Le meilleur éditeur de texte pour écrire en Markdown ?

C’est celui qui vous convient.

Je sais, la réponse qui fait flop. Et pourtant…

On me pose régulièrement la question, je renvoie chaque fois à ce que j’ai déjà écrit ou aux tests que Jean-Christophe publie régulièrement (il couvre aussi pas mal le rayon iPad).

Vous n’avez pas besoin de TextMate, ni de Notational Velocity, ni de ByWord, ni de Scrivener, ni de [ici, nom d’une app à la mode]. Vous n’avez pas besoin de styles, ni d’un million de boutons ou menus, ni de filtres d’importation ou d’exportation. Vous avez besoin d’un outil dans lequel vous pouvez taper du texte en toute confiance et, il n’y a aucun mal à ça, d’un outil dans lequel vous êtes heureux de travailler — qui a décrété qu’écrire devait se faire en tirant la gueule jusque par terre ?

N’importe quoi conviendra. Même Word. Mais, avant de dépenser votre argent, essayez TextEdit, le petit éditeur installé avec OS X (voyez plus bas pour Windows et GNU/Linux) : il ne plante pas, il est léger et il permet de taper du texte au kilomètre sans jamais ralentir.

Vous pouvez y écrire une liste de courses, une lettre à un ami, un article, un pamphlet, un poème, le numéro de téléphone de Jodie Foster, une nouvelle, les brouillons de vos tweets, une pièce de théâtre, une thèse de doctorat, y coller l’URL d’un site de cul, ou même écrire un roman. Et vous pouvez y écrire en Markdown si ça vous chante.

Markdown ne requiert aucun outil spécial, juste de quoi de taper du texte et de l’enregistrer au format TXT. Pour forcer TextEdit à enregistrer en TXT, modifiez un réglage dans ses Préférences, comme ceci :

TXT TextEdit

Bien entendu, il existe des applications particulièrement bien adaptées à Markdown — ce n’est un secret pour personne, j’écris pour l’essentiel dans TextMate ou dans Notational Velocity (dans la version nvALT) ou encore dans ByWord, lorsque je souhaite m’isoler de tout. Mais c’est juste du mieux. Un mieux qui n’est pas forcément celui dont vous avez besoin.

Je ne peux pas vous dire quel éditeur choisir, mais je peux vous donner mon avis sur la façon de le choisir : le meilleur éditeur est celui qui génère le moins de frictions entre l’envie d’écrire et avoir écrit — trop d’options, une application trop complexe c’est courir le risque de passer votre temps à jouer avec les différents réglages plutôt que d’écrire.

Et sous GNU/Linux ?

Gedit, sans hésiter.

Et sous Windows ?

J’aurais aimé dire le Bloc-notes, installé avec Windows. Hélas, cette andouille ne supporte pas l’UTF-8, contrairement à n’importe quel autre éditeur de texte “moderne”.

Deux excellentes alternatives gratuites (et compatibles avec UTF-8) : Notepad2 et Notepad++.

Hölderlin and Version Control

Hölderlin’s first drafts were usually written on the right half of the right page in a folio sized notebook (Heft). He left the back of this page empty, so he could use the left part of the page and the back side of the previous page for revisions and reformulations. He thus always had three times the space for later work than he used for the first draft.

Hölderlin and Version Control

Je ne suis pas Hölderlin, mais je travaille encore de cette façon quand j’utilise un carnet pour prendre autre chose que de courtes notes : j’écris sur la page de droite, tout en laissant une marge généreuse pour faire des corrections et des commentaires, et je laisse la page de gauche vierge, pour les révisions. (En plus de ça, j’utilise des carnets Atoma ou un Filofax, dans lesquels on peut ajouter des feuilles, selon les besoins.)

Ce n’est pas quelque chose que l’on m’a enseigné en classe — Dommage. Je l’ai appris sur le tas, en réalisant à quel point il était difficile de faire des modifications dans un manuscrit si l’on n’avait pas réservé de la place à cet effet dès le départ. Je crois que l’idée d’écrire uniquement sur la page de droite je l’avais piquée à Virginia Woolf, mais je ne pourrais pas le jurer.

Même chose sur l’ordinateur où j’utilise un système de contrôle de version (Mercurial, si je travaille seul, Git si je travaille avec quelqu’un qui préfère ce dernier). C’est un outil austère — il est carrément moche affiché dans la fenêtre du Terminal et pas convivial pour un sou — mais il est 100% fiable et multiplateforme : je peux bosser sur le Mac ou sur le PC Ubuntu ou même sur Windows, avec exactement le même système, et centraliser les modifications en un seul tronc, facile à suivre pour retrouver n’importe quelle version.

Mercurial

Versions, l’outil de contrôle de versions intégré à OS X Lion, est un pas dans la bonne direction, mais il ne fonctionne que sur Mac et sur un seul Mac (impossible de travailler sur le même fichier sur deux ordinateurs et de rassembler les versions par la suite), il ne permet pas d’ajouter des commentaires aux versions (pourtant bien pratiques pour repérer facilement des changements importants et des versions spécifiques d’un manuscrit), il est aussi limité pour la comparaison de longs documents (il ne dispose d’aucun indicateur visuel pour marquer les ajouts ou les suppressions), ou pour choisir finement quelles modifications accepter et lesquelles rejeter. Bref, il est encore jeune.

Interlude…

Mon deuxième prénom, c’est girouette : changement de programme, contrairement à ce que j’ai annoncé le blog restera ouvert cette semaine.

Désolé pour le va-et-vient, mais les choses sont assez floues depuis un moment. Cela devrait s’arranger bientôt, d’une façon ou d’une autre 😉

Passez un bon WE.

Un brouillon de Stephen King à dévorer

The Cannibals est la seconde tentative de King d’écrire une histoire qui finira par donner Under the Dome. Le PDF de ce manuscrit1 qu’il croyait perdu est téléchargeable sur son site : The Cannibals

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Cool. On a presque l’impression de se pencher par-dessus l’épaule de King pendant qu’il travaille. Mais je vous laisse, il faut que j’aille préparer un thermos de thé bien chaud pour Stephen 😉


1: Oui oui, je sais on dit “tapuscrit”. Mais bon, hein.

Hadopi, le Monde t’aime !

On cambriole allégrement sur le Net, comme si cet espace-là, celui de l’accès universel de tous à tout, royaume absolu de la gratuité, permettait de faire fi de la propriété intellectuelle. (…)

On peut aussi soupçonner que nombre des cyberpirates ayant reçu un avertissement ont changé d’adresse IP et continué à télécharger – à piller – en paix.

(…)

Les technolâtres, as du clavier et rois du téléchargement clandestin, y voient une démarche ringarde qui ne tiendrait pas compte de la singularité absolue de l’Internet. On serait en présence d’une technologie dont la nature même devrait la dispenser de toute tentative de contrôle.

Hadopi : attendre avant de cliquer “poubelle”, via @pplambert

“Cambrioler”, “piller” et “technolâtres” ?

Y a encore du boulot à faire pour sortir du moyen-âge et pour réaliser que les sorcières brûlées à l’époque n’ont jamais été des sorcières, mais les victimes d’un système borné et hostile à ce qui n’était pas (d’accord avec) lui…

En parlant de sorcières, vous pourriez jeter un oeil ici : L’iPad, au-delà de la chasse aux sorcières.