Exporter par lot des fichiers Pages en texte ou en Word

Depuis quelques jours, et pour un certain temps encore, je travaille sur des fichiers Pages. Si cela ne me gêne pas plus que ça d’écrire dans Pages (j’y reviendrai dans un prochain billet), cela m’ennuie d’avoir à chaque fois à exporter le fichier manuellement en TXT, pour mes archives personnelles.

J’ai donc cherché s’il n’existait pas un script Automator — non, Pages n’est pas scriptable via Automator — ou un AppleScript pour convertir en lot les fichiers. Il y a bien cet AppleScript, Export folder to Word, RTF, PDF, TXT or RTFD, mais il ne fonctionne qu’avec les anciennes versions de Pages.

En fait, il suffit de changer une ou deux lignes dans cet excellent script pour le rendre compatible avec la dernière version de Pages (Pages’09, version 4.1). Si cela vous intéresse, le voici : Exporter en TXT.

Et parce que je suis (vraiment beeeeeeaucoup trop) gentil, voici le même script pour exporter au format Word (.doc) : Exporter en DOC.

Comment les utiliser ?

Lancez l’Éditeur AppleScript (Applications -> Utilitaires), collez-y un des deux scripts. Sauvegardez-le comme une application. Il suffit ensuite de déposer un ou plusieurs fichiers Pages sur l’icône de votre script pour que les versions txt (ou doc) soient créées sur le Bureau.

Mention légale : c’est livré sans aucune garantie, je l’ai testé sur des fichiers Pages contenant uniquement du texte. Aucun Mac ni aucun octet n’ont été maltraités durant le codage de ces scripts.

Byebye le Mac ?

Le Mac est-il voué à disparaître du catalogue de Apple ? Comme dit Guillaume :

Apple n’hésitera pas à se débarrasser de tous ses fardeaux. Et au vu de son chiffre d’affaires actuel, le Mac sera probablement bientôt un fardeau.
Guillaume Gete : Le Mac est le futur Apple II

Mais comme le dit Guillaume, toujours, cela ne se fera pas au détriment de nos possibilités de faire et de créer des choses sur les machines :

Il suffira à ce dernier [iOS] d’être assez mur pour permettre de faire tout ce dont on a besoin sur Mac OS X. Il le fera différemment, sûrement de façon plus simple, plus pratique. Ou très différemment.

Pour comprendre à quel point c’est exactement ça — sans même parler de l’incroyable succès financier que représentent les nouveaux terminaux tournant sous iOS — il faut se souvenir que Apple n’a jamais été une société nostalgique ni sentimentale avec aucun de ses produits ni avec les technologies qu’elle a pu utiliser, elle n’a jamais vécu la tête tournée en arrière. N’hésitant même parfois pas à laisser en plan les utilisateurs de machines encore récentes : Apple II (III, Lisa, Newton), SCSI, PowerPC, disquette, DVD (sans parler du support mort-né : Blu-Ray), ADB, VGA, ADC, le nouvel écran 27 pouces ne se branche que sur les machines dotées d’un port Thunderbolt, etc. Même le FireWire finira par être supprimé. Et, j’en ai déjà parlé, j’attends sans surprise la disparition de l’USB lui-même, le dernier port “populaire”, au profit d’un port unique à tout faire : le Thunderbolt.

Il faut aussi garder à l’esprit que Apple, du moins celle que rêvait Steve Jobs, a toujours désiré nous faire utiliser les appareils tels qu’elle les concevait, de la façon dont elle pensait qu’il convenait de les utiliser — c’est-à-dire avec le moins de possibilités, pour l’utilisateur, de les modifier ou des les bidouiller. “Cet outil est beau, bien pensé et fonctionnel, casse rien !“, semble-t-elle dire.

De ce point de vue, l’iPad et l’iPhone sont des exemples presque parfaits : il est physiquement très difficile de les ouvrir et même si on y arrive, ce serait pour faire quoi ? On ne peut rien y ajouter, rien upgrader. Même au niveau logiciel, sans passer par de la bidouille, on ne peut rien y installer sans passer par le App Store, c’est-à-dire rien qui n’ait été approuvé par Apple. Il est évident que c’est ce qui nous attend, demain, pour les Mac : le passage obligé par l’App Store.

