Apple, c’est le mal

Et les fans de Apple doivent être des salauds qui profitent de la misère des ouvriers chinois. C’est, en gros, ce que je comprends de cette illustration :

Troll.png
Think Different

C’est vrai que les Mac sont (presque) tous made in China. Or, on sait ce que ça veut dire pour les ouvriers de bosser en Chine. Donc, pleurer sur le départ de Steve Jobs c’est dégueulasse, nous ferions mieux de pleurer sur le sort des ouvriers.

Soit. Mais peut-on, un instant, mettre le film sur Pause ? J’essaye d’imaginer la scène : notre ami, énervé par Apple, en train de mettre la dernière touche à son photomontage en cliquant fébrilement ici et là avec sa souris (made in où ?), assis devant son écran (made in où ?) et son clavier (made in où ?), le tout branché sur un PC (ce n’est qu’une hypothèse — made in où ?). Puis, une fois satisfait de son montage ô combien critique (si si), le publiant sur Blogger (on appréciera le choix de Google comme plateforme de publication), en utilisant un modem (made in où ?) pour se connecter à Internet et la déposer sur un serveur (made in où ?) pour le rendre accessible à tous ses lecteurs, derrières leurs ordinateurs qui, toutes marques confondues, sont made in où ?

Oui, je vois bien à présent : cela change tout d’utiliser un PC au lieu d’un Mac.

Mais j’utilise un logiciel Libre pour faire mon montage (Gimp ou un autre), et je travaille sur un système d’exploitation Libre (Ubuntu ou un autre GNU/Linux) me répondra peut-être notre ami ? Là encore, je comprends mieux : c’est sûr que de savoir ça doit grandement contribuer à améliorer le moral des ouvriers chinois qui fabriquent les composants de son PC, sur à peu près les mêmes chaînes que celles où ils fabriquent les composants des Mac.

Je me demande si, le soir, notre ami regarde parfois la TV (made in où ?) ou s’il écoute la radio (made in où ?) ? Et ses chaussures, son jeans, son t-shirt, ils sont made in où ?

Je rêve du jour où le consommateur rendra au citoyen la place qu’il a usurpée. Mais je ne pense pas que désigner une marque, ou un groupe de consommateurs, comme étant le mal soit la bonne façon de faire.

Sur le même sujet (mais sans le troll) : L’iPad, au-delà de la chasse aux sorcières

Cher journal

Pour changer, je vais publier sur le blog une entrée de mon journal personnel, celui que je tiens depuis que j’ai 16 ou 17 ans.

Ça pourrait commencer par “Cher journal, ce matin [nom d’une jeune femme] m’a souri pour la première fois. C’était comme si le soleil se levait une seconde fois“. Sauf que non, mon journal est moins romantique que ça, surtout ce matin. C’est d’ailleurs l’entrée de ce matin que je vous propose de lire. Je l’ai rédigée en deux fois, la première après avoir tranquillement pris le petit déjeuner et siroté mes trois tasses de café habituelles tout en discutant de tout et de rien avec ma tendre et douce. La seconde, après avoir découvert la catastrophe :

9h35
Plus de pain. J’ai horreur de ça. Le pain c’est vital, il est interdit d’en manquer et c’est ma faute : je ne suis pas allé faire les courses, trop mal au dos. Sinon, j’ai bien avancé hier sur le prochain manuel (bien que je sois encore en vacances et cassé en deux, on devrait m’ériger une statue). Il y a eu un très gros orage cette nuit vers 5h du matin. Il a fallu tout fermer pour ne pas être inondé. Sandra m’a parlé de son nouveau programme, je n’ai rien compris… comme chaque fois. Ma crise de sciatique semble s’estomper. Joie.

10h
Je viens de comprendre pourquoi je ne trouvais plus le Mac et le bouquin que je cherche depuis ce matin. Ils sont restés dehors. Toute la nuit. Sous l’orage. Ils étaient trempés, comme tout le reste. Quand je pense que je me suis levé en pleine nuit pour fermer les fenêtres parce qu’il pleuvait à l’intérieur… Ça m’apprendra à laisser traîner mes affaires, maman avait raison. Ils baignaient dans une véritable marre. J’ai pas eu le coeur de prendre une photo.

