Deux fois rien, même pas trois

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Clic = grand

Alors que tu reprends distraitement le bouquin que tu as posé là un instant plus tôt, tu te surprends à apprécier le côté quasi miraculeux d’un acte aussi banal que lire — sur l’iPad mini (2012), les Pensées de Pascal (1669) dans une copie numérique de l’édition Brunschwig (1897) — et écrire.

Et toutes ces technologies — la tablette, le livre, le doigt, le stylet et le stylo — cohabitent sans haine et sans esprit de compétition pour obtenir de moi une adoration exclusive. Désolé, mon cher Pascal, si j’ai jamais un Dieu c’est au pluriel qu’il faudra en parler.

Je suis surpris d’avoir à expliquer — quand on ne me demande pas de me justifier — encore et encore, que j’ai plusieurs outils dans ma boite à outils d’écriture et de lecture. Comme j’en ai plusieurs dans ma boite à outils photo.

C’est évident, pourtant : c’est une boite à outils. Pas une boite à outil.

Comme il est évident que choisir un marteau quand on veut enfoncer un clou ne signifie pas qu’on méprise les tournevis. Pourquoi une telle évidence est-elle si dure à comprendre quand on parle nouvelles technologies ?

Scripts pour automatiser le contrôle de version avec Mercurial

Pour répondre à l’avalanche des deux demandes, voici le script que j’utilise pour automatiser les “commits” (les versions) de mes manuscrits dans Mercurial.

Pour mémoire :

  1. J’utilise Mercurial comme outil de contrôle de versions, sur certains de mes écrits et fichiers, dont les articles du blog — ça permet de facilement suivre l’évolution d’un texte et, surtout, de retrouver une ancienne version si je change d’avis — moi, changer d’avis ? Jamais.
    Lesfautes
    (Clic = grand)Je peux suivre la croissance, les branches mortes, les greffons, etc. de cet article en phase d’écriture, c’est complètement organique.
  2. Pour que ce soit efficace, ça doit être automatisé. Sinon, j’oublie et après je pleure et file me réfugier sous la première coquille d’oeuf.
  3. Vous connaissez peut-être FlashBake, qui fonctionne avec Git à la place de Mercurial. Il fait beaucoup plus et mieux. Malheureusement, je n’ai jamais réussi à le faire fonctionner comme je le souhaitais et je n’ai pas vraiment besoin de ses plug-ins.

D’où mon script. Infiniment moins subtil, mais qui me suffit :

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Ça va mieux en le rappelant

Capitalism only works if there are enough successful people to be the customers.
(Jaron Lanier, Who Owns the Future)

En gros, ça pourrait se lire : “Le capitalisme, ça ne fonctionne que s’il y assez de gens pour être les clients“.

C’est pas plus mal de s’en souvenir alors que tout le monde redouble d’idées pour réduire les salaires et autres revenus de la majorité.

Et si la citation vous semble simplette, dites-vous que c’est de ma faute : le bouquin, que je viens de commencer, semble passionnant. Je l’ai acheté après avoir lu cette interview de l’auteur.

La tête — et les données — dans l'(i)Cloud

Mon iPad étant vraiment devenu péniblement lent, je l’ai réinstallé hier soir — pas restauré depuis sa dernière sauvegarde, réinstallé de zéro. Radical.

Dropbox, puis 1Password, puis activer iCloud. Pour accéder à toutes mes données et mots de passe. Puis, les apps, une à la fois.

Ayez confiaaaaaance

En démarrant Paper — en même temps que j’appréciais sa jolie interface façon Moleskine — j’ai réalisé qu’il ne contenait plus aucun de mes dessins. Logique, je venais de le réinstaller.

53
10 pages d’Idées. 10 pages vides.

Même chose avec Brushes. Rien.

Brushes

Logique, mais chiant. Où sont tous mes dessins ? Oh, ils existent toujours… quelques part dans la dernière sauvegarde iTunes, sur le Mac (ou sur iCloud). Autant dire, si j’essaye de les retrouver à la main, que je peux me brosser :

Chercher
C’est juste incompréhensible.