La gamme MacBook Air elle-même, si populaire et si rentable, en est symptomatique (encore plus que le Mac Mini ou l’iMac, qui ont toujours été pénibles à ouvrir, sauf pour changer la mémoire vive) : non seulement ils sont difficiles à ouvrir (il faut acheter un tournevis spécial, qui ne se trouve pas dans tous les magasins de bricolage), mais même si on les ouvre : la mémoire vive est soudée sur la carte mère, impossible à changer, et le “disque dur” est en réalité une sorte de barrette de puces SSD, qui ne se trouve qu’à prix d’or dans quelques boutiques spécialisées (aux USA et en Asie). Ajoutez à cela le minimum vital de connectique (Thunderbolt et deux USB, plus un SD Card sur le modèle 13 pouces, rien de plus). En clair, pour l’utilisateur lambda, le MacBook Air est un ordinateur fermé et non évolutif — ce qui ne le rend pas moins exceptionnel — d’où mon conseil de l’époque, toujours valable.

Encore une fois, il ne s’agit pas de hurler au loup, mais de se poser des questions sur ce qui pourrait arriver, de se demander ce que cela signifie.

Je suis d’accord avec Guillaume (ce n’est pas la première fois) : Apple fera encore des choix radicaux, avec lesquels on sera d’accord ou pas, mais pas au détriment des possibilités d’utilisation et de création offertes par les outils — je ne parle pas de passer son temps à ouvrir la machine pour overclocker son processeur ou lui ajouter de la mémoire ou des néons : ça n’a jamais été le but d’un Mac. (Si cela devait arriver un jour, que Apple nous propose des outils moins… utiles, c’est qu’elle sera devenue un fabricant comme les autres.) Et je ne pense toujours par que l’iPad soit une régression comparé à un ordinateur classique, bien au contraire. Il est juste encore jeune.

Je ne suis pas sûr d’être d’accord, par contre, d’être tenu à l’extérieur de mes machines. La panne récente de mon MacBook Air et l’impossibilité où je suis de faire ce que j’aurais fait dans le même cas avec n’importe quel Mac : le réparer moi-même ou, au moins, extraire son disque pour le brancher sur une autre machine, me laisse… perplexe.

Sur le même sujet : L’iPad, au-delà de la chasse aux sorcières.

Nous devons protéger notre civilisation

“Or il y a des comportements, qui n’ont pas leur place dans notre pays, non pas parce qu’ils sont étrangers, mais parce que nous ne les jugeons pas conformes à notre vision du monde, à celle, en particulier, de la dignité de la femme et de l’homme. Contrairement à ce que dit l’idéologie relativiste de gauche, pour nous, toutes les civilisations ne se valent pas. Celles qui défendent l’humanité nous paraissent plus avancées que celles qui la nient. Celles qui défendent la liberté, l’égalité et la fraternité nous paraissent supérieures à celles qui acceptent la tyrannie, la minorité des femmes, la haine sociale ou ethnique. En tout état de cause, nous devons protéger notre civilisation.”

Claude Guéant

Je ne vais pas m’emmerder à essayer de définir “la civilisation française” dont parle Claude Guéant — d’abord, parce que je ne suis pas aussi intelligent que M. Guéant qui sait bien des choses; ensuite, parce que je ne suis même pas français, juste un amoureux de la France où j’ai choisi de vivre — mais j’aimerais bien comprendre une chose : protéger notre civilisation, soit, mais de quelle menace exactement ?

Je veux dire : où sont les Anglais qu’il nous faut bouter hors de France — avant de nous résigner à finir sur le bucher, une fois le ménage terminé ?

S’agit-il de ces civilisations “étrangères” qui ne reconnaitraient pas encore l’égalité des hommes et des femmes (en France, le droit de vote n’a été accordé aux femmes qu’en janvier 1944, ma grand-mère avait 32 ans et ma mère naîtra 5 ans plus tard, et le salaire d’une femme est aujourd’hui encore inférieur de 18,1% à celui d’un homme, à poste égal) ? Ou s’agit-il de la menace que représenterait une civilisation qui promeut la prière du vendredi à la place de celle du dimanche ? Ou s’agit-il la menace que représenterait une civilisation qui ne verrait la femme que voilée de la tête aux pieds, là où nous ne la voyons que complètement dévoilée — pour na pas dire carrément à poil, les nichons et les fesses à l’air, exhibée comme un trophée sur la moindre publicité pour vendre un morceau de camembert ou une bagnole ?

