Alors lancez-vous dans la production de pingouins libres 😉
J’aime bien la masquotte de Linux, mais je sais pas coudre :-/
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J’aime bien la masquotte de Linux, mais je sais pas coudre :-/
Thierry, un ami d’enfance et mon meilleur ami — celui à qui l’on peut dire des choses dures, celui qui peut nous les dire; avec qui l’on peut partager le silence —, est venu passer quelques jours à Paris. Malheureusement cette fois je n’avais vraiment pas beaucoup de temps libre et lui avait pas mal de choses à faire de son côté. Nous y étions donc plus en même temps que nous y étions ensemble.
Bref, dans le temps dont on disposé en commun, j’ai voulu lui montrer mon jardin secret. C’est un vrai jardin, et un secret plutôt très connu d’ailleurs : le jardin du Luxembourg. Pour moi c’est un endroit magique. Pourquoi je ne l’y avais jamais emmené avant ? Mystère. Nous y sommes donc allé pour une longue balade.
La promenade était sympa, mais rien ne s’est passé, pas de magie. Enfin, je ne sais pas, ça n’a pas marché pour moi. Le jardin m’a semblé vide, je veux dire rien d’autre qu’un espace pas rempli par la ville et ses nuisances : des arbres, des chemins, des chaises, un bassin et quelques vieilles pierres sans vraiment d’intérêt. Il y avait aussi le vent et nous deux, Thierry et moi, qui marchions. Ca c’était bon.
Peut-être faut-il y aller seul ? Ou alors je suis incapable de partager une émotion qui n’existe que dans ma tête ? Je ne sais pas. Peut-être faut-il y venir autrement, plus doucement ? Quand j’y vais seul, c’est sans raison. Sans but, j’y vais pour y être. Cette fois j’y suis allé décidé à lui montrer… quoi ? La fontaine de jouvance, un arbre rouge à pois bleu ou la plus belle femme du monde ? Si si regarde, elle est là si belle, tout près du grand bassin, ou alors la voilà, cachée au détour de ce bosquet, bois-en une gorgée pour gagner la jeunesse éternelle et, pour ne pas mentir, ses feuilles t’as vu ses gros pois bleu, dis ?! Dire, montrer, maladresses qui font fuir les fées, les démons, et même les arbres rouges à pois bleu il paraît.
La magie du Luxembourg, elle est peut-être dans l’insignifiant; le chemin de terre qui réagit à chaque pas que l’on fait, les arbres qui jouent avec le vent comme un pied-de-nez obstiné à Paris et à ses murs. Le bruit du vent, justement, si doux et tenant tête au vacarme de la ville ? J’aime bien ça. C’est apaisant. Ou est-ce dans le désordre du lieu ? Je ne sais pas.
S’il y a de la magie, en tous cas elle est quelque part à l’opposé de l’empressement. Tant celui du passant qui se hâte vers quelque part et coupe par le jardin sans rien voir autour, que celui du touriste pressé de ramener un souvenir &mdash la photo du bassin ou du Sénat avec un sourire au premier plan, ou la photo d’un pigeon sur la tête d’une statue. Tous les deux ont en commun, le touriste et le passant, la crainte de perdre un instant.
Le temps, ce serait ça la magie du Luxemboug ? Tout y est plus âgé, plus long. Plus lent. Ce n’est pas un lieu que l’on découvre : on y revient, on le connaît, on se reconnaît. il nous attendait. On est en 1926 ou en 2006, ça n’a pas d’importance, c’est le jardin du luxembourg. Le temps ne passe pas ou autrement, comme pour un arbre : ne pas vieillir ou faire que vieillir devienne grandir ?

Qu’en penses-tu ?
On ne rigole pas de ça ! Surtout quand c’est un rire gras et malhabile à l’encontre de [*].
