Mise à jour de l’interface de Gmail ?

C’est moi qui ai des trous de mémoire, où Google a modifié l’interface de Gmail depuis hier ?

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C’est pas plus mal, d’ailleurs.

Mais peu importe.

C’est une des choses à laquelle il faut s’habituer si on choisi d’utiliser des applications en ligne: ce n’est plus nous qui décidons de mettre à jour ou de changer quoi que ce soit — c’est le proprio. Nous ne sommes que des locataires, dans l’histoire.

Franchement — je ne parle pas de ce changement en particulier, ni même de Gmail — je ne suis pas certain que ça me plaise d’être ainsi soumis aux caprices idées d’un tiers.

Même si elle me semble toujours trop radicale, je commence à mieux comprendre la position de Stallman sur le cloud computing. Mais bon, au lieu de rejeter en tas le “cloud computing” (quel nom ridicule. Il ne manque plus que des petits angelots assis sur les nuages et jouant de la Lyre), j’espère 1/ que de solutions Libres seront proposées, 2/ que les problèmes de législation et de respect de la vie privée seront débattus.

Cela dit, les applications en ligne ne font jamais que pousser un (grand) pas plus loin ce qui fait tourner le business des vendeurs de logiciels et des vendeurs de matériels: mettre à jour ou disparaître.

J’y pensai, hier soir, en travaillant sur mon vieux Vaio TX: je me demandai combien de temps j’allais encore pouvoir installer les nouvelles versions de Firefox (et de Evernote, les deux programmes que j’utilise le plus dessus) sans mettre à genoux son petit processeur ? Evernote marche très bien, mais Firefox 3 est déjà trop lourd.

Vous me direz qu’il suffit de ne pas mettre à jour. Oui, mais alors: quid des plugins dont j’ai besoin dans Firefox (ils vont continuer à évoluer et je finirai bien par devoir mettre à jour) ? Quid de l’accès aux notes dans Evernote (ils ont modifié leur format de base de données, ou je ne sais quoi, deux fois en moins d’un an. Chaque fois, il a fallu mettre à jour le logiciel) ?

Je sais que ça n’arrivera pas demain, mais — serais-je obliger de racheter un ordinateur uniquement pour avoir accès à mes données et au réseau ?

C’est à ce moment qu’on voit s’esquisser le futur dont rêvent les marchands : une informatique dans laquelle nous n’aurons plus le choix, locataires de tout (machines et logiciels et services), où nous payerons jour après jour, pour pouvoir faire quoi que ce soit. Jackpot.

Enfin, il nous reste le stylo et le papier. Et la parole est toujours gratuite. Pour le moment.

Le cochon et la caisse magique

Non, je n’ai pas trouvé une caisse magique.

“The Pig and the Box” (traduction française disponible) est un livre destiné aux jeunes enfants (pas aux adultes?) qui raconte l’histoire de Pig (c’est lui le cochon ;)) qui trouve une boîte magique. L’histoire est un prétexte pour expliquer aux enfants que partager c’est bien (DRM, je vous hais).

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The Pig and the Box, le site officiel où vous trouverez le livre électronique dans plusieurs langues, où vous pouvez acheter le livre imprimé (en anglais, y a pas d’âge pour commencer à apprendre les langues) ou encore où vous pouvez faire un don.

[Via l’inépuisable BoingBoing]

Nous sommes dans la préhistoire de l’Internet et notre société n’est guère plus que l’esquisse d’une société véritablement numérique.

Notre obstination à vouloir préserver ce qui existe déjà, nos habitudes et notre ignorance, celle qui fait du Web l’outil préféré des amateurs d’images pornographiques à consommer au fond de leur tanière, celle qui fait du Web l’outil rêvé des fascistes en herbe qui rêvent d’un monde de verre où rien ne serait dissimulé, est une menace réelle. Nous devons tout faire pour que les prochaines générations se montrent plus aptes que nous à en apprécier les possibilités, et les dangers. Non pas seulement comme un monstrueux supermarché en ligne (ou comme une télé qui n’ose pas dire son nom) où tout serait à vendre — y compris les corps et les amitiés — ou comme un outil liberticide — un Big Brother aux amphétamines — mais comme un moyen de partage, d’éducation et d’enrichissement personnel inespéré.

