25 étapes pour éditer une histoire

25 Steps To Edit The Unmerciful Suck Out Of Your Story

Le point 8 est un de ceux que j’applique à tous les problèmes—pas seulement ceux relatifs à l’écriture : discuter, verbaliser. J’explique ce qui m’ennuie, ce qui se passe, ce que je voudrais arriver à faire ou à écrire. L’expliquer, même sans réaction de la part de l’autre, permet de mettre de l’ordre dans ce qui n’est souvent un tas de pensées confuses et de sortir la tête du trou.

Parler avec qui ? Si je préfère discuter avec un être humain, ma moitié faisant office de beta testeur et de sparring partner verbal idéal, je n’hésite pas à parler Wallstreet (notre chat, qui me répond quand il est de bonne humeur) où à mon ami imaginaire (qui ne m’a jamais quitté depuis l’enfance, quand il me consolait de mes nombreux chagrins).

8. Secure A Human Sounding Wall

Talk things out with another human being. In person or on Skype or via telepathic mindbridge. It helps. Even if they’re not a writer. Just to vocalize problems and potential solutions can offer a kind of intellectual and creative lubrication. And that person may be able to push back and offer opposing ideas. If an adult human isn’t available, you can talk to a toddler, a dog, a cat, a ferret, a horse, a door jamb, a hat rack, a Roomba, a cat riding a Roomba dressed as a shark, a mirror, a monkey butler, or a tea cozy with a smiley face knitted onto it.

Via j’ai oublié.

La NSA, la technologie, et nous

Bombe — attentat — terrorisme — islam — chiffrement — vie privée — sexe — pornographie — espionnage — NSA — PageRank — ben quoi ?

Certaines choses m’étonnent dans ce que j’ai pu lire sur “l’affaire” de la NSA : l’étonnement que des espions espionnent en secret, et l’étonnement que la technologie ne nous mette pas à l’abri des méchants ou des salauds d’un coup de baguette magique.

Vraiment, ça surprend ?

Ce qui devrait nous intéresser, ce n’est pas que des espions soient prêts à toutes les saloperies : c’est pas nouveau et c’est loin d’être exclusif à la NSA ou même aux espions — ça fait combien d’années que les USA violent tous les droits des personnes détenues à Guantanamo ? Ça empêche qui de dormir ?

Bien entendu, cette prison située on ne sait pas trop où (à Cuba, si vous vous posez la question), pleine d’islamistes forcément suspects, nous concerne moins dans notre quotidien, à nous les geeks, que la remise en question d’Internet et des nouvelles technologies qui en dépendant ainsi que de leur promesse, marketée depuis des années et amplifiée par nos soins, d’une vie plus connectée et plus géniale. Ça nous concerne moins, disais-je, que de remettre en question les promesses du numérique, pour le coup, cette authentique baguette magique qui nous a transformés de loosers binoclards dont tout le monde se moquait en mecs (et en filles) cools, à la pointe des trucs dont tout le monde cause.

Ce qui devrait nous intéresser, ce sont les personnes qui ont fait ça. Car ça ne s’est pas fait tout seul, ni par accident.

On connait les noms de Edward Snowden ou de Chelsea Manning (et de quelques autres, qui ont choisi de parler pour nous alerter), mais qui sont les développeurs/ingénieurs/mathématiciens/PDG/industriels/etc. qui ont accepté de bâcler leur travail, de produire un code ou un produit vérolé, de créer des standards de sécurité qui n’ont peut-être rien de sécurisé, de filer à la NSA les données que nous leur avions confiées ?

Qu’ils le fassent par conviction idéologique (lutter contre le crime, chasser le terroriste ou le pervers sexuel), par peur (de perdre leur job) ou par appât du gain (des cas ?), n’y change rien. Et c’est l’occasion de nous rappeler que la technologie n’est pas quelque chose d’abstrait. Elle est le fruit de l’activité non pas de l’humanité — cette entité anonyme — mais de personnes, d’individus avec un nom et avec une vie. Avec plein de qualités et, souvent, avec pas mal de défauts.