Pourtant, le Mac semble avoir moins souffert (pas du tout ? J’ai du mal à y croire) que le bouquin qui, lui, s’est transformé en véritable éponge (le mauvais papier des paperbacks US…) : ce ne sont plus des pages, mais de la pulpe gluante, sa forme n’a plus rien de celle d’un livre ou alors un livre qui aurait le premier rôle dans une histoire d’horreur, avide de dévorer les doigts qui oserait le toucher. Il dégoulinait, tout tremblottant comme de la gelée. Je ne peux pas m’empêcher de penser aux murs dans l’Amontillado de Poe. Brrrrr. Le Mac, lui, marche impeccablement après avoir été essuyé. Sa coque l’a bien protégé, je n’en reviens pas. Pourtant, il ruisselait. J’étais certain qu’il était fichu.

Tant mieux. Mais je suis bien embêté pour le bouquin : j’avais prévu de le finir aujourd’hui. Si je n’arrive pas à sécher et décoller ses pages, il faudra en commander un autre. Fais chier.

Y a des matins, comme ça, où on est bien obligé de croire aux miracles. Parce que si j’avais dû parier sur ses chances de survie, comme je l’ai fait en ouvrant la porte qui donne sur le balcon j’aurais donné zéro chance au Mac… N’empêche, je suis vraiment emmerdé pour le livre : j’espérai vraiment le finir ce matin.

Pendant que j’écris ça, Sandra continue de jouer du sèche-cheveux pour le sécher : le livre à déjà repris une forme presque normale…

Ce n’est pas juste une démission

La démission de Steve Jobs est, au sens strict, (le début de) la fin d’une ère : un des hommes qui a le plus contribué à façonner notre informatique laisse la barre à un autre. Prendre la suite de Steve Jobs est plus qu’un défi : c’est l’obligation de définir de nouveaux objectifs, non seulement en tant que CEO (personne ne peut le remplacer) mais aussi pour l’entreprise, pour Apple elle-même. C’est inévitable si Apple ne veut pas aller droit dans le mur en essayant de faire “du Steve Jobs”, sans Steve.

C’est forcément une nouvelle ère qui commence : il est fini le temps où on lançait son entreprise au fond d’un garage et où, avec l’autre Steve, l’on fabriquait un ordinateur qui allait changer le monde, avec quelques planches, un fer à souder et tellement de génie.

À moyen terme, pour moi, la question la plus intéressante est de savoir si les pointures qui bossent chez Apple, et qui font son succès, vont y rester : car il faut sans doute rien moins que la poigne et l’intelligence de Steve Jobs pour réussir à faire bosser ensemble des personnalités aussi brillantes sans que tout explose…

Repose-toi bien Steve. Même si je te cacherais pas que je me sens tout bizarre de te voir partir, bien plus triste que ça même.

Stay foolish

Steve Jobs démissionne

Comme le dit Grubber, ce n’est pas comme si c’était une surprise. Mais c’est quand même un sacré choc.

Le remplacer est probablement le plus grand défi que Apple devra jamais affronter en tant qu’entreprise. D’autant plus qu’après avoir presque fait faillite il n’y a pas si longtemps que ça, elle sait à quel point Steve Jobs est essentiel. Je suis curieux et impatient de voir ce qui est à venir.

Dans les archives : Pourquoi Apple est-elle Apple ?

Pilote, gentil pilote dis-moi qui tu es

Installer Windows sur un PC implique, aujourd’hui encore, de télécharger manuellement des pilotes sur le site du fabricant du PC. Pourquoi pas ? Mettre l’utilisateur au service de la machine, c’est carrément révolutionnaire. Et ce n’est pas comme si nous avions plus intéressant à faire que télécharger des fichiers pour que Windows veuille bien fonctionner correctement…

Et ils ont tellement peur qu’on s’ennuie, sur leur PC, qu’ils même ont inventé un nouveau jeu, pour après l’interminable téléchargement. Ça s’appelle, devine quel pilote je suis :

Pilotes.png
Jajaja. Ich habla keine Klingon. Gavarit pa Fransk ?

Sur le même sujet (Windows est rigolo) :