Si les prochaines générations agissent comme nous le faisons, la “révolution” de l’Internet finira sa carrière en invitée surprise dans des séries télé sponsrisées par des marques poudre à lessiver, ou de gadgets électroniques.

Kindle 2, pour bientôt

Selon le NY Times.

Dire que j’ai même pas encore vu le premier… Et j’en suis même pas malheureux: c’est juste que payer plus de 300$ pour pouvoir afficher des bouquins que je dois également payer, ça ne passe pas. Je préfère devenir obsolète, être un vieux con qui achète des livres en papier dont il tourne les pages à la main. C’est plus facile. Et c’est moins cher.

C’est moins cher. Et ça dure plus longtemps.

Car il y a un autre souci (que j’ai pu apprécier étant un vieux con et, malgré tout, un lecteur de livres électroniques de très longue date): la compatibilité ou, plutôt, l’absence de compatibilité. J’ai sur mon disque dur, rangés aussi soigneusement que leur cousins papier dans leurs bibliothèques Ikea, des centaines d’ebooks achetés sur Mobipocket. J’ai payé ces livres, mais je n’ai aucun moyen de les lire sur mon terminal mobile actuel (l’iPhone) car la société Mobipocket n’a toujours pas daigné sortir une version compatible de son logiciel de lecture. Et t’imagine quoi mon coco ? Que je vais tout racheter pour le lire sur le Kindle tout beau tout neuf que vend Amazon ? Ben tiens.

Aucun bouquin imprimé ne refuse d’ouvrir sa couverture quand l’envie me prend de le feuilleter, ni de me laisser tourner ses pages sous prétexte que je ne disposerais pas des droits requis ou du logiciel adéquat — une paire d’yeux, deux mains et un cerveau à peu près fonctionnel, livrés à la naissance, sont les seuls outils dont j’ai besoin.

Alors, je le dis gentiment, tant que tout ça ne sera pas clairement mis à plat — tant qu’on ne passera pas à des formats ouverts et indépendants d’une plateforme, des formats sans DRM, qui ne demandent pas mon numéro de carte bleu ou un moulage de mon rectum pour se laisser lire, tant que je ne pourrais pas prendre des notes aussi facilement et rapidement que dans les marges d’un livre, tant que je pourrais pas y charger mon journal (dans une mise en page adaptée), tant que je ne pourrais pas (me faire) prêter des livres — les liseuses électroniques, aussi hype soient-elles, elles peuvent toutes aller se faire foutre.

Oups, je suis grossier. Je te demande pardon, m’man. Et puis il est bien le Kindle. C’est un peu comme de regarder le premier Walkman de Sony, maintenant qu’on a des iPod.

Remède miracle contre les coups de blues ?

Y en a qui picolent. Y en qui se piquent. Y en a qui font du jogging ou de la boxe (j’aimais bien ça, avant: l’adversaire vous rend les coups). Y en a qui jouent aux jeux vidéo. Y en a qui font ce qu’ils veulent. Yen a même qui vont se coucher. Moi, j’écoute de la musique.

Mais quand j’ai le blues, pas un petit coup de déprime, un blues qui rend tout indifférent, même la musique ne me touche plus. Je ne suis plus qu’un bloc inerte. Alors, je bricole un ordinateur.

J’en (démonte et re)monte un du premier au dernier écrou — c’est d’ailleurs intéressant de voir la miniaturisation des outils qui suit celle des ordinateurs. Puis, je réinstalle l’OS et le configure aux petits oignons. Au fur et à mesure, je me surprends à siffloter et à sourire. Quand tout est ok, j’ai retrouvé un état normal (autant que je puisse l’être).

C’est très bête, c’est totalement inutile, mais c’est ça l’astuce: c’est bête, ça (me) vide la tête. La musique peut alors reconquérir le terrain perdu et me redonner une âme.

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L’Asus et Ubuntu viennent d’ailleurs de laisser la place à Woody Guthrie. Ce ne serait pas mal de le faire suivre par Dylan 🙂