider personne à détourner des millions d’une banque, je l’ai trop souvent fait : il n’y a plus de place dans mon coffre-fort pour plus d’argent, désolé.
  • Je n’ai pas besoin de Viagra (par contre, un bon thé…)
  • Je ne cherche pas à rencontrer Olga ou Svetlana. Nous vivons déjà en “trouple” : le chat, ma compagne et moi.

Un rappel nécessaire si me je fie aux messages accumulés en quatre jours d’absence : davidbosman.fr, tu vends quoi ?.

Offline

Pour info, le blog sera en sommeil jusque mardi : je ne posterai rien d’ici là.

Cela vaut aussi pour les commentaires, qui ne seront pas validés si c’est la première fois que vous en postez un ici. Je ne répondrai pas non plus aux emails (sauf demain matin, sur ma boîte pro uniquement).

On se revoit mardi.

Tor, un peu d’anonymat dans un monde de surveillance

La EFF a lancé une campagne (en) pour augmenter le nombre de relais Tor.

Pour faire bref (fr), Tor est un système qui permet de renforcer l’anonymat des utilisateurs en routant le trafic Internet de façon cryptée à travers toute une série de relais aléatoires éparpillés sur la planète (une sorte de proxy, mais pas seulement).

L’idée est similaire au parcours d’une route sinueuse, difficile à suivre, vous permettant d’échapper à quelqu’un qui vous suivrait — tout en effaçant vos traces au fur et à mesure. Au lieu de prendre une route directe de la source à la destination, les paquets de données du réseau Tor choisissent un chemin aléatoire passant par divers relais qui couvrent vos pas de façon à ce qu’aucun observateur à aucun point unique ne puisse dire d’où les données proviennent, ou où elles vont.

Tor on

L’icône de Tor résume bien le principe : plus un oignon est épais, plus il a de “peaux” à peler, plus c’est long de le mettre à nu. C’est la même chose ici : plus il y a de relais, plus il est difficile de retrouver l’adresse originelle d’un utilisateur qui veut afficher telle page Web ou tchater ou etc. Chaque relais ne connaissant jamais que le relais qui l’a précédé (plus il y a de relais, meilleure est la confidentialité, donc) et changeant en permanence.

Tor permet ainsi à des dissidents ou à des journalistes de se connecter sans risque dans des dictatures comme la Chine ou l’Iran. Il permet aussi préserver son anonymat en France, et de se protéger contre les lois scélérates que sont Hadopi et ses petites copines (il y a d’autres méthodes). En fait, Tor permet à tout le monde de surfer sans se faire suivre à la trace, de préserver un peu d’intimité.

Il y a deux façons d’utiliser Tor :

  • On s’y connecte car on ne veut pas laisser de trace, on est un simple utilisateur. Pour surfer, c’est très facile (en) . Cela demandera plus de configurations pour d’autres usages d’Internet.
  • Comme un relais. C’est-à-dire comme quelqu’un qui l’utilise tout en contribuant lui-même à l’efficacité du réseau en permettant à d’autres de passer par son accès Internet.

Les deux sont très simples à mettre en oeuvre. Mais, avant de vous emballer et d’ouvrir un relais pour contribuer à cet outil assezcarrément génial, prenez le temps de considérer les aspects légaux (en) et techniques (en) car l’anonymat créé par Tor n’est pas totalement sans risque et il faut bien comprendre une chose : protéger l’anonymat et la liberté d’expression, c’est aussi protéger l’anonymat et la liberté d’expression de criminels potentiels. C’est inévitable. Sinon, c’est que l’outil n’est pas efficace.

Mais alors, il faut interdire Tor, me direz-vous.

Vous le pensez vraiment ? On peut aussi bien envoyer des mots d’amour que les plans d’une bombe (ou des photos pornographiques) avec un simple timbre collé sur une enveloppe, pourtant la loi protège la confidentialité du courrier postal. Et personne ne peut entrer chez vous pour fouiller dans vos affaires sans un mandat. Pourquoi serait-ce différent pour la facette électronique de nos activités ?

Le problème n’est pas l’outil (l’enveloppe timbrée ou un paquet IP circulant sur le Web), mais celui qui l’utilise. Et la solution à ce problème n’est certainement pas d’abandonner tous nos droits pour (de toute façon) ne même pas réussir à arrêter les criminels — les criminels, c’est l’affaire de la police et des juges. Les droits fondamentaux, dont celui à la vie privée et à l’anonymat, sont l’affaire des citoyens, c’est-à-dire de chacun d’entre nous.

Ce n’est pas seule chose à prendre en compte avant d’envisager de créer un relais Tor :

Si le trafic est chiffré et anonymisé dans le réseau Tor, il faut bien à un moment où un autre que cette information sorte du réseau Tor pour atteindre le site Web (ou quoi que ce soit) que l’utilisateur voulait atteindre pour commencer. Et là, adieu le chiffrement et l’anonymat. Un tel relais, ouvert vers l’extérieur, est appelé un relais sortant. Ce relais peut être identifié. Et il peut éveiller la curiosité des autorités si un trafic illégal est repéré.

D’après ce que je sais, on n’a jamais vu personne être arrêté pour avoir tenu un relais mais, pour ne rien vous cacher, j’ai fermé depuis peu le relais que j’ouvrais ponctuellement par… peur de la dérive fascisante–j’assume pleinement le point Godwin–de la législation française concernant Internet et le contrôle des données qui circulent. La situation est devenue critique, et je ne conseillerais à personne de devenir un relai sortant en France.

