L’iPhone, mon bloc-notes

(Joneskind, un lecteur du blog, a gentiment accepté de partager avec nous son utilisation de l’iPhone comme bloc-notes “enrichi”.
C’est l’occasion de rappeler que ce n’est pas la quantité d’apps qui fait qu’un iPhone sert à quelque chose — ou qu’il justifie son prix — mais la façon dont on l’utilise.
David)

Hier, David tweetait :

Quand j’ypense, @dayoneapp est la principale raison qui me fait encore utiliser un iPhone : un journal numérique, efficace et simple.

Auquel tweet je répondais :

@david_bosman avec GarageBand ByWord Daedalus SleepCycle et Reporter. Qd j’y pense, il n’y a plus que la plume qui me fait garder mon stylo.

S’en est suivie une micro-discussion autour de mon utilisation de l’iPhone, et de l’efficacité redoutable avec laquelle il avait remplacé mes bloc-notes, stylos, dictaphone et papier musique.

David, avec sa curiosité légendaire, m’a donc proposé de venir ici témoigner de mon utilisation quotidienne de l’iPhone en tant qu’outil de prise de notes. Et c’est avec plaisir que j’ai accepté l’invitation, non sans une certaine appréhension je dois l’avouer, de celle que l’on ressent quand on est invité à jouer sur scène à un concert, ou plus simplement quand il s’agit de prendre la parole en public. Oui, j’ai un peu le trac.

Passons donc, si vous le voulez bien, au vif du sujet.

J’utilise mon iPhone pour retranscrire tout ce qui me passe par la tête. C’est pratique, je l’ai toujours à portée de main, dans la poche de mon jean ou sur ma table de chevet. Mais si j’ai aujourd’hui une utilisation aussi simple et organisée que je pourrai l’espérer, ça n’a pas toujours été le cas. Ainsi j’ai dû tatonner, expérimenter, tester et retester toute une variété d’applications et de workflow si je puis dire, avant de trouver celles qui me correspondent définitivement. Et chaque personne étant différente, je n’ai pas d’autre prétention que de vous raconter ce qui marche pour moi.

Finalement, je n’utilise au quotidien que quatre applications, dont trois exclusivement réservées à l’écriture et l’autre à la musique.

Ma timeline DayOne
Ma timeline DayOne

Sans conteste, c’est bien DayOne que j’utilise le plus. Parfois jusqu’à cinq fois par jour. C’est d’ailleurs avec DayOne que je rédige ce billet. J’y note pratiquement tout ce qui me passe par la tête. Mon auto-analyse, mes rêves, mes recettes de cuisine parfois, mes impressions, mes mémoires. Je peux décider d’illustrer mes textes par une image que je trouve pertinente, mais ce n’est pas toujours le cas. Mes notes sont organisées par thème, grâce aux tags. J’en ai 13 à ce jour.

Mes brouillons organisés dans SimpleNote Mes brouillons organisés dans SimpleNote

Suit SimpleNote. Une autre application de prise de notes qui use du tag pour organiser ses idées. C’est mon outil de brouillon. J’y mets mes pensées brutes. La plupart du temps les éléments de mes rêves que je m’empresse de noter – et parfois dicter – avant que ces non-souvenirs s’évanouissent pour de bon. Je peux aussi y mettre des idées de fiction et tout ce qui n’est encore qu’à l’état d’embryon de pensée, quand je n’ai pas le temps d’écrire ou de développer.

*Une pile de feuilles dans* Daedalus Touch
Une pile de feuilles dans Daedalus Touch

Je termine par Daedalus Touch. Je n’utilise celle-ci que pour mes projets de fiction. C’est un gestionnaire de piles de post-its, que je retrouve sur le Mac, directement dans Ulysses III. Là encore il s’agit de notes succinctes, mais que je sépare volontairement des autres parce qu’elles n’ont pas le même statut dans mon organisation personnelle. J’ai vaguement essayé de me débarrasser de cette app que j’ai longtemps trouvé redondante, et puis j’ai fini par réaliser qu’elle avait une fonction bien précise et particulière. Pour moi.

*L’éditeur de piste MIDI de* GarageBand
L’éditeur de piste MIDI de GarageBand

Et pour finir GarageBand. Ici c’est bien la découverte du markdown et des apps spécialisées et épurées qui m’a poussé à redéfinir mon workflow musical.

Je ne suis que musicien amateur, mais curieux, j’ai essayé des logiciels de studio professionnels. Et plus je me perfectionnais, plus j’avais de mal à composer. Plus il me semblait difficile de commencer. Comme si j’avais perdu le sens de l’ébauche. Imaginez, écrire un livre page par page, de la première à la dernière, chaque caractère, chaque virgule, chaque point comme définitivement posés, de la première à la dernière de couverture.

Il a fallu que je retrouve la simplicité de mon premier 4-pistes à bandes pour qu’enfin je recouvre le goût et la capacité de composer. Et c’est grâce à cette simplicité et aux limites de GarageBand iOS que j’y suis parvenu. Aujourd’hui j’arrive à enregistrer toutes les mélodies qui me passent par la tête. Je peux alors y ajouter d’autres pistes mélodiques et commencer à travailler l’harmonie. La plupart du temps, j’utilise le piano, note par note. Parce que l’interface est la plus ergonomique sur ce petit écran. Parce que c’est du Midi et que je peux en un clic changer la tonalité ou le tempo. Parce que je peux aussi facilement en faire un violon ou une guitare.

J’évite toutefois d’aller trop loin dans ce travail mélodique, parce que l’instrument a un impact important sur l’élaboration de la musique. Parce qu’une mélodie ne va pas du tout se développer de la même manière selon qu’on la chante, qu’on la vibre ou qu’on la frappe.

Exactement comme pour une prise de note, il faut conserver autant que possible la spontanéité de la musique. C’est sans doute le plus difficile à maitriser, mais GarageBand y excelle, tant qu’on ne lui demande pas l’impossible.

Joneskind