Paris (et les écoles) avec moins de publicité

Dans ce monde (et dans cette ville) voué à l’image (de soi, ou de celle du nouveau couple présidentiel qui n’a pas trouvé mieux que… DisneyLand — ça évoque quelle image ça, pour vous ? — pour officialiser leur relation). Dans cette ville dont chaque millimètre carré qui n’est pas déjà voué à la voiture toute puissante est violement offert prostitué à la publicité. Boulimie frénétique d’une flatterie aussi veule… qu’efficace. Hélas, ça marche la pub. Dans cette ville, où l’apparence est reine présidente (et petite copine de président), les panneaux publicitaires vont maigrir : byebye les immenses affiches… ou, du moins, vous êtes priées de rétrécir. Un peu. De l’air !

Bonne nouvelle, vraiment. C’est un début. Merci la mairie de Paris, merci monsieur le maire.

En plus, bannisement total des publicités 50 mètres autour des écoles. Wow ! Euh…woww ? Pourquoi ? A quoi bon autour des écoles?

Autour des écoles, il n’y a rien ! Du moins pas d’enfants à préserver. Les enfants, ils sont dans l’école, où ils n’y sont pas du tout. Sauf quelques minutes, deux fois par jour, le matin quand ils arrivent en traînant les pieds pour subir leur calvaire quotidien et, plus tard dans la journée, quand ils sont pressés de rentrer chez eux — c’est en classe et dans la cour de récré qu’il faut protéger leur petite tête, en bannissant la publicité… des vêtements, des trousses et des cartables, et même dans les leçons de certains professeurs. Et quand ils ne sont pas à l’école ? J’ai plutôt l’impression qu’ils sont vautrés chez eux, plutôt que plantés devant la porte de leur école. Vautrés chez eux, je veux dire : confortablement installés devant la sacro-sainte TV, pour recevoir leur dose quotidienne.

Voilà, c’est là qu’il faudrait interdire la publ… Mmmm, pardon ? Comment ça c’est impensable ? Ha bon. Quoi ? La TV c’est de la publicité ? Oui, j’avais oublié. Dommage, c’est sans doute ce qui arrive quand on laisse les intérêts privés s’emparer d’un outil à leur usage exclusif, même sous couvert de service au public.

Mais alors, si le but c’est de protéger les enfants du bourrage de crâne des vendeurs de vent, et si on ne peut pas retirer la pub de la TV… Il ne reste qu’une seule solution : bannir la TV et tant pis pour elle.

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Monsieur le maire. Après la publicité pour les enfants, il faudra s’attaquer à celle destinée aux adultes. Les affiches, oui bien sûr, et la télé aussi. Mais aussi cette masse de soi-disant “informations” (et de prétendus journaux, TV ou imprimés) qui ne sert qu’à noyer l’esprit critique, qu’à divertir et abrutir les… citoyens. Commencer par réformer les écoles de journalisme?

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