Le test du MacBook Pro 13 pouces retina

Pour ne pas changer, on va éviter le blabla — z’avez mieux à faire que de vous extasier devant tout ce que je pourrai dire et la façon dont je le dis trop bien j’te jure.

Y aura pas non plus de photos glamour qui vous montrent comme la machine elle est trop belle, ma mère, et comment que j’te torche du packshot à t’en faire baver d’envie même devant un tonneau de Dash.

Donc, le MacBook AirPro 13 pouces retina (dernière génération, donc) a réussi l’impensable : me faire passer chez Aceril a remplacé mon MacBook Air. Tudieu. Rien que ça.

Génial :

  • L’écran. Malgré la vitre.
  • La résolution retina : même au max, c’est très lisible (pourtant je suis bigleux) et ça offre un espace de travail confortable (très appréciable avec mon usine à gaz préférée : Scrivener).
  • Le design. Ouais, il est beau — ça change pas du Air, même s’il est moins aiguisé d’un côté et qu’il est… moins encombrant que le Air. Un comble.
  • La puissance. Venant d’un core i5, je pensais avoir besoin d’un core i7. Pauvre andouille que j’étais : c’est le jour et la nuit entre le core i5 du Air et celui du Pro. Ou alors ils viennent pas de la même planète.
  • Le silence de fonctionnement (Lenovo ? t’es là, je sais que oui, te cache pas ! Tu vois qu’une bécane peut-être fine et puissante ET silencieuse).

Excellent :

  • Le poids, un peu plus lourd qu’un Air mais encore si léger.
  • l’autonomie. Je suis pas loin des 9 h en utilisation réelle, plus même ? Et un peu plus de 7 heures quand je bosse avec une machine virtuelle. Et je ne parle pas de laisser la machine en veille en attendant que la batterie rende son dernier milliwatt.

Archinul — t’as pas honte, Apple ?

  • Le connecteur MagSafe 2. C’est une daube, qui se détache au moindre mouvement du Maccourant d’air. Tim, tu dois virer quelqu’un, là. Edit du 21/02: Le Snuglet améliore vraiment les choses : le connecteur tient enfin en place.

Snuglet
Oui, c’est ce petit morceau de métal (macro à l’iPhone) qui se place autour du connecteur du MagSafe et vient s’enfoncer dans la prise du Mac lui-même, pour y rester à résidence.

Pour le même prix, on en reçoit deux plus le bidule pour le retirer de la prise du Mac. Si vous vous posez la question, il est également compatible avec l’adaptateur MagSafe->MageSafe2. Un grand merci à @ggete pour me l’avoir conseillé 😉

La note de la rédaction : 11,5/10.
Il aurait eu 15/10, si les designers ne s’étaient pas autant astiqué le manche sur le Mag Safe 2 et avaient pensé à — oh, quelle idée de génie — à l’essayer en conditions réelles, pas juste en photo.

F.lux : Un Mac qui aime vos yeux ?

Dans le même genre que Tranquility, une autre application dont je vous parlai à l’époque F.lux : le Mac en voit de toutes les couleurs (2010), permet quant à elle de modifier la dominante colorée de votre écran selon l’heure — en termes techniques : il modifie la température de la couleur, rendant la lumière plus bleue ou plus jaune selon le moment de la journée et le type d’éclairage que nous sommes susceptibles d’utiliser : lumière du jour et lumière vive en journée, lumière artificielle plus douce en soirée.

La dernière version fonctionne très bien sur Mavericks.

D’autres choses n’ont pas changé, avec f.lux :

  • C’est toujours aussi surprenant quand on l’utilise pour la première fois de voir l’écran jaunir (ou bleuir), selon l’heure.
  • C’est une application qui hérisse toujours le poil du graphiste — et qu’il désactivera avant de travailler sur ses images.
  • C’est toujours aussi efficace.

Fluxprefs

On peut régler précisément la force de la correction ainsi que la géolocalisation — une donnée essentielle que le programme utilise pour décider quand modifier la luminosité.

