Mise à jour vers Windows 8

Avec la sortie de Windows 8, Microsoft fait un réel effort dans le bon sens en proposant, pour un temps limité (jusqu’au 31 janvier 2013), la mise à jour vers Windows 8 Pro à 29.99€, en téléchargement (pour la version boite, comptez 59,99€). C’est plus cher que OS X Mountain Lion, mais ce tarif est valable aussi bien depuis Windows 7 que Vista et… XP. Chapeau.

Du coup, je l’ai acheté… Bref, si le tarif est séduisant, je suis surpris par les performances des serveurs de téléchargement :

patience
Près de 8 heures, juste pour télécharger l’installateur ? Heureusement que je suis pas pressé…

Pour l’instant, une seule machine passe sous Windows 8 (le ThinkPad). Avant de mettre à jour les Mac, j’attendrai qu’Apple supporte officiellement Windows 8 dans Bootcamp… Surtout, je compte prendre le temps de bien le tester sur le PC, histoire de voir si les nouveautés valent réellement la peine de m’emmerder avec une mise à jour d’un Windows 7 qui fonctionne plutôt bien.

Rayons cosmiques, Platon, Avatar et DIY

 

Space is a desert unlike anything encountered on Earth. The human body is not configured to be able to survive in the cold, dark vacuum of this unearthly realm; creatures of this planet were never meant to go into space. We can only go there if we make machines to take and provide us with all the necessary things our bodies need to stay alive.
To survive and thrive in this machine-dominated environment, we need to know how those machines work and how to maintain them. This takes a strong background in technical subjects—mathematics, science, and engineering. These subjects are interesting, and for many people, mostly fun. But they can be difficult to master.
The theoretical basis for our machines must be understood, but we must also have the practical hands-on mechanical-electrical skills needed to keep them running and fix them when they break down.

Don Pettit: Flashes of Reality

Ce qui pourrait se traduire :

L’espace est un désert sans équivalent sur Terre. Le corps humain n’est pas configuré pour pouvoir survivre dans le sombre et froid vide de ce royaume non-terrestre. Les créatures de cette planète n’ont jamais été conçues pour aller dans l’espace. Nous ne pouvons y aller que si nous fabriquons des machines pour emporter avec nous et nous fournir toutes les choses nécessaires dont nos corps ont besoin pour rester en vie.

Pour survivre et prospérer dans cet environnement dominé par la machine, nous devons savoir comment fonctionnent ces machines et savoir les entretenir. Cela demande un fort bagage dans des sujets techniques—mathématiques, sciences et ingénierie. Ces matières sont intéressantes et, pour bien des gens, plutôt amusantes. Mais elles peuvent être difficiles à maitriser.

Les bases théoriques des machines doivent être comprises mais nous devons aussi avoir un savoir-faire pratique des compétences mécaniques et électriques pour les maintenir en fonctionnement et pour les réparer quand elles tombent en panne.

L’importance de maitriser nos outils… selon l’usage qu’on en a (tout le monde n’est pas un astronaute), c’est un sujet dont nous avons souvent parlé ici : Quand la technologie s’efface (par exemple).

Et parce que le billet de Pettit est passionnant du début à la fin, et parce qu’il ne se cantonne pas à réfléchir à notre rapport à la technologie :

When a cosmic ray happens to pass through the retina it causes the rods and cones to fire, and you perceive a flash of light that is really not there.

(…)
Our brain interprets its sensory input and creates a map of reality. Philosophers have for centuries contemplated this question. As Plato wrote, we see only the shadows of a larger and richer reality. On Space Station, I drift off to sleep, thinking of the nature of the “real” universe while observing my personal reality of dancing fairies.

Ce que je traduis :

Lorsqu’un rayon cosmique passe à travers la rétine (de l’œil humain), il stimule les cônes et les bâtonnets, vous percevez alors un flash de lumière qui n’est pas vraiment là.

