Traduire Lovecraft

Pour rebondir sur ce billet et sur une discussion sur Twitter, voici les premières lignes de la traduction parue chez Laffont de L’appel de Cthulhu, suivie du texte original en anglais :

Ce qu’il y a de plus pitoyable au monde, c’est, je crois, l’incapacité de l’esprit humain à relier tout ce qu’il renferme. Nous vivons sur une île placide d’ignorance, environnée de noirs océans d’infinitude que nous n’avons pas été destinés à parcourir bien loin. Les sciences, chacune s’évertuant dans sa propre direction, nous ont jusqu’à présent peu nui. Un jour, cependant, la coordination des connaissances éparses nous ouvrira des perspectives si terrifiantes sur le réel et sur l’effroyable position que nous y occupons qu’il ne nous restera plus qu’à sombrer dans la folie devant cette révélation ou à fuir cette lumière mortelle pour nous réfugier dans la paix et la sécurité d’un nouvel obscurantisme.

L’original :

The most merciful thing in the world, I think, is the inability of the human mind to correlate all its contents. We live on a placid island of ignorance in the midst of black seas of infinity, and it was not meant that we should voyage far. The sciences, each straining in its own direction, have hitherto harmed us little; but some day the piecing together of dissociated knowledge will open up such terrifying vistas of reality, and of our frightful position therein, that we shall either go mad from the revelation or flee from the deadly light into the peace and safety of a new dark age.

Désolé, mais non. Le texte FR m’a perdu dès la première phrase.

Death of a photon

The photon is the ubiquitous particle of light which carries nearly all information we get from the outside world. It usually disappears while being detected. The retina, for instance, absorbs light, changing it into an electrical current which triggers the optical nerve. A similar phenomenon occurs on the photo-sensitive surface of usual light detectors, so that information carried by the photons is generally destroyed in the very process which records it. We certainly can see a macroscopic object as many times as we wish, but the photons which bring its image to our eye are at each time new ones.

(Prof. Serge Haroche, Life and death of a photon: a new way to look)

Des façons de bosser sur Mac (et de choisir ses mots)

C’est marrant, comme le titre de mon précédent billet peut-être vu soit comme particulièrement à côté de la plaque, ou bêtement révélateur de la façon dont je bosse sur le Mac :

Sauvegarder automatiquement quand on quitte Textmate2

“Quitter TextMate”, dans mon esprit, c’est le mettre à l’arrière-plan. C’est passer à une autre application. Ce n’est pas quitter (Cmd+q) l’application TextMate. En fait, je crois que les seules fois où elle quitte réellement, c’est quand le Mac lui-même doit redémarrer.

C’est aussi quelque chose qui m’étonne — et, oui, qui m’agace un peu — de voir un utilisateur passer son temps à fermer chaque application dès qu’il passe à une autre, au lieu de les laisser toutes ouvertes à l’arrière-plan, là où elles ne gênent pas. Soit soigneusement repliées dans le Dock (Cmd+H) soit, comme ici, empilées en tas :

Quoi Comme le bureau sur lequel il est posé, le Bureau de Mon Mac est bordélique. Il n’est rangé que quand je n’ai rien de mieux à faire 😉

Ce n’est qu’une question de préférence, de confort. C’est sûr. Pourtant, depuis toujours OS X s’acharne — avec le Dock, le mode plein écran, Mission control, Exposé, les fenêtres masquées, les multiples bureaux, etc. — à nous libérer de ce genre de corvée. Pourquoi ne pas en profiter ? Est-ce par habitude ou par manque de confiance dans ce tas de pixels que sont les fenêtres ?

Osxdetecteuraiguilledanslameule

C’est peut-être bien le truc qui m’agace le plus quand je regarde ma nièce utiliser son Mac… Elle est maniaque de l’ordre : une app doit être fermée avant d’en ouvrir une autre, quitte à la rouvrir trente secondes plus tard.

Mais, comme c’est ma nièce, je me dis qu’elle a forcément raison et — vu qu’elle est aussi très stricte sur le fait de ranger ses fichiers (trop stricte ? Elle retrouve parfois in extermis ses devoirs à la Corbeille) — que je ferai bien d’en prendre de la graine 😉

Sauvegarder automatiquement quand on quitte Textmate2

Pour répondre à la question d’un lecteur (hello, Habib) : par défaut Texmate2 ne dispose plus de l’option pour sauvegarder automatiquement les fichiers modifiés quand on met une autre application au premier plan.

C’est ballot de perdre une option aussi pratique — mais ce n’est pas un souci : il suffit d’installer le bundle Save-On-Focus-Lost.tmbundle pour que TextMate retrouve tout son bon sens 😉

David ♥ TextMate(2) — même pas honte !