Un peu de télé et dodo

Ces derniers jours, jai un petit peu regardé la télé. Ca n’arrive pas souvent, mais vu qu’on a encore le poste de télé pour quelques semaines… Bref, je voulais écouter ce que les jeunes «  voyous » et nos personnalités pouvaient raconter sur les émeutes des banlieues.

J’ai entendu beaucoup de bêtises, une telle bêtise aussi. Et trop d’une haine hargneuse qui dissimule (mal) une palôte médiocrité. Mais le plus triste, peut-être, ce n’est pas tant d’être témoin de cette bêtise ou de cette colère que de s’apercevoir qu’elle n’était pas tant le chef des jeunes « voyous », mais plutôt de certain politique (pour être complet, je devrais utiliser le pluriel, mais je pense à tel en particulier) et de certains « journalistes ».

J’éteinds le poste de télé. Je branche Internet le temps d’étaler ma tristesse dans ce billet. Ca aussi c’est bête au fond, je ferais mieux de visiter les sites qui me plaisent. Ou mieux, plonger dans un bon livre

* * *

Que des jeunes gens puissent être aussi violents, ça me navre et ça m’inquiète un peu, pour eux.

Que des élus puissent être aussi peu maîtres d’eux-même et si irrespectueux de leurs interlocuteurs (de tous les citoyens), ça me terrifie.

Les jours d’hiver quand le froid serre

Le bourg, le clos, le bois, la fange,

Poteaux de haine et de misère,

Par l’infini de la campagne,

Les mendiants ont l’air de fous.

(Les mendiants, E. Verhaeren,Les campagnes hallucinées)

Je souligne.

“Je vous ai compris : fermez-la”

L’état d’urgence a été déclaré pour faire face, ou plutôt parce que « on » ne parvient pas à faire face aux émeutes des banlieues.

Il y a quelque chose de choquant dans cela. D’abord parce que cela s’attaque à tous ceux qui ne sont que des pions. Même si ce sont de véritables abrutis, voire pire, ce sont surtout des pions entre les mains des bandes de criminels (et de certains politiciens ?).

Ensuite, parce que c’est une loi de guerre (la loi). Déjà qu’on doit trouver normal de vroire nos gentisl soldats patrouiller en armes dans les rues de Paris. Maintenant voilà que le gouvernement va instaurer un couvre feu ! Manque plus qu’une campagne d’information sur les armes de destructions massives dissimulées dans les banlieues…

Enfin parce que ce décret semble avoir été promulgué dans un souci de protection des biens. En tous cas, je ne me souviens pas qu’un état d’urgence ait été déclaré pour essayer de lutter contre l’hécatombe lors de la dernière canicule, ni même (ça serait très fréquent) pour lutter contre la misère en France. Deux exemples, pourtant bien plus meurtriers, d’authentiques calamités publiques, pour reprendre l’expression de cette loi :

Art. 1er. – L’état d’urgence peut être déclaré sur tout ou partie du territoire métropolitain, de l’Algérie ou des départements d’outre-mer, soit en cas de péril imminent résultant d’atteintes graves à l’ordre public, soit en cas d’événements présentant, par leur nature et leur gravité, le caractère de calamité publique.

Je souligne. Evidemment instaurer un couvre feu, un droit de perquisition, ou je ne sais quelle autre forme justice expéditive entre les mains des militaires cela serait de bien peu d’efficacité contre les vieillards qui meurent de chaud, ou contre la misère résultante d’une économie non maîtrisée.

Par contre, ça devrait permettre de maintenir les mécontents dans leur coin, et de les faire taire.

* * *

C’est les poules et leur grippe de fin du monde qui doivent avoir les boules : on ne parle quasi plus d’elles maintenant.

Tiens, ça me fait penser : je vais me cuire un oeuf 😉

Clâmeurs

Du stade Charletty montent ou plutôt descendent en vagues les clameurs des spectateurs d’un match (rugby ?). Jamais on ne les avaient entendues aussi bien. Il faut dire que les rues sont plutôt calmes aujourd’hui — probablement grâce au weekend prolongé qui fait migrer en masse les parisiens.

Cris, hourra, applaudissements, hola, des cris encore.

C’est envoutant. Ce sont véritablement des vagues d’énergies qui viennent s’écraser jusqu’ici. Elles sont animées d’une force et d’un désir qui rayonnent, terrible.

Terrifiant aussi, car on sent qu’il ne faudrait pas grand chose, peut-être juste d’abattre les murs du stade pour que cette force écrase tout ce qui envisagerait de la contrarier. Physiquement, c’est une masse. Un mur de sons.

Ca donne presque envie d’assister à un match, pour vivre cette expérience du dedans.

Je crois que le match passe à la télé ?