Ce qui me navre dans la polémique « La barbe du prophète versus les petits dessins danois » c’est deux choses:
D’abord, paradoxalement c’est la docilité de toutes les personnes qui répondent à l’appel de… qui ? Et pourquoi si longtemps après la parution des dessins dans le « Jyllands-Posten » ? Une telle réaction, cette haine prête à jaillir, à propos d’un truc aussi insignifiant qu’une caricature !? Que l’islam soit victime de racisme — d’ostracisme — par chez nous c’est une évidence. C’est quelque chose qu’il faut combattre, mais ce n’est pas un caricaturiste en moins qui va changer ça. Et ce nest certainement pas en devenant soi-même une caricature que ça changera.
Ensuite, surtout, c’est la ressemblance de cette histoire avec une autre à peine plus ancienne : un appel au boycott à l’encontre du pinard et du frometon français qu’avaient lancé d’autres personnes, aux Etats-Unis d’Amérique cette fois. Les grandes phrases contre ces cowards de français, pro-islamistes et je ne sais plus quelles autres stupidités contre la France qui avait osé refuser de donner sa bénédiction à la sale guerre de M. Bush Jr. contre l’Irak.
Alors, ce matin, quand j’entends qu’on interdit les produits danois dans telle ou telle boutique d’un pays musulman, je me demande qui est le plus intelligent des deux ? Celui qui maudit le salami danois ou celui qui rebaptise les « french-fries » en « liberty-fries » ?
L’appel au boycott est un outil puissant. Une façon de monopiliser les média. Pourquoi faire ? A quoi sert ce bruit du moment ?
Dans les deux exemples dont j’ai parlé, les french-fries et le salami danois, on assiste au même drame : la perte de toute nuance. L’autre est l’ennemi, le mal incarné. Les danois, comme les français, sont le mal d’un moment, l’Adversaire à abattre. Ce n’est pas telle personne en particulier mais tout un peuple, un pays tout entier qui est voué à la vindicte populaire. Cette haine — dont on ne comprend rien, qui est incompréhensible car elle est dépourvue de raison et de sens — est un bloc qui écrase tout.
Evidemment, personne n’a de leçon à donner à personne (en France on a un ministre de l’intérieur qui veut passer les banlieues au karcher, on est une république laïque qui invite ses représentants à pleurer la mort d’un pape mais qui interdit de porter un foulard ou une croix ou une étoile à l’école) mais une chose est sûre : condamner un pays entier sous prétexte qu’il abrite, peut-être, une poignée d’abrutis n’est pas la meilleure façon de montrer qu’on est soi-même autre chose qu’un abruti.
Et dans ce cas, qui pourra dire quand s’arrête la colère légitime, les représailles justifiées contre l’agresseur, et où commence l’intolérance, le terrorisme à l’encontre des idées et des personnes ?
[*] : pas d’image, même pas un nom. Mais je pense à tout ce dont on a pas le droit de rire. Une religion, un crime, une passion.
« Il est trop sensible au bruit », c’est ce que dit de moi ma compagne. Elle a tort : je suis allergique aux bruits.
Détester le bruit, ça peu sembler étonnant pour quelqu’un qui a vécu presque toute sa vie en ville et qui n’envisage pas de retraite prochaine dans une campagne aussi silencieuse que perdue au fin fond de tout — pourtant ça n’a rien d’illogique, à mon avis, si l’on perçoit la différence entre bruit et bruits. Je déteste les bruits.
J’aime la ville et j’aime son bruit. Ce bruit est comme une respiration, le battement d’un coeur, une vie que l’on écoute vivre. C’est bon, c’est rassurant, même s’il agace parfois. Les bribes de conversations, toutes nos activités, le repas de famille des voisins, en été, les fenêtres grandes ouvertes, les couverts qui tintent sur les assiettes ou les jeux d’enfants dans la cour,… Tout ça fait un son riche, dont le tempo ou la mélodie peuvent varier mais qui toujours porte parole, témoigne de quelque chose auquel on participe, ou est invitation à y participer. Au minimum, c’est la reconnaissance de quelque chose qu’on a en commun, que l’on vit ensemble ici.
