La brute et le poème

La difficulté avec la poésie — ma difficulté — c’est d’en saisir le rythme.

On peut certe lire un poème comme on lit n’importe quel texte, en compter les pieds et apprécier le choix des mots, connaître le contexte de son écriture et les références plus ou mystérieuses auxquelles le poète fait allusion, mais on rate généralement l’essentiel, on s’y heurte comme dans un mur. Avec une telle lecture, tout ce que je peux espérer c’est un certain étourdissement animal : être assommé par la violence du choc contre ce mur, justement. Pas cette fatigue qui vient après l’effort d’une escalade, cet éblouissement, ce quelque chose qui touche l’esprit et le coeur. Couleur et musique.

Il y a tant de poèmes qui m’échappent de la sorte. Un jour pourtant, on entend quelqu’un lire tel poème qui nous était tombé des mains dans un baillement. Et c’est lumineux !

Que diras-tu ce soir, pauvre ame solitaire

Que diras-tu, mon coeur, coeur autrefois flétri,

A la très belle, à la très bonne, à la très chère,

Dont le regard divin t’a soudain refleuri ?

(Baudelaire, FdM, XLII)

On devine la couleur et le rythme qui se mêlent. Incrédule, on se saisit alors du recueil dont on tourne les pages fébrilement. Musique et couleur, à chaque page !

Merci Alice.

Spam et savoir-vivre

Savoir-vivre, humour ou incompétence ?

email intutilé SPAM

Est-ce un spammeur rongé par les remords qui nous prie de ne pas ouvrir son email ? Qui ferait son boulot contraint et forcé, tout en nous demandant de l’excuser ?

Mmmm… c’est aussi peu plausible qu’imaginer un huissier humain.

Le vent

Ce matin, le vent un peu frais sur le visage quel bonheur. Sur le corps, à travers le t-shirt. Après les chaleurs de ces derniers jours ça fait du bien.

Ca fait même tellement du bien qu’on prend conscience du vent, justement. Ce matin, il n’est pas que le risque de prendre une poussière dans l’oeil. C’est presque quelqu’un qu’on est heureux de croiser, avec qui l’on aimerait bavarder encore un peu, d’ailleurs. Ses histoires sont tout rythme, force et douceur.

Tout en nuances devant nous, contre nous, il pratique ses gammes. Long souffle ou souffle court, rapide ou lent, montant ou descendant, chuchottement ou plus fort. Serions-nous son instrument ?

En rue, ce matin, je me suis demandé si se tenir dans le vent n’était pas qui se rapprochait le plus de l’audition pour une personne sourde. Tout le corps vibrant comme un tympan ? Alors on percevrait cette musique, le bruit aussi. Une autre échelle des sons, peut-être.

Ce matin, en rue, le vent semblait jouer un morceau d’une symphonie de Beethoven (*), juste pour moi ? Je doute l’avoir jamais aussi bien entendue ressentie.

Dordogne un matin, tôt. Les pieds dans l'eau

(*) : précisément, le 2ème mouvement de la 7ème !

A quoi pense un trentenaire ?

C’est une drôle de question qu’on vient de me poser !

En ce moment précis, je pense à L’île aux enfants.

Manque que la tartine de Nutella 8)

[edit : 15 aôut 2005]

Don Quichotte

(Très) bonne nouvelle, Ebooks libres et gratuits propose une version électronique en deux volumes de ce morceau de choix.

Comme d’habitude, le texte est proposé dans différents formats (eReader, Mobipocket, Word, PDF,…).

Edit : Merci à eux 😉