J’ai préparé du thé

Je me suis préparé du thé.

Dans moins de 8 heures, je serai sans internet pendant 2 semaines. Le blog et les mails seront donc au point mort, sauf rencontre accidentelle avec la civilisation.

Bien qu’elles aient commencées depuis presque une semaine, ce n’est que hier que je me suis réellement senti en vacances. Il y a bien eu ce problème au boulot, à régler par téléphone (comment on faisait pour régler une question urgente, en vacances, avant ?). Mais une fois raccroché le téléphone, le travail m’est doucement sorti de la tête. Je l’ai vu s’éloigner sur la pointe des pieds, je crois même qu’il m’a fait un clin d’oeil avant de refermer la porte, sans la claquer.

C’est fou la place qu’il prenait dans ma tête. Pendant une bonne heure, je sirotai un thé en ne pensant strictement à rien. Sans les projets et les problèmes professionnels, ma tête semblait si vide, pire que désert. Un gros trou. Un trou enfermé derrière un crâne, avec en guise de sentinelles une paire d’oreilles, quelques poils, deux yeux gris derrière des lunettes, une bouche avec (presque) toutes ses dents. Un vieux trou. L’air n’avait pas du y être renouvelé depuis… à quand remonte la dernière fois où Noé a donné à coup de balais dans son arche ? Au moins ça.

C’était (chez) moi, ce vide sans même un écho pour me tenir compagnie ?

Puis, il y a eu un bruit et il m’a semblé voir quelque chose de plus sombre bouger dans l’obscurité. J’avançais la main dans le noir et trouvai l’interrupteur. Lumière. J’étais dans le grenier dans la maison des grand-parents. C’était chez moi. J’avançais dans la poussière, malgré les toiles d’araignées. Craintivement — j’ai une peur bleue des araignées. Le grenier en était plein — je soulevais le couvercle d’une malle. J’avais 4 ans, 8 ans, 15 ans. Je voulais être pirate, danseur étoile, auteur de SF. Je voulais aussi un costume de Schtroumpf, et je collectionnais les caractères d’imprimerie (j’avais même une presse à bras qui était plus belle qu’un tour de magie). Je voulais tant de choses. Qui m’attendaient. Dans le grenier, dans la malle.

On se revoit bientôt.

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