C’est aussi l’occasion de se rappeler d’une autre chose, bien trop souvent masquée sous nos louanges et notre adoration quasi religieuse du bit et du Web : la technologie n’est pas une baguette magique, ce n’est pas un sésame qui ouvre d’un coup les portes d’un monde meilleur, plus juste, plus humaniste, plus équitable, etc.

La technologie n’est qu’un outil. Et comme n’importe quel outil, selon la main qui l’utilise, il servira à construire ou à détruire. Avec la même clé, on peut ouvrir ou fermer une porte.

Les experts s’inquiètent de la perte de confiance dans Internet, et du travail de titan qu’il faudra pour retrouver cette confiance. Hélas, je suis persuadé qu’ils se trompent : notre passivité est telle (et nos habitudes déjà si bien ancrées) que ça ne changera pas grand-chose. Pour que ça change quelque chose, il faudrait d’abord qu’il y ait une grosse conséquence concrète pour chacun de nous : pas juste se dire “oh, c’est pas bien“. Par exemple perdre l’argent de notre compte en banque, se retrouver enfermé dans une cellule, perdre son job, voir ses données médicales ou les détails de sa vie sexuelle publiés au grand jour ou, pire encore, être empêché de se rendre à un RDV avec Jodie Foster.

Qui sont les individus qui ont choisi de rendre une administration (là encore, la NSA n’est pas la première, mais c’est sans doute la plus inquiétante) autonome et de la doter d’outils (lois, règlements,etc.) qui lui permettent d’échapper à tout contrôle démocratique (politique, citoyen: mettez le terme qui vous plaît) ou d’être couverte par d’autres administrations, jusqu’à recevoir le soutien du prix Nobel de la paix, et président des Etats-Unis d’Amérique, Barack Obama ?

C’est ce qui m’inquiète le plus, en fait : même si cela prendra du temps, Internet on le nettoiera de cette merde et on mettra en place des outils plus fiables, mais on ne pourra pas aussi facilement se libérer d’une telle entité — qui existe dans le monde, pas qu’en ligne, pas que dans le code — qui n’a de compte à rendre qu’à elle même et qui semble n’exister que pour elle-même, avec sa propre logique, son propre calendrier, ses propres objectifs et qui dispose des moyens de les atteindre.

Cette situation n’existe que parce que des personnes on fait des choix. Ce sont ces choix et ces personnes, leurs motivations et les moyens utilisés, qui devraient nous intéresser en priorité. Parce que pendant qu’on cherche à réparer “l’Internet”… les mêmes personnes continuent à faire des choix.

Le meilleur appareil pour la lecture, un point c’est tout.

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Mon Paperwhite de première génération. Je parie que la différence avec le tout nouveau Paperwhite ne vous a pas sauté aux yeux ? À moi non plus.

Si j’ai bien remarqué, dans l’annonce de Amazon, que tout était meilleur dans le nouveau modèle que dans le mien — c’est le moins que l’on attend de la technologie : d’être meilleure d’un modèle à l’autre — je retiens surtout qu’il n’y a rien de révolutionnaire qui me pousse à chercher une excuse pour changer de machine.

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Avec le nouveau Kindle, on lira donc juste plus confortablement qu’avec l’ancien — avec son écran plus contrasté, son affichage plus rapide et plus précis, avec son écran tactile plus sensible, etc. Mais c’est du mieux sur du déjà excellent.

Il y a pourtant de réelles nouveautés… au niveau du logiciel, pas du matériel : PageFlip permettra, enfin, de se promener dans un ebook aussi facilement qu’on se promène dans un livre papier (c’est encore à tester); on disposera d’un dictionnaire plus pratique; Amazon annonce également un système d’encouragement des enfants à la lecture (là aussi, on verra bien de quoi il s’agit) et un partenariat avec Goodreads.

Mais, c’est au niveau logiciel que ça se joue. Un logiciel dont le propre est d’être facilement mis à jour — rien n’interdit donc a priori à Amazon d’offrir ces innovations sur le précédent Paperwhite (voir d’autres modèles de Kindle), sauf peut-être un choix marketing. On verra.