Ou bien, si nous devions nous inquiéter d’un menace, quelque chose qui pourrait mettre à mal notre chère et belle France, ne vaudrait-il pas mieux protéger “notre civilisation” de cet appétit insatiable qui pousse certains, pas forcément barbus ni machistes, à brader ses idéaux, son savoir-faire et son avenir, les droits, la solidarité et la dignité de ses citoyen(ne)s, uniquement pour s’enrichir encore un peu plus, un peu plus facilement et un peu plus vite ?

Ou de cette menace que représentent des politiciens — hommes et femmes, en toute égalité dans la veulerie — qui choisissent de servir les puissants, dans l’espoir de ramasser quelques miettes, au lieu de servir le pays et ses citoyen(ne)s ? Ou encore cette menace que représentent certains valets des élus qui sont prêts à tout pour faire gagner à leur maître quelques voix auprès d’une poignée de jeunes abrutis ?

C’est juste une question, hein. Et naïve avec ça, pour ne pas changer. Vive la France, vive la république.

Jeanne
Image: La Passion de Jeanne d’Arc

Mutation(s)

>2011 restera une année noire dans l’histoire de HP. Non pas à cause de problèmes financiers — la société a réalisé un bénéfice de 7,1 milliards de dollars — mais à cause de son incapacité à fixer un cap dans un univers en pleine mutation. HP ne parvient pas à s’adapter à l’ère du post-PC alors que cette société a joué un rôle clé dans les précédentes transitions majeures de l’histoire de l’informatique.

(…)

La société, si elle a perdu de son génie, continue d’être rentable et est un acteur important dans bien des marchés. Mais cette société vit incontestablement une période sombre. Dans la biographie qui lui est consacrée, Steve Jobs résume très bien la situation, affirmant que la société vit une triste époque : « Hewlett et Packard ont bâti une grande entreprise, et ils pensaient l’avoir mise entre de bonnes mains. Mais aujourd’hui, elle est démantelée et détruite. C’est tragique. J’espère avoir laissé un héritage plus solide, pour que cela n’arrive jamais à Apple ».

Un bon billet de Christophe, à lire sur MacGé : [Le long déclin de HP](http:// www.macg.com/unes/voir/130932/le-long-declin-de-hp).

On peut d’ailleurs se demander quelles seront les entreprises “mythiques” de cette ère post-PC qui s’ouvre devant nous ? Quelle place reste-t-il pour de nouveaux acteurs, et de quel garage high-tech sortiront-ils — parce que je souhaite bonne chance aux nouveaux entrepreneurs pour réussir à fabriquer une alternative économique à l’iPad au fond d’un garage, avec un fer à souder et une poignée de microprocesseurs.

On pourrait aussi se demander si Apple, selon le souhait de Jobs, en sera ? Évidemment, elle a tout pour non seulement y être, mais aussi pour en être leader — elle a inventé au moins deux des produits qui définissent cette nouvelle ère (iPad et iPhone), elle tente de proposer des services qui annoncent cette autre façon de consommer et de faire de l’informatique (cloud, voix), elle a une base d’utilisateurs enthousiastes et qui ne cesse de croître, elle a une image assez cool bien dans l’air du temps, et elle a une montagne de fric —, mais ce ne serait pas la première fois que Apple innoverait et défricherait un terrain pour ensuite se faire damer le pion : suffit de se rappeler de ce qu’était l’ordinateur personnel avant l’arrivée du Mac et de ce qu’il est devenu avec… Windows.

Comme aurait pu le dire Aragon, s’il avait connu Apple : >Rien n’est jamais acquis à la Pomme, ni son Store Opéra Ni son OS ni son leader Et quand elle croit Ouvrir un marché son ombre est peuplée de Samsung rats Et quand elle croit serrer son avenir elle le broie Sa vie est un étrange et douloureux reboot

(“Il n’y a pas d’Apple Heureuse”, Louis Aragon — martyrisé par moi)

Sur le même sujet, si vous avez la flemme de farfouiller dans le blog (vous ne savez pas ce que vous ratez), on peut vous proposer :