C’est un peu comme une chaussette, en cuir et en plastique, hors de prix

Liseuse Kindle : 99€
Étui (avec petite loupiote) pour le Kindle : 54.9955€

Etui Kindle

Bientôt, le Kindle sera offert à l’achat de l’étui…

Son prix surréaliste ne change pas le fait que l’ajout de la petite lampe est un réel avantage (l’écran du Kindle n’étant pas rétroéclairé, comme un écran classique d’ordinateur, dans le noir on ne peut rien lire dessus). Mais à ce prix-là, mon cher Jeff, je passe mon tour et continuerai à utiliser ton très chouette Kindle tout nu.

Picsou
Crédits: Photo de Jeff Bezos, James Duncan Davidson. Photo du Kindle, Amazon. Ce superbe photomontage : moi.

Les pieds dans l’eau, et les lacets daltoniens

Petite balade sur les quais, cet après-midi. Il faisait très beau et très doux, c’est peut-être le dernier hiver avant la fin du monde mais c’était très agréable.

J’en ai profité pour m’installer sur une berge et lire quelques pages de La bête humaine, de Zola, sur le Kindle. Il y a bien 20 ans que je n’en avais pas ouvert un, je crois que j’aime toujours autant ça même si j’avais parfois le sentiment d’être noyé de détails dont je n’avais que faire (souvent, à tort).

Piedsdanseau 2

On avait les pieds dans l’eau.

Piedsdanseau

C’est en regardant les vagues s’écraser sur ce quai, au rythme des péniches et des bateaux-mouches qui passaient, que j’ai réalisé que j’avais des lacets différents à mes chaussures. Depuis trois mois, donc.

Lacets

Il m’arrive parfois d’être distrait.

Je me suis alors souvenu de tout. De la façon dont le lacet avait cassé en rue, un jour, et dont je l’avais remplacé avec le seul que j’avais pu trouver. Puis la façon dont j’avais poursuivi ma journée comme si de rien n’était et oublié de changer de lacet, une fois rentré.

Le capitaine crochet nous parle

Depuis qu’existent les scanners, le piratagela reproduction pour un coût nul de livres est une réalité. On ne le découvre pas. Mais le marché du livre électronique se développe, et avec l’apparition des liseuses, comme le Kindle d’Amazon, et le développement des tablettes électroniques comme l’iPad, le phénomène a pris de l’ampleur.

Pierre Danet (directeur innovation et technologie numérique de Hachette Livre), édité par moi. Via @phil_lambert

Je suis hostile au “piratage”, aussi bien comme auteur que comme (ex-)éditeur, si l’on entend par piratage le fait de chercher coûte que coûte un moyen de ne pas rémunérer l’auteur (et son éditeur) pour son travail. Ou si l’on estime que l’auteur n’a qu’à aller se faire foutre s’il espère vivre de sa plume. Désolé les gars, si vous faites partie des adeptes du tout gratuit : un auteur, comme vous, ça bouffe et ça doit épargner pour sa retraite et pour payer son abonnement à Internet et la pâtée pour son chat.

Mais “copier” — reproduire un objet, non pas s’en emparer et en priver son légitime propriétaire — n’a jamais signifié “pirater”. Un pirate ne copiait pas les doublons en or du galion qu’il venait d’attaquer, il s’en emparait.

Copier un fichier, ce n’est pas pirater. C’est utiliser une technologie exactement pour ce qu’elle est censée faire : une copie fidèle à 100%, reproductible à l’infini, pour un coût à peu près nul. L’imprimerie mécanique était elle-même une évolution technologique qui facilitait la reproduction (et réduisait le coût) des livres qui, avant elle, étaient copiés à la main. Et c’est cette innovation qui a donné naissance aux maisons d’édition que nous connaissons encore aujourd’hui.

L’éditeur a longtemps eu le monopole de la reproduction mécanique des livres, tout simplement parce qu’imprimer coûte très cher et demande un savoir-faire bien spécifique, ce n’est plus le cas avec les livres électroniques (il reste le savoir-faire). Livre, photo, film ou chanson ce ne sont jamais que des octets sur un disque dur, rien de plus facile à copier : Cmd+c et Cmd+v.

Il a aussi longtemps eu le monopole du contact avec les auteurs. Un autre atout. Un auteur ne pouvait exister que publié. Publier, ça voulait dire être accepté chez un éditeur. Là aussi, Internet a tout bouleversé.

Si la reproduction du texte n’est plus son apanage et si la relation à l’auteur n’est plus son monopole, c’est à l’éditeur de trouver à quoi il peut servir aujourd’hui. Ce n’est pas à la technologie d’arrêter de progresser, ni aux auteurs ou aux lecteurs de s’en priver. C’est à l’éditeur de changer.

Après tout, numérique ou pas, un texte médiocre reste un texte médiocre. Je connais peu de lecteurs (plus que ce que j’imaginais, cela dit) qui aiment lire un mauvais bouquin. N’est-ce pas aussi un rôle essentiel de l’éditeur… peut-être un peu oublié ?

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Sur un autre registre, cela me rappelle une certaine personne que je ne nommerai pas, qui travaille chez tel éditeur, qui publiquement râle sur les lecteurs qui scannent leurs publications pour les diffuser sur le Web et qui, ainsi, “volent les auteurs, et l’éditeur en les privant de leurs revenus légitimes”. Cette même personne qui utilise des copies “pirates” de InDesign, Photoshop et Illustrator pour préparer lesdites publications… Vouloir bénéficier des avantages d’une technologie, pour soi, mais en priver les autres ? Va comprendre.