Mutation(s)

>2011 restera une année noire dans l’histoire de HP. Non pas à cause de problèmes financiers — la société a réalisé un bénéfice de 7,1 milliards de dollars — mais à cause de son incapacité à fixer un cap dans un univers en pleine mutation. HP ne parvient pas à s’adapter à l’ère du post-PC alors que cette société a joué un rôle clé dans les précédentes transitions majeures de l’histoire de l’informatique.

(…)

La société, si elle a perdu de son génie, continue d’être rentable et est un acteur important dans bien des marchés. Mais cette société vit incontestablement une période sombre. Dans la biographie qui lui est consacrée, Steve Jobs résume très bien la situation, affirmant que la société vit une triste époque : « Hewlett et Packard ont bâti une grande entreprise, et ils pensaient l’avoir mise entre de bonnes mains. Mais aujourd’hui, elle est démantelée et détruite. C’est tragique. J’espère avoir laissé un héritage plus solide, pour que cela n’arrive jamais à Apple ».

Un bon billet de Christophe, à lire sur MacGé : [Le long déclin de HP](http:// www.macg.com/unes/voir/130932/le-long-declin-de-hp).

On peut d’ailleurs se demander quelles seront les entreprises “mythiques” de cette ère post-PC qui s’ouvre devant nous ? Quelle place reste-t-il pour de nouveaux acteurs, et de quel garage high-tech sortiront-ils — parce que je souhaite bonne chance aux nouveaux entrepreneurs pour réussir à fabriquer une alternative économique à l’iPad au fond d’un garage, avec un fer à souder et une poignée de microprocesseurs.

On pourrait aussi se demander si Apple, selon le souhait de Jobs, en sera ? Évidemment, elle a tout pour non seulement y être, mais aussi pour en être leader — elle a inventé au moins deux des produits qui définissent cette nouvelle ère (iPad et iPhone), elle tente de proposer des services qui annoncent cette autre façon de consommer et de faire de l’informatique (cloud, voix), elle a une base d’utilisateurs enthousiastes et qui ne cesse de croître, elle a une image assez cool bien dans l’air du temps, et elle a une montagne de fric —, mais ce ne serait pas la première fois que Apple innoverait et défricherait un terrain pour ensuite se faire damer le pion : suffit de se rappeler de ce qu’était l’ordinateur personnel avant l’arrivée du Mac et de ce qu’il est devenu avec… Windows.

Comme aurait pu le dire Aragon, s’il avait connu Apple : >Rien n’est jamais acquis à la Pomme, ni son Store Opéra Ni son OS ni son leader Et quand elle croit Ouvrir un marché son ombre est peuplée de Samsung rats Et quand elle croit serrer son avenir elle le broie Sa vie est un étrange et douloureux reboot

(“Il n’y a pas d’Apple Heureuse”, Louis Aragon — martyrisé par moi)

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