All your base are belong to us

Standard and Poor’s dégrade la notation de l’Italie. C’est un titre, un fait rapporté ce matin par Libé (et pas mal d’autres) :

Italie.png
Libération

Ce qui me navre avec ce titre (et les centaines d’autres lus/vus/entendus ailleurs, pour la Grèce ou les banques françaises avant ça), c’est qu’il ne s’intéresse pas au fait véritablement significatif de toute cette histoire.

On s’en fiche que l’Italie, en tant qu’entité économique ou financière, soit un placement plus ou moins apprécié par les spéculateurs (et par les agences chargées de le conseiller aux investisseurs). C’est comme ça que ça marche, la spéculation : on estime la rentabilité d’un placement avant d’y placer son argent, on essaye de savoir si ça va/peut encore baisser avant d’acheter (quitte, pour certains, à pousser à la baisse en laissant courir des rumeurs), on estime ensuite si ça peut encore monter (jusque quand) avant de liquider et de ramasser sa mise avec un profit substantiel. C’est, très modestement, ce que j’essaye de faire quand je place un peu d’argent en bourse et je n’ai aucun souci avec ça (je ne compte pas sur mes cotisations actuelles pour me payer une retraite, voyez-vous).

Le fait qu’un placement soit dégradé, ça ne mérite pas de faire la une d’aucun journal, ou alors seulement des journaux économiques.

Par contre, le fait qu’un pays soit considéré un placement parmi d’autres, soumis à la spéculation des marchés… ça devrait faire les gros titres, partout. Et soulever pas mal de questions.

J’aimerais avoir des explications des spécialistes, savoir qui a décidé qu’une Nation souveraine (j’insiste sur le N majuscule) allait être soumise à la même balance qu’une banque, qu’une usine de voitures ou que l’épicier du coin de la rue quand un banquier calcule le risque qu’il y a lui prêter de l’argent.

Quand a-t-il été décidé qu’une Nation n’était plus le dépositaire ultime de tout pouvoir (nous visons en démocratie, non ?) et de toute richesse (la monnaie est-elle autre chose que la manifestation du pouvoir d’une Nation ?1).

D’où tire sa légitimité ce pouvoir privé autoproclamé, qui ne rend de compte qu’à lui-même, et qui prétend se hisser au même niveau que le pouvoir public, ou même se placer au-dessus et avoir le droit de considérer une Nation comme n’importe quel autre placement privé ?

Ha oui, je sais : ça s’appelle le libéralisme. Laisser le marcher se réguler sans intervention… Parce que le marché sait ce qui est bon pour lui. On a tous signé, mais on a oublié de lire les petits caractères en bas du contrat, ceux qui disent : “afin de pouvoir s’autoréguler sans cesser de croître, le marché proclame sa totale indépendance en regard de tout autre pouvoir et ne reconnaît que sa propre loi : aucune autre loi, aucune représentativité démocratique, aucune déclaration, aucune constitution ne pouvant contraindre la spéculation en aucune façon. Le marché s’arroge également le droit de s’approprier toute forme de pouvoir et d’autorité qu’il jugera utile afin de se maintenir et se renforcer. Le marché est l’alpha et l’oméga.”

Naïf Inside © ® 😉


1/ de ce point de vue, les quelques essais de créer des monnaies virtuelles ou privées/locales sont quelque chose de passionnant à observer.

Crack boum hue

Earth

Non, ce n’est pas une planète qui exploserait ou dont la surface serait la proie de terribles éruptions ou d’incendies monstrueux. C’est une zone urbaine quelque part sur Terre, vue de nuit depuis la station spatiale Internationale.

La vidéo sur Youtube, via Kottke.

Travailler debout, la suite

Vous vous souvenez peut-être de mon expérience à ce sujet ?

Alors, ça donne quoi après 3 ou 4 mois ? Trop fatiguant pour les jambes et les pieds, et même pour le dos : j’ai à moitié laissé tomber. À moitié, car si j’ai reconfiguré mon bureau comme un bureau assis tout ce qu’il y a de classique, je me suis aussi créé un petit coin pour travailler debout, ponctuellement :

Getupstandup

Cela fait presque un mois que j’ai adopté ce système — c’est trop peu de temps pour dire que c’est génial, mais c’est assez pour dire que je n’ai plus mal au dos (et au ventre) de rester trop longtemps en position assise et que je n’ai plus mal aux jambes/pieds de rester trop longtemps debout. Le MacBook Pro (15 pouces, Corei7 avec écran mat HD, acheté d’occasion… avant-hier) remplace avantageusement le petit écran du MacBook Air 11″ que j’utilisais jusqu’alors. Il est posé sur une planche (de bibliothèque Ikea, posée sur deux classeurs en métal) qui le met à hauteur des yeux, idéal. Ça n’en a pas forcément l’air, mais c’est très stable.