F Votre écran ressemblera alors à ça, selon que vous êtes le matin ou le soir. Ici, l’image est juste teintée en jaune pour vous donner une idée de l’effet.

Ça marche ?

Si vous ne l’avez jamais testé, permettez-moi un conseil : même si ça vous parait insupportable de fixer un écran jaune, laissez-lui une chance. Donnez-vous quelques jours d’affilée pour voir si vous vous y habituez.

Je ne peux plus m’en passer — même si je le désactive dès que je fais de la retouche photo 😉 — c’est idéal pour lire ou écrire.

Si la question vous intéresse, pas mal d’études sont listées sur le site de f.lux. Sans entrer dans ces considérations scientifiques, depuis des années que je l’utilise je peux vous dire ceci : le soir, j’ai infiniment moins mal aux yeux et à la tête quand f.lux est activé. Et je suis moins… tendu.

Tranquility, le Mac en mode nuit

Je vous en parlai dans l’article “Un écran qui ne pique les yeux” (2010), Nocturne est une application qui permet de passer l’écran de votre Mac en N&B — c’est bien confortable la nuit, par exemple pour lire au lit — et cela de façon beaucoup plus fine que ce que permettent les modes N&B et inversion de couleurs des Préférences système de OS X.

Une nouvelle application Tranquility, la rend compatible avec Mavericks. Chouette.

Dans les réglages, on pourra ainsi choisir d’activer ou non les ombrages des fenêtres et coloriser l’écran pour lui donner une teinte verdâtre ou autre — à noter que chez moi l’application refuse de modifier la couleur de l’écran, ne me laissant que le N&B. On verra si une MAJ corrige ça.

Via @charlierlaurent .

L’iPhone, mon bloc-notes

(Joneskind, un lecteur du blog, a gentiment accepté de partager avec nous son utilisation de l’iPhone comme bloc-notes “enrichi”.
C’est l’occasion de rappeler que ce n’est pas la quantité d’apps qui fait qu’un iPhone sert à quelque chose — ou qu’il justifie son prix — mais la façon dont on l’utilise.
David)

Hier, David tweetait :

Quand j’ypense, @dayoneapp est la principale raison qui me fait encore utiliser un iPhone : un journal numérique, efficace et simple.

Auquel tweet je répondais :

@david_bosman avec GarageBand ByWord Daedalus SleepCycle et Reporter. Qd j’y pense, il n’y a plus que la plume qui me fait garder mon stylo.

S’en est suivie une micro-discussion autour de mon utilisation de l’iPhone, et de l’efficacité redoutable avec laquelle il avait remplacé mes bloc-notes, stylos, dictaphone et papier musique.

David, avec sa curiosité légendaire, m’a donc proposé de venir ici témoigner de mon utilisation quotidienne de l’iPhone en tant qu’outil de prise de notes. Et c’est avec plaisir que j’ai accepté l’invitation, non sans une certaine appréhension je dois l’avouer, de celle que l’on ressent quand on est invité à jouer sur scène à un concert, ou plus simplement quand il s’agit de prendre la parole en public. Oui, j’ai un peu le trac.

Passons donc, si vous le voulez bien, au vif du sujet.

J’utilise mon iPhone pour retranscrire tout ce qui me passe par la tête. C’est pratique, je l’ai toujours à portée de main, dans la poche de mon jean ou sur ma table de chevet. Mais si j’ai aujourd’hui une utilisation aussi simple et organisée que je pourrai l’espérer, ça n’a pas toujours été le cas. Ainsi j’ai dû tatonner, expérimenter, tester et retester toute une variété d’applications et de workflow si je puis dire, avant de trouver celles qui me correspondent définitivement. Et chaque personne étant différente, je n’ai pas d’autre prétention que de vous raconter ce qui marche pour moi.

Finalement, je n’utilise au quotidien que quatre applications, dont trois exclusivement réservées à l’écriture et l’autre à la musique.

