Avatar et la 3D sont dans un na’vi(re)

(attention, je raconte des bouts du film)

Ok, la 3D c’est plutôt pas mal. Du moins quand ça ne bouge pas dans tous les sens, car alors ça ressemble à une espèce de bouillie colorée. Les décors et les bestioles sont superbes. Et les “na’vis” sont sublimes. Je veux dire woaw, quoi, s’il y a bien un truc qui vaut la peine d’être vu dans ce film, c’est eux.

Et le film, alors ?

C’est bourrin comme peut l’être une fable écolo-westerno-sciencefictionnesque, avec d’un côté des méchants caricaturaux—des cow-boys sans foi ni loi et armés jusqu’aux dents, “des mercenaires qui sont ici pour l’argent” nous explique le narrateur dès la première séquence, qui chevauchent des hélicoptères quand ils ne galopent pas à dos de robot—et, de l’autre côté, des gentils indiens—qu’il est impossible de confondre avec nous, bien qu’ils soient bipèdes et frimeurs car ils sont bleu, comme des schtroumphs mais en un peu plus grand—qui vivent en harmonie avec le Grand-Tout et chevauchent de magnifiques [j’ai-oublié-le-nom] qui sont le fruit d’un croisement entre un oiseau et un T-Rex. Et, entre les deux, le gentil qui doit choisir et qui suivra son cœur (d’artichaut).

Bref, c’est du space opera, avec une morale de space opera. Et c’est du western, dans ce que le western a de moins subtil. Mais je n’ai pas vu le temps passer.

Malgré ces satanées lunettes 3D taillées pour des têtes de piafs (il m’a été impossible de garder mes lunettes de vue qui étaient trop larges), j’ai rapidement cessé de ronchonner comme un vieux con et j’ai même arrêté d’enlever et de remettre ces lunettes (pour voir la différence) et me suis laissé emporter par les images.

Et là, rien à dire sauf que c’est du bon.

En fait, si je devais reprocher quelque chose à ce film, ce n’est certainement pas d’être bête, simpliste ou niais—il faudrait déjà commencer par le reprocher au champion toute catégorie de ce point de vue, incontestable et incontesté sauf peut-être par l’Internet : la TV—mais c’est d’avoir tout joué sur l’image et les effets. Les personnages sont à peine esquissés. Le jeune chef indien qui se fait piquer sa copine et ses plumes de chef par le héros et… qui ne fait rien ? Sans blague ? Ou même toute la partie “humaine” de la vie du héros, cloué dans son fauteuil roulant quand il n’est pas occupé à vivre la vie de son avatar… Le colonel, qui aurait pu être un personnage irrésistible, n’est qu’un obsédé du flingue ? Dommage. Il y avait des choses sympa là-dedans, et sans avoir à craindre de transformer le film en drame psychologique à la Bergman ou en huis-clos relationnel à la Ozon. L’histoire aurait toujours pu tenir sur une demi-page, écrite en gros caractères.

L’autre chose que je lui reprocherais, c’est l’écran. Saloperie.

L’écran qui dessine un cadre autour de l’image et découpe le monde dans lequel nous sommes sensé nous immerger. Un cadre, ça marche avec une photo ou un tableau, mais pas avec de la 3D. Ca ne colle pas du tout quand une fougère géante surgit juste sous votre nez avec rien en dessous pour la faire tenir… C’est aussi subtil que de placer un signe néon fatigué et tremblotant  : “par ici la sortie vers la réalité”. Pour la 3D,  il faudrait des écrans encore plus grands, et dire adieu aux écrans plats : le spectateur doit être entouré par l’image et non plus face à elle.

Encore un effort messieurs (et mesdames) les ingénieurs.

Le film, noté sur 20 :

  • Images : 24/20 (ouais, pas moins)
  • Effets 3D : 15/20 (je regrette le côté un peu bouillie des scènes où la caméra bouge)
  • Histoire: 9/20 (c’est pas crédible et ça fini trop bien. Mais on s’en fiche)
  • la BO: 5/20 (sans blague: ils auraient pu revoir quelques bons space op’ et western pour trouver la musique qui convient et voir comment l’utiliser à bon escient.)
  • Le facteur “woaw”: 14/20 (allez le voir, autant que possible dans une salle 3D)

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