(…)

Notre cerveau interprète ses perceptions sensorielle et crée une carte de la réalité. Depuis des siècles, les philosophes ont considéré cette question. Comme l’écrivait Platon, nous ne voyons que les ombres d’une réalité plus vaste et plus riche. Sur la station spatiale, quand le sommeil m’emporte, je pense à la nature de l’univers “réel”, tout en observant ma réalité toute personnelle de fées dansantes.

 

ISS024-E-014263 (11 Sept. 2010) --- NASA astronaut Tracy Caldwell Dyson, Expedition 24 flight engineer, looks through a window in the Cupola of the International Space Station. A blue and white part of Earth and the blackness of space are visible through the windows.
NASA/Tracy Caldwell Dyson.

Notre confrontation à l’espace, ce vide qu’on dit infini, nos efforts pour y survivre, c’est aussi de la science-fiction. Depuis quelques années, une bonne part de la SF, du moins celle qui est la plus visible, semble surtout s’intéresser aux questions de sociétés (liberté, vie privée, surveillance, cyberespace, réalités virtuelles, clonages, etc.) et semble avoir oublié l’espace—qui n’est pas qu’uns sujet pour du space opera bourrin façon Guerre des étoiles ou Star Trek.

Je n‘ai rien contre le sace opera mais, trop souvent, le côté “SF” n’est jamais plus qu’un prétexte ou un décors exotique pour une histoire qui n’a rien de science-fictionnesque : Avatar, pour prendre un film que tout le monde a vu, n’est jamais qu’un Western avec de grands indiens bleus en guise de peau-rouges, des marines qui montent des hélicoptères en guise de cowboys et un gros vaisseau volant, en guise de cheval de fer…

Oublié, l’espace ? OK, j’exagère. En fait, il y a pas mal de textes de “SF dure” (aka, “hard SF”) qui s’y intéressent toujours, mais ils occupent rarement le devant de la scène… Cela pourrait faire l’objet d’un autre article, si ça vous intéresse.

Europa SF: European science fiction portal

You are invited to take part in a project that we consider more than necessary: the building of a European platform dedicated to all SF communities in Europe.

Essentially, this is where things stand currently in Europe: we have no idea what other European communities do. This may sound a tad categorical, but we must admit that to take the pulse of the SF communities in our neighbouring countries is not an easy task to fulfil. What new authors have been published in one country or another? What SF&F events are taking place in one country or another? What conventions will be held on our continent in the near future? And so on…

(…)

EUROPA SF wants to bring the members of the European fandom together to build a continental-scale data network. Editors, writers, fans, anyone with an interest in SF will be able to see what is happening in any European country and will inform, in turn, the entire SF community about their own major conventions.

Europa SF at the beginning, via Aliette de Bodard.

Une e-librairie (en partie) dédiée à la SF, fantasy, fantastique, etc.

Emaginaire, c’est :

Une libraire qui vend des livres numériques exclusivement. Nous sommes spécialisé dans les littératures de l’imaginaire.

C’est un peu court, et je n’ai pas encore pu tester leurs services, mais c’est sympa d’apprendre l’ouverture d’une e-librairie dédiée, au moins en partie, aux “littérature de l’imaginaire” — imaginaire ? Un qualificatif qui m’a toujours agacé, comme si les autres littératures n’avaient aucun lien avec l’imaginaire — science-fiction, fantastique, fantasy, heroic fantasy, horreur, etc. c’est quand même pas des gros mots…

Emaginaire propose des titres de pas mal d’éditeurs, avec ou sans DRM selon le cas (y compris les DRM Adobe ce qui, malheureusement, va limiter mes achats personnels, puisque j’y suis allergique).

Elle propose aussi une section jeunesse, que je vais me faire une joie d’écumer pour, je l’espère, enrichir le Kindle que j’offrirai prochainement à mon neveu.

http://www.emaginaire.com/

Des vampires sans la cape ou les quenottes (Dieu, que la Nature est hors de prix)

« Donner du sang jeune aurait-il un effet sur l’Homme? Je pense de plus en plus que cela se pourrait bien », dit le chercheur. « Et je n’y croyais pas, il y a seulement 3 ans ». Car du sang de jeunes souris vient d’inverser certains effets du vieillissement, sur l’apprentissage et la mémoire chez des souris plus âgées, grâce à une activation des connexions entre les cellules du cerveau. Ces conclusions présentées à la Réunion annuelle Neuroscience 2012 de la Society for Neuroscience, ouvre comme une nouvelle ère en médecine régénérative.
(…)
En pratique, le Dr Villeda a connecté le système circulatoire d’une souris jeune avec une souris âgée afin que leur sang puisse se mélanger. Après quelques jours, le processus de vieillissement cérébral  avait ralenti.