Le dossier du fauteuil — dont vous voyez le bras couvert d’un drap en bas à droite de l’image — pouvant servir de tabouret “debout” (ça s’appelle comment un tabouret sur lequel on ne fait que poser les fesses sans vraiment s’assoir ?), quand je n’ai pas envie de retourner m’assoir au bureau.

Lorsque je bosse assis, j’ai également pris l’habitude de me lever régulièrement de ma chaise pour marcher, soit pendant que je passe des coups de fil, soit en ne faisant rien — enfin si, un break — que marcher et, soyons optimistes, réfléchir.

Sans le savoir, je mets en oeuvre quelques-uns des conseils des experts de la Cornell University (via Daring Fireball) :

Sit to do computer work. Sit using a height-adjustable, downward titling keyboard tray for the best work posture, then every 20 minutes stand for 2 minutes AND MOVE. The absolute time isn’t critical but about every 20-30 minutes take a posture break and move for a couple of minutes. Simply standing is insufficient. Movement is important to get blood circulation through the muscles.

Heinlein encule Hadopi (et ses petites copines les lois scélérates)

[le juge, a l’avocat :] Dans ce pays, certains groupes ont fini par se persuader qu’il suffisait qu’un homme ou une entreprise ait réalisé des bénéfices auprès du public durant un grand nombre d’années pour que le gouvernement et les tribunaux se chargent de leur garantir la permanence de ces profits dans l’avenir quels que soient les changements intervenus dans la situation générale et sans tenir compte de l’intérêt de la population. Cette curieuse doctrine ne s’appuie sur aucun statut ni aucune loi. Aucun individu, aucune société n’a le droit d’introduire une instance auprès d’un tribunal et d’exiger que l’on arrête le cours de l’histoire en faveur de son intérêt particulier.

(Robert Heinlein, Histoire du futur, tome 1. PP 41-42 de l’édition Folio)

Il a écrit ça entre 1939 et 1950…

Curio, le sous-main numérique

Je n’ai pas parlé de Curio depuis (très) longtemps… parce que je ne l’utilisais plus. Voilà, c’est dit.

Ce WE, j’ai testé la version 7.4 et ai immédiatement payé pour mettre ma version à jour. À l’occasion, je vous parlerai plus en détail de Curio. En attendant, voici un screenshot de mon “nouveau” bureau :

Curio
C’est Curio, affiché en mode de plein écran, toutes barres d’outils masquées. Du texte et des images déposées en vrac dessus.

Grâce à lui, le Bureau de l’ordinateur devient enfin ce qu’il aurait toujours dû être : un espace de stockage provisoire et un espace de prise de notes. Un sous main, quoi. Et un sous-main infini puisqu’il suffit de scroller à droite ou en bas pour que la feuille s’agrandisse.

Pour apprécier la différence, voici le même Curio, affiché en mode normal, avec toutes ses fenêtres et barres de menus. La colonne de gauche contient toutes mes “feuilles”, assez judicieusement nommées “idea space” dans Curio :

079.png
Ce sont les toutes premières recherches et notes pour une nouvelle histoire de SF, avec Mark Twain et Nikola Tesla dans les rôles principaux. Ici, les notes pour la boutique d’antiquités/vieilleries où se déroulera la fin 8)

Une feuille peut contenir du texte, des images, des dessins, de l’audio, de la vidéo, des pièces jointes, etc. Curio est beaucoup plus que le sous-main dont je vous parle : prise de notes, mindmapping léger, prise de notes, gestion de tâches, véritable classeur, compatibilité avec Evernote, etc. En fait, il est probablement trop de choses à mon goût, mais peu importe : le fait de pouvoir le réduire à quelque chose qui correspond à mes besoins, plus la possibilité d’exporter mes notes dans de multiples formats, le rend vraiment séduisant.

080.png

L’avoir en permanence ouvert à l’arrière-plan, c’est-à-dire pouvoir écrire tout en lisant mes notes c’est le pied :

077.png
Ici, Scrivener en mode plein écran (dans lequel j’écris mon histoire) et ma “feuille” de notes Curio visible à l’arrière-plan, comme un bête (et génial à la fois) sous-main.

Au fond, Curio c’est (l’excellent) OneNote, de Microsoft, en mieux et sur Mac OS X.

Et puis, comment ne pas apprécier une app dont l’icône est un Filofax “like” ?

Curio Icon

Curio est proposé en trois versions : Core, Standard et Pro. J’ai opté pour la version Standard (après avoir utilisé quelques années la version Pro). Le prix varie de 32€ à 134€ — des tarifs éducation et de mise à jour sont également proposés. Version d’essai téléchargeable.