Même si Amazon essaye — pas sans mal — de lister des raisons pour nous pousser à acheter le nouveau Kindle Paperwhite, on est loin de l’obsolescence programmée si chère aux écolos et aux journalistes en panne d’inspiration.

Mon sentiment, devant cette annonce est que le Paperwhite ancienne génération est toujours aussi excellent — je ne lui trouve à peu près aucun défaut majeur (je ne parle pas ici des DRM, mais bien de la liseuse en elle-même) — que le jour de son achat. Les nouveaux clients auront simplement un appareil plus performant.

En fait, devant cette annonce, on redécouvre un truc très con, mais pas si bête : ce n’est pas parce qu’elle est numérique que la technologie est condamnée à être jetable. (Notez qu’on le sait déjà depuis longtemps, avec Apple, quoi qu’en disent ses détracteurs).

Fichtre. On nous aurait menti ? C’est un autre débat.

Si Amazon n’innove pas plus que ça sur son dernier appareil, est-ce parce qu’il n’y aurait plus rien à proposer de neuf en terme de lecture ?

Après tout, on lit depuis des milliers d’années, et on lit des livres depuis des siècles : difficile de présenter ça comme une activité révolutionnaire, même lorsque le livre devient numérique. Et puis, ce n’est pas comme si lire exigeait des machines surpuissantes : l’écran et les performances du Paperwhite de première génération ne m’ont jamais gênés, au contraire il a toujours su se faire oublier pour me laisser m’immerger dans le texte, c’est tout ce que je lui demande.

Pourtant, il reste beaucoup de choses à faire, des trucs que j’attends avec impatience… Pour n’en citer qu’une poignée (sans parler de virer les DRM, qui emmerdent tout le monde) :

  • La 3G sur tous les modèles, sans supplément de prix.
  • Une mise en page plus propre. Au stade actuel de formatage des ebooks, la plus modeste amélioration dans la gestion espaces, des césures ou des polices ferait déjà office de révolution.
  • L’abonnement. Putain, ça fait des années que j’en parle et que je l’attends sans perdre espoir : un abonnement à Amazon, la location plutôt que l’achat des livres (quelque chose qu’on trouve déjà sous une forme ou une autre chez de plus petits éditeurs) — et le Kindle offert dans le prix de l’abonnement.
  • Un accès simplifié aux notes et aux soulignements. Je me demande combien de lecteurs ignorent complètement que tout ce qu’ils soulignent est récupérable dans un simple fichier texte, directement depuis leur Kindle et quelque part en ligne sur leur compte Kindle ?
  • Supprimer la pub affichée en bas de l’écran d’accueil. Désolé, Amazon, mais chaque fois que j’allume mon kindle — “chaque fois”, comme dans 100% des cas — c’est pour lire un de mes livres. Ce n’est pas pour feuilleter ton catalogue, pour ça, je veux bien cliquer sur un lien.
  • Réfléchir aussi aux usages en réseau. Aussi bien en terme de lecture que de création. Mais Amazon n’est pas totalement absente sur ce terrain.
  • Support du ePub. C’est pas sorcier et ce serait bien élevé de ta part, Amazon.

Toutes ces améliorations, sauf une, sont logicielles. Ce n’est pas un hasard. Je vous en ai déjà parlé, à propos de l’iPhonéographie et de la photo en général ou même de Windows 8 : c’est au niveau du logiciel, des applications, que tout va se jouer dans les années qui viennent, y compris pour réussir à vendre du matériel.

Ça à toujours été le cas — demandez à Apple, qui n’a (presque) jamais changé d’approche — mais ça n’a jamais été aussi évident — demandez à Microsoft, qui a raté le train du mobile.

Un nouvel iPhone ?

Pas pour moi. Comme le dit justement @urbanbike : Apple me fait faire des économies. Si l’iPhone 5S est séduisant (le nouveau module de prise de vue est très très intéressant), je reste sans hésiter sur mon iPhone actuel. Ce qui arrange beaucoup mon banquier — faites-lui un petit coucou de ma part, ça lui rendra peut-être le sourire 😉

Autant pour l’obsolescence programmée…