ALZHEIMER: Du sang neuf pour doper la mémoire? – Neuroscience 2012

Woaw—c’est le cri du cœur de l’amateur de SF, pas d’un savant, pas d’un chercheur. J’imagine, dans un futur proche, ces corps raccordés l’un à l’autre de façon chirurgicale, des vampires high-tech, sans cape ni dents pointues, de façon à ce que le corps le plus jeune soit vampirisé par le plus âge qui refuse de vieillir. Il faut imaginer la scène : c’est le cœur du plus jeune qui envoie son sang directement dans les artères du plus vieux, siamois médical. Oui, je suis déjà loin de l’idée de l’article original, mais peu importe : ce truc, c’est de la SF qui ne demande qu’à être racontée.

Imaginer ces richissimes vieillards (et qui sont enragés d’être des vieillards, car c’est peut-être la dernière chose que l’argent ne puisse pas acheter : le temps qui passe, la jeunesse) qui traiteraient les jeunes comme du cheptel, donneur de sang frais (et probablement d’organes). Se demander comment cette jeunesse en serait venue à accepter ça, ou par quels stratagèmes elle y aurait été réduite, et comment ça se passerait (comment le reste de la société vivrait avec une telle pratique ?), et pourquoi, un jour cette jeunesse pourrait ne plus l’accepter.

Dans cette société, les vieux choisiraient leur jeune “du jour”, comme d’autres choisissent leur cravates ou des chaussures assorties à un tailleur. Dans cette société, on pourrait bien se dire qu’une des formes ultimes de perversité serait d’avoir des relations sexuelle avec “son” jeune, d’éprouver des sentiments ? Là, l’histoire prend corps (sans mauvais jeu de mots) : il y a ce vieux qui se surprend à éprouver des sentiments pour son jeune (fille ou garçon ?), au point qu’il décide de ne pas l’épuiser à mort comme les autres, peut-être même de le faire bénéficier du même traitement pour le retaper. Remettant tout en question (voire même acceptant de mourir, pour que lui puisse vivre ? Et lui léguer sa fortune, car il faut être très riche pour s’offrir ce bétail humain, et ce vieillard là est justement le plus riche de tous, ayant inventé cette technique). Etc.

Bref, ça me démange de lire l’article entier pour chatouiller un peu plus cette idée. Malheureusement, l’article dont il est question a été publié dans Nature : The ageing systemic milieu negatively regulates neurogenesis and cognitive function, et seul un extrait est accessible, sans payer. Cher :

nature

Ce n’est pas la première fois que je me fais claquer ainsi la porte au nez par Nature, qui semble vivre dans un univers parallèle au mien où payer 30€ pour lire un article, ou 209€ pour un abonnement au magazine, n’est pas un problème. C’est d’autant plus agaçant que je ne cherche qu’à me frotter à cet article que je n’espère pas comprendre, faut pas rêver, pour en savoir un peu plus sur la procédure et les techniques utilisées, histoire de voir comment je pourrais appliquer ça à mes pauvres humains du futur et prétendre savoir de quoi je parle.

Ca ne marche pas à tous les coups, mais ça vaut la peine de faire une recherche sur le titre de l’article ou sur les différentes références qui y sont associées, cela permet parfois de tomber sur une version préliminaire ou encore sur un PDF.

Bref, je vous laisse, j’ai un papier à lire, avant d’enfiler mon costume de vieillard  frétillant d’un amour impossible avec la mort, puis d’essayer mon costume de jeune naïf/ve qui a vendu son âmesang au diable.