Byebye le Mac ?

Le Mac est-il voué à disparaître du catalogue de Apple ? Comme dit Guillaume :

Apple n’hésitera pas à se débarrasser de tous ses fardeaux. Et au vu de son chiffre d’affaires actuel, le Mac sera probablement bientôt un fardeau.
Guillaume Gete : Le Mac est le futur Apple II

Mais comme le dit Guillaume, toujours, cela ne se fera pas au détriment de nos possibilités de faire et de créer des choses sur les machines :

Il suffira à ce dernier [iOS] d’être assez mur pour permettre de faire tout ce dont on a besoin sur Mac OS X. Il le fera différemment, sûrement de façon plus simple, plus pratique. Ou très différemment.

Pour comprendre à quel point c’est exactement ça — sans même parler de l’incroyable succès financier que représentent les nouveaux terminaux tournant sous iOS — il faut se souvenir que Apple n’a jamais été une société nostalgique ni sentimentale avec aucun de ses produits ni avec les technologies qu’elle a pu utiliser, elle n’a jamais vécu la tête tournée en arrière. N’hésitant même parfois pas à laisser en plan les utilisateurs de machines encore récentes : Apple II (III, Lisa, Newton), SCSI, PowerPC, disquette, DVD (sans parler du support mort-né : Blu-Ray), ADB, VGA, ADC, le nouvel écran 27 pouces ne se branche que sur les machines dotées d’un port Thunderbolt, etc. Même le FireWire finira par être supprimé. Et, j’en ai déjà parlé, j’attends sans surprise la disparition de l’USB lui-même, le dernier port “populaire”, au profit d’un port unique à tout faire : le Thunderbolt.

Il faut aussi garder à l’esprit que Apple, du moins celle que rêvait Steve Jobs, a toujours désiré nous faire utiliser les appareils tels qu’elle les concevait, de la façon dont elle pensait qu’il convenait de les utiliser — c’est-à-dire avec le moins de possibilités, pour l’utilisateur, de les modifier ou des les bidouiller. “Cet outil est beau, bien pensé et fonctionnel, casse rien !“, semble-t-elle dire.

De ce point de vue, l’iPad et l’iPhone sont des exemples presque parfaits : il est physiquement très difficile de les ouvrir et même si on y arrive, ce serait pour faire quoi ? On ne peut rien y ajouter, rien upgrader. Même au niveau logiciel, sans passer par de la bidouille, on ne peut rien y installer sans passer par le App Store, c’est-à-dire rien qui n’ait été approuvé par Apple. Il est évident que c’est ce qui nous attend, demain, pour les Mac : le passage obligé par l’App Store.

La gamme MacBook Air elle-même, si populaire et si rentable, en est symptomatique (encore plus que le Mac Mini ou l’iMac, qui ont toujours été pénibles à ouvrir, sauf pour changer la mémoire vive) : non seulement ils sont difficiles à ouvrir (il faut acheter un tournevis spécial, qui ne se trouve pas dans tous les magasins de bricolage), mais même si on les ouvre : la mémoire vive est soudée sur la carte mère, impossible à changer, et le “disque dur” est en réalité une sorte de barrette de puces SSD, qui ne se trouve qu’à prix d’or dans quelques boutiques spécialisées (aux USA et en Asie). Ajoutez à cela le minimum vital de connectique (Thunderbolt et deux USB, plus un SD Card sur le modèle 13 pouces, rien de plus). En clair, pour l’utilisateur lambda, le MacBook Air est un ordinateur fermé et non évolutif — ce qui ne le rend pas moins exceptionnel — d’où mon conseil de l’époque, toujours valable.

Encore une fois, il ne s’agit pas de hurler au loup, mais de se poser des questions sur ce qui pourrait arriver, de se demander ce que cela signifie.

Je suis d’accord avec Guillaume (ce n’est pas la première fois) : Apple fera encore des choix radicaux, avec lesquels on sera d’accord ou pas, mais pas au détriment des possibilités d’utilisation et de création offertes par les outils — je ne parle pas de passer son temps à ouvrir la machine pour overclocker son processeur ou lui ajouter de la mémoire ou des néons : ça n’a jamais été le but d’un Mac. (Si cela devait arriver un jour, que Apple nous propose des outils moins… utiles, c’est qu’elle sera devenue un fabricant comme les autres.) Et je ne pense toujours par que l’iPad soit une régression comparé à un ordinateur classique, bien au contraire. Il est juste encore jeune.

Je ne suis pas sûr d’être d’accord, par contre, d’être tenu à l’extérieur de mes machines. La panne récente de mon MacBook Air et l’impossibilité où je suis de faire ce que j’aurais fait dans le même cas avec n’importe quel Mac : le réparer moi-même ou, au moins, extraire son disque pour le brancher sur une autre machine, me laisse… perplexe.

Sur le même sujet : L’iPad, au-delà de la chasse aux sorcières.

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