Podcast de science fiction en français : Utopod

Sympa, très sympa même ! Utopod est le “podcast des littératures de l’imaginaire” — long bâillement mal dissimulé — c’est écrit au dessus de l’entrée.

Les “littératures de l’imaginaire“, ça m’excite autant que la monographie de 1800 pages de mon voisin de palier sur “le stress des huîtres en période de Noël“. La seule façon de le faire tenir à distance lui et ses feuillets froissés qu’il ne lâche jamais — lisez mon essai, vous verrez, je démontre sci-en-ti-fi-que-ment que l’huître à une âme car elle croit au Père Noël — c’est de lui jeter des cailloux ou des canettes de Coca Cola… pleines (il a le cuir épais, depuis le temps, vides elle ne lui font plus rien).

Je ne veux pas jeter des pierres à Utopod, au contraire. Mais c’est quand même une drôle de manie, qui remonte à bien longtemps avant la naissance de ce chouette podcast, de vouloir gonfler la respectabilité de notre genre de prédilection à l’aide d’un vocabulaire sonnant (z’entendez ce petit bruits de clochettes qui semble venir du grenier ? Qu’est-ce que c’est !?) et trébuchant (C’est rien, c’est tonton Raoûl qui a retrouvé son costume de bouffon et qui redescend pour vous le montrer; il était célèbre, plus jeune)… avant de s’étaler (Oupssss, il a encore du rater la marche. Pas de panique, il a l’habitude. C’est un vieil escalier).

Science fiction, science-fiction, SF, hard-science, cyberpunk, steampunk, simple anticipation, uchronie, fantasy, fantastique, horreur, épouvante,… Miam, quoi !, c’est le pied (sauf la fantasy, yeaaaark 8-))! Le roman policier, c’est pas de la “littérature de l’imaginaire”, c’est du polar, du suspens, du thriller, de l’espionnage… Faut pas avoir peur des mots, ni d’aimer les couleurs criardes… de temps en temps, je porte des chaussettes jaune vif. J’ai pas honte !

Bref, comment dire ce que je pense des “littératures de l’imaginaire” sans avoir l’air plus con que je le suis (comment ça, trop tard)? Une littérature qui ne toucherait pas à l’imaginaire, c’est soit un essai (et salement raté, le genre qui ne peut survivre qu’à l’abri du monde, derrière des murailles académiques) soit l’annuaire téléphonique (mais l’annuaire a une excuse, lui, il sert à quelque chose). Les créateurs d’Utopod ne m’en voudront donc pas (et même si…) d’élaguer pour aller à l’essentiel :

Utopod c’est de la SF à écouter. Et pas des veilleries ! Utopod, c’est super bon.

(Je sais, je devrais travailler dans une agence de pub : la subtilité de mes arguments n’a d’égale que la finesse de mon humour).

Les deux animateurs m’ont tout l’air d’être des fans “typiques” de SF, catégorie “je peux te citer de mémoire ce que Raoul Dugenou a mangé durant la rédaction de la première version du brouillon de son roman Les Zygomates de l’au-delà n’ont pas de mollets, ronéotypé à 12 exemplaires le 12 décembre 1912, par l’auteur lui-même sur des emballages recyclés de chocolat Milka, dans son chalet perdu dans les Ardennes”. Sérieux, quoi. On s’incline avec respect devant la science… ou on se barre en courant avant qu’ils commencent leur exposé… Sauf que nos deux compères ont la gentillesse de ne pas étaler leur science et de laisser la place au texte, et aux voix (bien choisies) qui le lise. Merci. Ca rend le podcast encore plus sympa.

J’en écouté que quatre pour le moment (ouais, ça marche aussi dans iTunes). Celui qui m’a paru le plus intéressant c’est la faim du monde, mais comme tout le monde sait, je suis un grand malade.

Mangez des radis, c'est bon

Un des trucs qui m’a toujours surpris (lisez: déçu) avec la SF francophone c’est sa quasi inexistence sur le web, ou alors d’une façon tellement datée et maladroite que chaque fois que je visite tel ou tel site (pas de nom), j’ai l’impression de faire un voyage dans le temps ou de tomber sur un groupuscule de fanatiques voués à l’adoration d’un lointain âge d’or maladroitement peint à la gouache jaune… avec les doigts 😉

Voilà qui me met une belle claque dans la figure, tant mieux. Merci qui ? Merci Utopod. C’est en français et c’est gratuit (les dons sont possibles).

PS: devinez comment j’ai découvert ce podcast ? Ben oui… par Scylla : allez à Scylla, achetez votre SF à Scylla, prenez un café dégeu © ™ à Scylla, venez écouter de la musique, ou du bruit, à Scylla. (message subliminal pour les geeks: Scylla, c’est pas loin de Surcouf et de la rue Montgallet). Parfois, j’y traîne. Et si c’est pas moi, ce sera un autre gars cas du même genre (*) 😉

Au cas où on se croiserait pas d’ici là : Bon We, joyeux Noël et tous mes voeux pour l’année 2007 2008 !

(*)edit : y a même des filles. On peut aussi se marier à Scylla 😉

1 comment » Write a comment