
5.500$ en précommande (7.500$, prix public estimé) pour cette série limitée et numérotée d’un portable qui ne ressemblera à aucun autre : steampunk laptop, via OMG! Ubuntu.

Les images sont celles du prototype qu’il s’était fabriqué pour lui-même. Selon son créateur, le nouveau modèle sera vraiment un portable (léger et plus pratique). Chaque pièce sera personnalisable et fabriquée sur base de composants informatiques qui sont annoncés comme ce qui se fait de mieux (issus du rayon PC, pas Mac), avec également un choix d’essences pour la marqueterie et de motifs pour les cuivres.
J’en vois qui sourient, au fond de la classe. Pourtant, que l’on aime ou pas le look de la machine, j’y vois plus qu’un simple objet décoratif : l’idée de faire d’un portable — c’est-à-dire un pur produit industriel indifférencié, sauf par le numéro de série collé sur son cul — un objet unique est intéressante. Même si cela ne concerne que son apparence.
Cela revient non seulement à rendre sa place à l’artisanat là où l’attend le moins : dans un monde de plastique, serais-je tenté d’écrire. Mais c’est aussi une façon de revendiquer un droit à la différence, une différence qui serait indépendante de toutes les industries, aussi douées soient-elles pour innover. Le DIY américain, quoi, avec une once de talent : de l’artisanat, encore une fois.
Et puis, c’est aussi une façon particulière d’affirmer qu’un ordinateur ne devrait pas être un bien de consommation jetable, mais une acquisition à faire dans l’optique de la garder le plus longtemps possible — pas pour courir derrière les nouveautés qui inondent les rayons des magasins informatiques tous les X mois. Après tout, savoir que ce que l’on achetait durerait plus longtemps que nous faisait vendre, il n’y a pas si longtemps de ça, encore.
Une logique totalement opposée à celle qui prévaut aujourd’hui et qui rend insupportable ou presque l’idée de ne pas posséder la toute dernière génération de tel ou tel appareil électronique (lui-même déjà obsolète à peine acheté).
(Bien entendu, cela ne change pas le fait qu’un ordinateur sera rapidement perçu comme obsolète en tant que machine électronique : le modèle suivant étant forcément mieux configuré, et celui d’après l’étant encore plus, sans oublier les nouvelles versions des applications qui sembleront elles aussi moins performantes sur un appareil vieillissant. Mais c’est au moins l’occasion de nous demander s’il y a la moindre raison — raisonnable, logique, factuelle — à cette course en avant. La moindre raison, en dehors de la nécessité pour les industries d’écouler toujours plus de machines pour continuer à exister, en dehors du fait qu’il est plus rentable pour ces industries de (nous faire) renouveler matériel et logiciel plutôt que (elles-mêmes chercher à) l’optimiser.)
À noter que Richard R. Naguy fabrique des “accessoires” steampunk depuis pas mal d’années. À l’époque, j’avais hésité à acheter un de ses claviers. Toutes les photos viennent d’ailleurs de son site.
Mention légale :
Ce billet a été rédigé à la plume d’oieoctet, sur un écran de pixels tissés à la main un soir de pleine Lune (pour garantir un point blanc vraiment blanc).