Ma timeline DayOne
Ma timeline DayOne

Sans conteste, c’est bien DayOne que j’utilise le plus. Parfois jusqu’à cinq fois par jour. C’est d’ailleurs avec DayOne que je rédige ce billet. J’y note pratiquement tout ce qui me passe par la tête. Mon auto-analyse, mes rêves, mes recettes de cuisine parfois, mes impressions, mes mémoires. Je peux décider d’illustrer mes textes par une image que je trouve pertinente, mais ce n’est pas toujours le cas. Mes notes sont organisées par thème, grâce aux tags. J’en ai 13 à ce jour.

Mes brouillons organisés dans SimpleNote Mes brouillons organisés dans SimpleNote

Suit SimpleNote. Une autre application de prise de notes qui use du tag pour organiser ses idées. C’est mon outil de brouillon. J’y mets mes pensées brutes. La plupart du temps les éléments de mes rêves que je m’empresse de noter – et parfois dicter – avant que ces non-souvenirs s’évanouissent pour de bon. Je peux aussi y mettre des idées de fiction et tout ce qui n’est encore qu’à l’état d’embryon de pensée, quand je n’ai pas le temps d’écrire ou de développer.

*Une pile de feuilles dans* Daedalus Touch
Une pile de feuilles dans Daedalus Touch

Je termine par Daedalus Touch. Je n’utilise celle-ci que pour mes projets de fiction. C’est un gestionnaire de piles de post-its, que je retrouve sur le Mac, directement dans Ulysses III. Là encore il s’agit de notes succinctes, mais que je sépare volontairement des autres parce qu’elles n’ont pas le même statut dans mon organisation personnelle. J’ai vaguement essayé de me débarrasser de cette app que j’ai longtemps trouvé redondante, et puis j’ai fini par réaliser qu’elle avait une fonction bien précise et particulière. Pour moi.

*L’éditeur de piste MIDI de* GarageBand
L’éditeur de piste MIDI de GarageBand

Et pour finir GarageBand. Ici c’est bien la découverte du markdown et des apps spécialisées et épurées qui m’a poussé à redéfinir mon workflow musical.

Je ne suis que musicien amateur, mais curieux, j’ai essayé des logiciels de studio professionnels. Et plus je me perfectionnais, plus j’avais de mal à composer. Plus il me semblait difficile de commencer. Comme si j’avais perdu le sens de l’ébauche. Imaginez, écrire un livre page par page, de la première à la dernière, chaque caractère, chaque virgule, chaque point comme définitivement posés, de la première à la dernière de couverture.

Il a fallu que je retrouve la simplicité de mon premier 4-pistes à bandes pour qu’enfin je recouvre le goût et la capacité de composer. Et c’est grâce à cette simplicité et aux limites de GarageBand iOS que j’y suis parvenu. Aujourd’hui j’arrive à enregistrer toutes les mélodies qui me passent par la tête. Je peux alors y ajouter d’autres pistes mélodiques et commencer à travailler l’harmonie. La plupart du temps, j’utilise le piano, note par note. Parce que l’interface est la plus ergonomique sur ce petit écran. Parce que c’est du Midi et que je peux en un clic changer la tonalité ou le tempo. Parce que je peux aussi facilement en faire un violon ou une guitare.

J’évite toutefois d’aller trop loin dans ce travail mélodique, parce que l’instrument a un impact important sur l’élaboration de la musique. Parce qu’une mélodie ne va pas du tout se développer de la même manière selon qu’on la chante, qu’on la vibre ou qu’on la frappe.

Exactement comme pour une prise de note, il faut conserver autant que possible la spontanéité de la musique. C’est sans doute le plus difficile à maitriser, mais GarageBand y excelle, tant qu’on ne lui demande pas l’impossible.

Joneskind

Des personnages qui prennent le contrôle

INTERVIEWER

E. M. Forster speaks of his major characters sometimes taking over and dictating the course of his novels. Has this ever been a problem for you, or are you in complete command?

NABOKOV

My knowledge of Mr. Forster’s works is limited to one novel, which I dislike; and anyway, it was not he who fathered that trite little whimsy about characters getting out of hand; it is as old as the quills, although of course one sympathizes with his people if they try to wriggle out of that trip to India or wherever he takes them. My characters are galley slaves.

Vladimir Nabokov, The Art of Fiction No. 40