Incarnations of Burned Children

The Daddy was around the side of the house hanging a door for the tenant when he heard the child’s screams and the Mommy’s voice gone high between them. He could move fast, and the back porch gave onto the kitchen, and before the screen door had banged shut behind him the Daddy had taken the scene in whole (…)

Avec un souci maniaque du détail et une mécanique si parfaite qu’elle ferait rougir le meilleur horloger Suisse, sans pourtant jamais se dresser entre nous et ce qui se passe (ce serait trop beau !), Wallace nous entraîne à la suite du père dans un sprint de deux ou trois pages, ne nous libérant qu’après nous avoir fait vivre le drame. On reste là, la gorge nouée et les poings serrés, pantelant comme cette porte mal fixée.

On pourrait discuter du texte, chercher un sens plus profond que l’horreur et la douleur, la souffrance, et les cris et les remords. Mais tout est peut-être déjà dit dans le titre du recueil lui-même, “Oblivion” : oublier, ou crever. Tout le reste, c’est le talent de David Foster Wallace.

“Incarnations of Burned Children” (Oblivion) est également disponible en ligne, sur Esquire.

Trois notes de musique, une question con et mon impitoyable vengeance

Il y a une bonne raison qui fait que les classiques, justement, deviennent des classiques: on ne peut plus les lâcher une fois qu’on y a goûté, même si parfois il faut y goûter à plusieurs reprises avant de les apprécier, on se demande ensuite comment on faisait pour vivre sans. Ca marche, quoi. 

Par exemple le Blue rondo à la turk ou Bowie que j’écoutai, avec quelques extraits de La passion selon Saint Mathieu (toujours aussi sublime, 25 ans après l’avoir entendue pour la première fois, sur une cassette mal copiée 1), durant la petite promenade que je viens de terminer.

Les classiques, ça marche ou, du moins, ça me fait marcher d’un pas un peu plus léger dans les rues animées de Paris, alors que la lumière du jour termine de se dissoudre dans ce qui n’est pas encore la nuit. C’est un très beau moment, tellement bref qu’on peut ne pas le remarquer et que j’avais oublier d’apprécier depuis trop longtemps.

Bercé de bonne musique, je ne pensai à rien, goûtant une paix inhabituelle quoiqu’un un peu amère — ne pas être rongé de soucis et de doutes, me surprendre, presque, à croire que je ne suis pas entièrement un raté —, et une question idiote me trottai dans la tête: les musiques qui comptent pour nous, sont-elles toujours associées à des évènements (mal)heureux ? Malheureux, en ce qui me concerne: j’aime beaucoup la musique, et si tous les morceaux n’évoquent pas des moments de tristesse, aucun ne me rappelle un bon moment. C’est la musique qui est heureuse, et c’est elle qui rend les mauvais moments supportables.

Et vous ?

Oh, pendant cette balade, j’ai également réfléchi à mon problème avec Sigma Chess, et j’ai trouvé la solution: lorsque la prochaine partie sera presque perdue, j’échangerai nos deux jeux. Ca devrait me laisser une chance, ça où renverser ma tasse de thé sur le Mac…

(1): Coucou, Hadopi. Comment ça va chez toi ?

Game Over

Sigma Chess m’a encore collé une raclée… Je sais pas, mais je trouve qu’il lui manque ce petit côté humoristique que j’aime tant chez Fritz… quand lui aussi m’atomise. 

Bon, sur cet amer constat, je vais faire un petit tour sous le ciel gris et humide de Paris, le temps de ruminer là-dessus et de trouver un moyen de lui rendre la monnaie de sa pièce, un jour ^_^

Patapouf et son arrêt maladie sont dans un bateau

Il me reste 3 jours (et un contrôle médical, demandé par la caisse d’assurance maladie) avant d’arriver au terme de mon arrêt de travail. Ca fait donc neuf jours (WE compris) que je suis au repos, tel un sale parasite qui profite sans honte de la générosité de la société… du moins, si je me fie au ton incroyablement chaleureux de ma “convocation” à ce fameux contrôle médical, cet après-midi. Au moins, j’échappe aux menottes… pour l’instant, car qui sait ce qui m’arrivera si cet arrêt est prolongé par mon docteur? Bref.

Il s’est passé un truc étonnant durant ces neuf jours: en plus de réapprendre à dormir plus de 4h par nuit, j’ai maigri de… 2,6kilos. 

DEUX KILOS ET SIX CENT GRAMMES ! 

Je ne vous donne pas les chiffres (on a la pudeur qu’on peut), mais voici une belle courbe qui s’effondre :

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(Les points blancs sont mon poids mesuré chaque jour, la ligne rouge est la “courbe de tendance” de mon poids et la ligne pointillée jaune, la courbe que je dois suivre pour arriver à un poids X).

Pas de panique, ma rotondité est telle que je reste largement digne de figurer dans la catégorie des gros patapoufs (comme on disait de mon jeune temps), ou dans celle des gros porcs (comme dirait la nouvelle génération, si primaire entière dans ses dégoûts). Et, oui, je suis très conscient que les premiers kilos sont toujours les plus faciles à perdre dans un régime. Sauf que je n’ai pas “fait régime”: j’ai maigri.

On ne m’a pas enlevé un bras (ni le cerveau, ou alors il y a longtemps): j’ai moins mangé, parce que j’avais moins envie de manger, et en prenant le temps. J’ai mieux mangé. Je n’ai (presque) pas grignoté car je n’en ressentais pas le besoin. Et, surtout, je me suis reposé et détendu. 

Depuis des années, la bouffe c’est un des seuls moments où je me détend dans la journée (pas de téléphone, pas d’emails, pas de tchat, juste moi et la bouffe, dans un tête-à-tête festif). Autant dire que j’aime bien manger, et que j’ai du mal de résister au grignotage ! Pourtant, dès la première journée de repos, je me suis surpris à ne pas me jeter sur la nourriture, à préférer faire autre chose (lire, marcher,… dormir). Respirer. 

Et c’est sans y croire que j’ai vu mon poids changer, jour après jour.

Maigrir parce que l’on respire enfin tranquillement, ça fait réfléchir. Réfléchir aux choix qui ont été faits, aux priorités que l’on s’est données. Aux domaines dans lesquels on a investi son énergie,… Bref, ça soulève des interrogations.

C’est pas plus mal: à presque 40 ans, il est encore temps de prendre conscience de ce genre de problèmes et de corriger le tir.

L’un dans l’autre, être malade peut avoir des effets positifs inattendu…

Edit, après le RDV: j’ai le plaisir de vous annoncer que, selon toute apparence, je ne suis pas un fraudeur 😉

En fait, je dois même reconnaître que ce fut l’occasion d’une discussion instructive avec le(la) docteur (doctoresse?). Comme quoi, les a priori sont toujours néfastes, même les nôtres. Mais, bon dieu, qu’est-ce qu’il faisait chaud dans leurs bureaux !