Cela dit, il existe d’autres solutions, pour soutenir Tor :

  • Créer un relais qui ne soit pas sortant, pour enrichir le réseau.
  • En parler autour de soi, pour le faire connaître.
  • Sans oublier l’acte le plus efficace de tous : voter pour des représentant(e)s qui ne soient pas des pantins aux mains de quelques groupes économiques, ou qui comprennent quelque chose (fr, hélas) aux technologies sur lesquelles ils/elles prétendent légiférer…

Steve Jobs : comment construire des bureaux (et des produits Apple)

Vous avez probablement déjà tous vu ou entendu parler de la présentation faite par Steve Jobs au conseil municipal de Cupertino pour soumettre leur nouveau projet de Campus (ils ont besoin de plus grands bureaux).

Pour moi, cette phrase résume parfaitement leur projet et aussi, je pense, la façon dont Apple fait les choses en général :

we want the whole place at human scale.
(Steve Jobs @ ~07’33”)

En français :

nous voulons que tout soit à échelle humaine.

C’est ce qu’il dit, juste après avoir expliqué que ce bâtiment circulaire (edit: dont la façade sera) presque totalement en verre et qui n’aura que quatre étages de haut, sera entouré de 6.000 arbres, que la majorité des parkings sera souterraine, que 80% du terrain sera de la verdure et qu’il accueillera 13.000 personnes.

À échelle humaine–ça semble un détail, mais pensez-y un instant. C’est ça Apple. C’est le Mac, c’est Mac OS X, c’est l’iPhone, c’est iOS. Ce sont les Apple Store. C’est le tout nouvel iCloud, aussi.

C’est la capacité à cacher la complexité et la puissance sous une apparente beauté et simplicité. Non pas supprimer la complexité, comme le prétendent les anti-Apple, car elle est toujours là, mais la masquer tout en sachant qu’elle reste disponible (OS X me permet d’exécuter les mêmes scripts et les mêmes commandes que j’utilise sous GNU/Linux) pour celles et ceux qui en ont besoin mais sans jamais venir compliquer la vie de tous les autres utilisateurs (ma mère n’a jamais vu un script de sa vie, et elle n’en a pas besoin).

Qui a besoin de…

  rsync -a --del --ignore-errors --force /Users/david /Volumes/backup/

… (et d’un cron job) pour faire une sauvegarde automatisée lorsque Time Machine existe :

Onoff

Dans ce campus aussi, il y a de la complexité et beaucoup d’intelligence–celle de “quelques-uns des meilleurs architectes au monde” et celle acquise par Apple elle-même “en bâtissant ses boutiques de par le monde”–et c’est probablement un des plus high-tech et un des plus novateurs qui soient : Steve Jobs ne plaisante pas quand il explique au conseil municipal qu’il pense que les étudiants en architecture viendront le visiter.

Dans ce campus, il y aura des tas de parkings souterrains, il y aura une centrale électrique autonome (pas/peu polluante) au fond dans un coin du terrain, il y aura de la haute technologie dans le bâtiment lui-même qui sera tout en vitres courbes, etc.

De la complexité et de l’intelligence, derrière la simplicité et la convivialité de l’outil.

Hello

Cette intelligence, on la trouve aussi dans la capacité de Apple à tirer le maximum des choses dont elle dispose et dans son refus de courir derrière le tout dernier processeur ou la toute dernière carte graphique. Mais c’est une autre histoire, qui mériterait plus qu’une remarque à la fin d’un billet.

Sur le même sujet, en direct du grenier du blog : Pourquoi Apple est Apple ?

Quelques raccourcis Markdown pour iPad et OSX

Dans Markdown et écriture | 1, Jean-Christophe nous explique comment utiliser TextExpander pour tirer le max de Markdown sur iPad–ce qui est, disons-le, une excellente idée. En prime, il nous renvoie vers une série de raccourcis TextExpander créés par un autre utilisateur (ce qui est une encore meilleure idée).

TextExpander est dispo pour iPad et OS X, et je n’imagine pas un instant m’en passer. Je crois que nous en avions déjà parlé mais, si cela vous intéresse, voici mes raccourcis pour Markdown :

Text Expander 001.png

Certains de ces raccourcis sont conçus spécifiquement pour l’iPad (éviter d’avoir à changer de clavier pour accéder à certains caractères faisant gagner pas mal de temps), comme ,,k pour afficher , @ ou ,,mm pour obtenir --, etc. D’autres le sont pour OS X.

Certains semblent se répéter, mais sont légèrement différents (j’ai plusieurs raccourcis pour créer des liens, selon que j’ai l’URL dans le presse-papier ou le texte que je veux utiliser; même chose pour les citations que j’utilise assez régulièrement sur le blog). Quelques-uns, enfin, sont vraiment très personnels (tout ce qui concerne la prise de notes), mais ils pourront peut-être vous inspirer…

Notez que beaucoup sont redondants si vous travaillez dans TextMate, qui dispose de son propre Bundle Markdown et de sa propre gamme de raccourcis, mais je les trouve utiles dans Notational Velocity, TextEdit ou même dans Safari.

Pour les installer, il suffit de décompresser le fichier zip téléchargé et de double-cliquer sur le fichier .textexpander.

(Faites-moi savoir si vous intéresse de voir ceux que j’utilise sous Ubuntu dans AutoKey et/ou dans Gedit.)

Mention légale obligatoire

Aucun octet n’a été maltraité durant la rédaction de ce billet entièrement rédigé en Markdown dans TextMate. Il a également été mis en ligne depuis TextMate.