Le seul moyen simple de les récupérer serait d’effacer à nouveau mon iPad, de réinstaller la dernière sauvegarde, de lancer les apps et, un dessin à la fois, de les exporter ou de mes les envoyer par email. Puis d’effacer à nouveau à l’iPad et tout recommencer, pour retrouver l’iPad tel que je le souhaite. Super.

Puis, j’ai réinstallé Adobe Ideas, me suis identifié et, en quelques instants, je retrouvai tous mes dessins dans l’application. Comme ça été le cas aussi, avec les apps dédiées à l’écriture.

La différence ? Le cloud.

Adobe m’avait en effet proposé de stocker mes dessins dans son “Creative Cloud”, gratuitement (j’en ai pas des centaines), ou en payant si j’ai besoin de beaucoup de place. J’avais accepté. Comme j’utilise iCloud pour les mails et contacts, et Dropbox pour tous mes fichiers (textes et photos).

C’est ça l’iPad, selon Apple : ne plus nous soucier de nos fichiers (oublier le Finder), non pas parce que les fichiers n’ont aucune importance mais, bien au contraire, parce qu’ils sont tellement importants que ce sont les apps qui vont en prendre soin, à notre place. Touche pas au fichier, avec tes mains pleines de doigts ! Laisse faire le programme : il connait son travail.

Mais voilà ces deux apps qui entonnent un tout autre refrain : Tintin, mon gros. T’as qu’à en baver si tu veux récupérer tes fichiers. On est chiantes, on des apps à l’ancienne. Tu dois penser à nous. Tu dois te soucier de nous. Bon retour au XXe siècle. Me soucier d’elles, ou dire adieu à mes fichiers, ou presque ? Merci.

C’est pas ça l’iPad. Ça, c’est le PC à l’ancienne.

J’en étais là de ma rumination, assez agacé d’imaginer me farcir une nième réinstallation à cause de ces deux apps, quand j’ai réalisé que c’était aussi un peu la faute de Apple.

(i)Cloud, une option obligatoire ?

Tout le monde n’est pas Adobe, et n’a pas les moyens de nous proposer son cloud personnel. C’est évident. Mais ce ne sont pas les options qui manquent :

  • iCloud
  • Dropbox
  • Amazon S3
  • Google Drive
  • SkyDrive
  • Etc.

Il n’y a donc aucune raison qui empêche d’offrir — au moins en option, je peux comprendre qu’on puisse ne pas vouloir stocker ses données entre les mains d’une entreprise commerciale, c’est un autre débat — la possibilité de stocker ses fichiers dans le cloud.

Aucune raison pour que Apple n’exige pas des développeurs qu’ils fournissent l’option de sauvegarder sur iCloud ou un cloud, pour toute app qui sert à créer quelque chose — texte, image, son…

Il y a peut-être des considérations techniques qui m’échappent. Je m’en fiche, Apple ne me vend pas l’iPad ou iCloud en m’expliquant “mais, il y a des considérations techniques à prendre en compte”. Certainement pas, pour ça il y a Windows et Android et Linux.

Ce n’est pas parfait

La solution cloud n’est pas idéale. Bien entendu :

  • iCloud est souvent lent
  • C’est souvent payant
  • Il faut être connecté à Internet.
  • Etc.

Mais la solution “classique” ne l’est guère plus : sans le cloud, j’aurais pu dire adieu à tous mes dessins. De deux maux, je sais lequel je préfère.

J’ai réinstallé cet iPad pour pouvoir dessiner plus confortablement, pas pour passer des heures à retrouver mes dessins, un par un, parce qu’une app persiste à reproduire un mode de fonctionnement hérité de l’ère PC.

C’est dans Adobe Ideas que j’ai retrouvé tous mes crobards dès le démarrage de l’app. Et si j’aime beaucoup Brushes et Paper, je regrette de leur avoir confié mes dessins car, tant que je ne trouverai pas le courage de perdre un temps fou à les récupérer, il sont perdus. C’est dans Adobe Ideas que je dessinerai mes prochains crobards.

Je ne suis ni Picasso ni Pratt, mes dessins ne manqueront à personne que moi. Surtout les dessins que j’avais faits de ma nièce, dont je n’ai plus que la copie basse def de deux d’entre eux, que j’avais envoyés à sa maman.

Laure
Fait chier.