When International Space Station Commander Barry Wilmore needed a wrench, NASA knew just what to do. They “e-mailed” him one.
NASA 3D Ressources, via @ESA
Ulysses sur iPad
L’arrivée de Ulysses sur iPad met(tra — c’est encore une beta et tout n’est pas fonctionnel) un terme à ce qui a toujours été le plus gros problème de Ulysses, à mes yeux : n’exister que sur le Mac.

J’en ai déjà parlé. Ulysses exige de travailler d’une autre façon et c’était à la fois ce qui me séduisait le plus et ce qui me faisait le plus hésiter : pour vraiment profiter de Ulysses, il faut renoncer à accéder directement à nos fichiers, à les manipuler nous-mêmes. Il faut laisser l’application s’en charger à notre place, ou alors il faut se résoudre à ne pas exploiter à fond le potentiel de Ulysses — ce qui n’a aucun sens : à quoi bon acheter une app aussi géniale si c’est pour ne pas l’utiliser vraiment ?
Car, à l’usage, tout déléguer à Ulysses se révèle génial : il n’y a plus besoin de penser à rien, sauf à écrire. Et on le fait dans Ulysses avec une souplesse et un confort qui n’existe presque nulle part ailleurs (dans Scrivener, ou à la rigueur dans Notational Velocity). Mais avec comme conséquence de se retrouver coincé dans une seule application capable d’ouvrir nos textes — sauf à les exporter et/ou les importer ou à jouer du copier-coller… ce qui est en complète contradiction avec le choix du format TXT et de Markdown qui sont censés, justement, nous libérer de ce genre de contraintes.
Pour profiter de Ulysses, on se retrouvait donc ainsi coincé dans une application et sur le Mac. Il y a bien Daedalus Touch, sur iOS, mais — je crois avoir assez râlé à ce sujet, depuis qu’il existe — il n’offre qu’une compatibilité limitée/imparfaite avec Ulysses, et qu’un maigre subset de ses possibilités : pas de commentaires, images,… ni la même présentation du texte. Oui, j’apprécie un minimum de mise en page, que ça ne vous empêche pas de dormir.
Ulysses arrivant sur iOS règle tout ça. Bravo !
Ajoutons à cela les expérimentations de ses développeurs, avec quelques autres dont le développeur de l’excellent Marked, autour de TextBundle et cela termine de me rassurer sur la possibilité de renoncer à mes précieux fichiers traditionnels — pour tout confier à une grosse base de données, comme le dit François Bon, autre enthousiaste de Ulysses.
Depuis quelques jours que j’ai installé la beta de Ulysses sur l’iPad, j’écris indifféremment sur le Mac ou sur l’iPad. Plus exactement, j’écris de la même manière sur l’un ou l’autre. Et c’est le pied.
Je reste persuadé que Ulysses gagnerait à moins dépendre des outils de Apple. Non seulement pour la syncro (iCloud est loin d’être génial), mais aussi en offrant une option de sauvegarde qui ne soit pas dépendante des outils de versions de Apple, et qui rassure les utilisateurs amoureux des fichiers traditionnels mais, même comme ça, c’est génial et c’est… difficile d’imaginer y renoncer.

Accessoirement, Ulysses sur iPad c’est aussi la confirmation d’un choix très personnel, qui ne m’a pas valu que des amitiés : celui de ne plus m’embêter à tester tout ce qui sort, acheter chaque nouvel éditeur Markdown, pour voir s’il est intéressant ou ce qu’il offre de plus ou de mieux que tous les autres.
Je n’ai plus besoin de chercher ailleurs une solution qui réponde — presque — parfaitement à mes besoins : cette application est maintenant installée sur mon Mac et sur mon iPad.
Presque ? Oui, car je rêve toujours d’un Ulysses adapté aux blogs, ça finira bien par arriver 😉
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Radius
Radius : un des os du bras humain. C’est aussi le premier “web-livre” des éditions Walrus.

Les camarades de chez Walrus (on joue cartes sur table) m’ont gentiment permis de découvrir Radius en avant-première, il y a quelques jours de ça. Radius, comme ils disent, c’est leur “1er web-livre”.
- Un web-livre, c’est le risque d’agacer le lecteur car on doit le lire en ligne — s’il est possible de télécharger tous les “chapitres” pour les lire hors-ligne, ce n’est pas aussi simple que de télécharger un ebook classique et, surtout, cela nous prive de l’interface et du menu du site Radius qui facilitent tant l’exploration. Donc, Radius, c’est sur Internet qu’il est le plus sympa à feuilleter, et c’est dans un navigateur Web qu’on le lira sans contrainte, pas dans une liseuse.
- Un web-livre, c’est un livre à lire en ligne, mais c’est d’abord un livre, un volume, un texte. C’est-à-dire une histoire. Ce n’est pas une de ces prétentieuses guirlandes multimédias qui prétendent réinventer le livre en le maquillant sous une couche d’animations qui ne font que l’alourdir.
- Radius, c’est une histoire de SF rédigée par sept auteurs, sous la direction (?) du scénariste-en-chef, Neil Jomunsi.
Pour le lecteur, c’est un autre gros risque : suivre sept (ou huit) voix c’est risquer de ne pas en apprécier certaines et/ou de se perdre en chemin. Mais c’est aussi l’occasion d’en découvrir de nouvelles et d’aller là où on ne serait pas allé de soi-même. C’est l’occasion d’apprécier la façon dont ces auteurs travailleront ensemble — ou pas : le projet Radius permettra en effet de suivre tous les auteurs ou seulement certains… tout le temps que durera le projet. C’est-à-dire un an. - Un an. Radius est une histoire en cours. Son écriture va se dérouler sous nos yeux pendant toute une année — 12 mois ou 52 semaines, une durée qui semble plaire à Neil. Avec l’assurance de récupérer des ebooks classiques, ePub/Mobi, quand le projet arrivera à son terme.
- Le 1er web-livre. Espérons que ce ne soit pas le dernier. Cela dépendra sûrement en grande partie de l’accueil qui sera fait à celui-ci.
Inutile de préciser que ce que j’ai déjà goûté de Radius me plaît — et, oui, j’ai déjà repéré certains auteurs que j’apprécie plus que les autres. Des auteurs ou, plus justement, ne sachant pas qui se cache derrière les pseudonymes, des voix ou des styles.
Mais c’est aussi un pari qui me plaît, un pari sur la confiance et sur la curiosité du lecteur : “achetez notre livre maintenant, regardez-le évoluer sous vos yeux” — mais ce n’est pas un secret que j’apprécie ce qui (me) permet de sortir des routines de lecture.
Pour vous faire une idée du projet, une partie du livre est accessible sans inscription et gratuitement. Le reste du projet est disponible après inscription — 15€ jusqu’au 30 janvier 2015 (29€, ensuite): Radius.

Rien qu’un sushi
Re(rerere)voir ce documentaire — Jiro Dreams of Sushi — et me demander si je m’en lasserai un jour ?
La triche
C’est marrant quand, sur une recherche, Google te renvoie à la figure ta propre prose :
Si votre enfant a triché: réjouissez-vous: c’est l’indice qu’il a compris que nous visons dans un monde où il n’y a plus de place pour l’échec ou l’incertitude, où tous les moyens sont bons pour réussir. (Y compris mettre en péril la réussite de tous les autres étudiant(e)s qui passent le bac en même temps que lui).
(Moi : La triche aux examens, (2011))
(Pensée pour ma nièce qui “est” en examens, cette semaine et la prochaine.)

