Cher journal

Pour changer, je vais publier sur le blog une entrée de mon journal personnel, celui que je tiens depuis que j’ai 16 ou 17 ans.

Ça pourrait commencer par “Cher journal, ce matin [nom d’une jeune femme] m’a souri pour la première fois. C’était comme si le soleil se levait une seconde fois“. Sauf que non, mon journal est moins romantique que ça, surtout ce matin. C’est d’ailleurs l’entrée de ce matin que je vous propose de lire. Je l’ai rédigée en deux fois, la première après avoir tranquillement pris le petit déjeuner et siroté mes trois tasses de café habituelles tout en discutant de tout et de rien avec ma tendre et douce. La seconde, après avoir découvert la catastrophe :

9h35
Plus de pain. J’ai horreur de ça. Le pain c’est vital, il est interdit d’en manquer et c’est ma faute : je ne suis pas allé faire les courses, trop mal au dos. Sinon, j’ai bien avancé hier sur le prochain manuel (bien que je sois encore en vacances et cassé en deux, on devrait m’ériger une statue). Il y a eu un très gros orage cette nuit vers 5h du matin. Il a fallu tout fermer pour ne pas être inondé. Sandra m’a parlé de son nouveau programme, je n’ai rien compris… comme chaque fois. Ma crise de sciatique semble s’estomper. Joie.

10h
Je viens de comprendre pourquoi je ne trouvais plus le Mac et le bouquin que je cherche depuis ce matin. Ils sont restés dehors. Toute la nuit. Sous l’orage. Ils étaient trempés, comme tout le reste. Quand je pense que je me suis levé en pleine nuit pour fermer les fenêtres parce qu’il pleuvait à l’intérieur… Ça m’apprendra à laisser traîner mes affaires, maman avait raison. Ils baignaient dans une véritable marre. J’ai pas eu le coeur de prendre une photo.

Pourtant, le Mac semble avoir moins souffert (pas du tout ? J’ai du mal à y croire) que le bouquin qui, lui, s’est transformé en véritable éponge (le mauvais papier des paperbacks US…) : ce ne sont plus des pages, mais de la pulpe gluante, sa forme n’a plus rien de celle d’un livre ou alors un livre qui aurait le premier rôle dans une histoire d’horreur, avide de dévorer les doigts qui oserait le toucher. Il dégoulinait, tout tremblottant comme de la gelée. Je ne peux pas m’empêcher de penser aux murs dans l’Amontillado de Poe. Brrrrr. Le Mac, lui, marche impeccablement après avoir été essuyé. Sa coque l’a bien protégé, je n’en reviens pas. Pourtant, il ruisselait. J’étais certain qu’il était fichu.

Tant mieux. Mais je suis bien embêté pour le bouquin : j’avais prévu de le finir aujourd’hui. Si je n’arrive pas à sécher et décoller ses pages, il faudra en commander un autre. Fais chier.

Y a des matins, comme ça, où on est bien obligé de croire aux miracles. Parce que si j’avais dû parier sur ses chances de survie, comme je l’ai fait en ouvrant la porte qui donne sur le balcon j’aurais donné zéro chance au Mac… N’empêche, je suis vraiment emmerdé pour le livre : j’espérai vraiment le finir ce matin.

Pendant que j’écris ça, Sandra continue de jouer du sèche-cheveux pour le sécher : le livre à déjà repris une forme presque normale…

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