Ce que je n’aime pas ce sont les bruits. Tous ces sons incongrus — je vais éviter le mot étranger — , ceux que j’appelle des « bruits égoïstes ». Un bruit est égoïste quand il n’appartient à aucun ensemble, ne fait pas corps avec la cité, la rue ou l’immeuble, etc. Quand il n’est qu’un jailissement aussi violent que dépourvu de sens, quand il n’exprime rien que l’égoïsme d’une personne ou de quelques unes; moi moi moi moi moi pourrions-nous entendre derrière chacun de ces bruits là, s’ils laissaient la moindre place à autre chose qu’eux-mêmes. Leur égoïsme même les privant de toute signification, ils ne peuvent dès lors plus être perçu que comme une agression aux oreilles des autres.
Ce sont les voitures, ou les motos, qui accélèrent à fond de caisse dans une rue déserte parce que ça chatouille les hormones du conducteur, la télé qui hurle chez un voisin, ce klaxon qui vient de briser un silence magique pour la seule raison de tourner plus rapidement le coin de la rue, ou encore l’appartement des parents transformé le temps d’une soirée en boîte de nuit — mais c’est une une seule nuit par an répondra… chacun des 365 habitants de l’immeuble. Mais c’est une fraction de seconde répondre chacun… des deux millions (?) d’automobilistes qui circulent dans Paris. Mais ça ne va pas fort répondra mon voisin l’air choqué en pointant le doigt vers sa télé.
Au fond, si l’on y pense un instant ces bruits là aussi sont porte-parole, ils nous délivrent leur message qui pourrait tenir dans une phrase toute simple : « je vous emmerde ».
Je n’aime pas ces bruits là.
Ne sont-ils pas révélateurs de notre relation aux autres, chacun d’entre-nous et de notre société elle-même avec les autres ? Cette façon de dire merde, de se servir sans mesure et sans repect pour l’autre, justement. De tout casser ou de jeter ses papiers sur le trottoir et poursuivre son chemin comme si de rien n’était.
Bon allez, je vais baisser le volume de la télé… Ah ben non, je n’ai plus de télé (enfin presque).
Eteindre la télé ou, mieux, plus de télé du tout, ça offre de nombreux avantages dont celui d’avoir un peu plus de temps pour faire d’autres choses. D’ailleurs, je vais vous souhaiter une bonne nuit : La source étrusque de Sebastiano Vassalli m’attend depuis trop longtemps.
…Mais cette première fois, c’est moi qui sautait sous le fouet et l’on peut imaginer qu’elle était mon humeur. L’idée qu’un inconnu pût m’acheter comme on fait l’emplette d’un poulet ou d’une casserole de cuivre pour ensuite disposer de moi selon son caprice me rendait fou de peur et de colère. Esclave ou pas, pensais-je, j’étais avant tou un être humain ! Je savais lire et écrire et je savais développer un raisonnement, même compliqué. Je n’étais pas un objet sans vie et pas davantage un animal (…) Je m’en prenais aux dieux de l’Olympe. Je leur demandais pourquoi ils toleraient que nosu autres hommes fussions divisés en deux catégories : celle des hommes libres — qui ne sont vraiment tels que s’ils ont de l’argent — et celles des esclaves, qui doivent subir toujours et en toutes circonstances le bon plaisir des autres.
(La source étrusque, Sebastiano Vassalli. Grasset)
J’aimerais bien ne plus utiliser Gmail et même Google, mais j’avoue que l’efficacité de Google, la facilité d’utilisation de Gmail avec son système d’étiquettes, les filtres, l’anti-spam bien fichu, etc. ça me manquerait. Alors, dites-moi tout :
Quel moteur utilisez-vous ?
Quel webmail me recommanderiez-vous ?
Le webmail de mon hébergeur est loin d’offrir le confort d’utilisation de Gmail, malheureusement. Je n’ai pas besoin de conserver plusieurs Giga d’e-mails, mais plusieurs centaines de Mo ne seraient pas du luxe. Gratuit ou payant, ça m’est égal — enfin presque 😉
Si vous ne voulez pas poster un commentaire, vous pouvez m’écrire sur… Gmail !