Les DRM au quotidien en 2101 ou “30 secondes de la vie d’un couple”

« — Harri ! indique-moi l’interrupteur d’urgence vite ! Je ne peux plus contrôler le vaisseau » hurla Gêna qui essayait en vain de couper les propulseurs ioniques du ‘Lapin Guilleret’, le tout nouveau modèle de vaisseau spatial mis en circulation par la multiplanétaire Warner.

— Impossible ma belle, le manuel d’utilisateur refuse de s’ouvrir ! Il répète que nos droits de lecture ont expirés et tout ce qu’il propose c’est le fomulaire de réabonnement!

— Meeeeeerde, on est foutu! cette saleté d’ordinateur de bord ne reconnaît plus ma voix. Il refuse d’obéir. On va trop vite !

— Là ! Une planète devant no. »

Ok, ça ne fait sourire que moi 😉

Un train de retard ?

La presse écrite piratée ? Ben oui, c’est pas si nouveau que ça, même si ça commence seulement à prendre vraiment de l’ampleur. De toute façon y a pas de raison qu’elle soit plus épargnée que la musique ou le cinéma. Il faut être particulièrement distrait pour ignorer tout ce qu’on trouve sur le web, ou sur certains canaux usenet…

Le plus inquiétant ne serait-ce pas plutôt qu’elle soit la dernière à en être informée ?

😉

Plus sérieusement, j’aime bien la fin de l’article :

Nous ne sommes pas dans une logique de répression, mais il nous faut faire oeuvre de pédagogie. Car aujourd’hui les internautes ne se rendent même plus compte de ce qu’ils font. »

On peut discuter de la compréhension plus ou moins claire des uns et des autres sur cette question de la « (re)mise en circulation de l’information » (et aussi de sa valeur en tant que marchandise), mais au moins on ne se jette pas les poings en avant sur le consommateur…

L’éducation est essentielle : celle des lecteurs, mais aussi la nôtre (les éditeurs). Ce qui nous retient, je veux dire dans ma boîte, de proposer des fichiers électroniques c’est la certitude que des copies circuleront très vite, et cela même sans aucune mauvaise intention : juste parce que c’est facile et parce que, finalement, c’est tellement logique de le faire !

Alors il faut expliquer notre point de vue, ok. Mais surtout il faut discuter avec les lecteurs (qui sont autre chose que juste des clients), écouter leur point de vue et chercher une solution qui nous permette de vivre avec ce changement technologique. Réfléchir ensemble.

Quoi qu’en disent certains, je ne vois pas dans tout cela une menace pour l’édition, si être éditeur consiste à faire autre chose que compiler des dépêches entre deux pages de publicités ou « photocopier » à la chaîne des oeuvres stéréotypées et les vendre comme des savonnettes. Parce que si c’est ça, alors c’est certain : on a plus besoin de nous.

Se questionner sur le rôle de chacun, sur la possibilité de maintenir (et pourquoi ?) un système coûte que coûte quand on sait qu’il est à deux doigts, ou moins, de devenir obsolète.

En tous cas, ce sont des questions que je me pose.

Du béton dans les oreilles

Je ne crois pas en avoir déjà parlé, mais il y a quelques temps que je n’achète plus de musique en ligne protégée par une DRM, ni de CD protégés contre la copie. Pourquoi ? Pour ne pas encourager un mécanisme dont je suis la principale victime, justement, dès que j’y contribue en achetant certains CD.

La prochaine discussion parlementaire, en France, sur la loi DADVSI ne fait que m’encourager dans ce sens.

(mode coup de gueule ON)

Les DRM pourrissent la vie du consommateur (celui qui remplit vos caisses, amis marchands). Comment ne pas rester stupéfait devant cette évidence ?

Les fichiers électroniques devaient nous simplifier la vie : meilleure portabilité, facilité de stockage, facilité de recherche ou d’accès, un coût réduit, etc. Et qu’avons-nous concrètement ? Des fichiers lisibles dans un logiciel (ou un baladeur) spécifique, pas forcément disponible sur toutes les plate-formes et pas forcément agréable à utiliser ni même bien fait; des fichiers copiables un nombre limité de fois; des formats soi-disant protégés qui ne font que compliquer l’accès au contenu et nous font perdre du temps; des formats dont on n’a aucune idée de leur pérennité. Et, en plus, la variété des catalogues est limitée de façon absolument arbitraire et les prix restent ridiculement élevés (c’est très notable pour les livres électroniques d’ailleurs).

Cette façon de nous mettre des bâtons dans les roues et de nous gendarmer jusqu’au creux des oreilles, juste parce que certains industriels veulent absolument croire que le problème c’est nous, ça a quelque chose de lassant. Tout comme ce lobbying auprès de certains politiciens, et fonctionnaires, pour pervertir les lois à leurs appétits financiers.

Non ce n’est pas lassant, c’est odieux. Au point qu’on a que je n’ai plus envie de côtoyer ces industries ! La simple vue d’un rayon de CD chez un disquaire me donne la nausée, pas à cause des disques ou du vendeur bien entendu, mais parce que je sens derrière le disque, au bout de la chaîne de production, et même dans le disque, dissimulés entre les notes, ces industriels qui me haïssent presque d’oser vouloir écouter leur musique comme j’en ai envie.

Alors je dis ouste ! Du balais! Je ne vais pas les payer pour les aider à me faire ch**r non !? Quel service pensent-ils rendre pour prétendre nous imposer leurs règles ? Qui sont-ils d’ailleurs ? Des intermédiaires entre la bouche de l’artiste et notre oreille. Ok, il sont puissants. Mais leur puissance, au fond, elle ne tient que dans notre argent. Celui qui sort de nos poches en échange d’un bout de plastique ou d’un fichier numérique. Sans notre argent ils cessent d’exister, pas nous, pas les artistes.

A les voir ainsi travailler au corps la législation et les règlements au lieu de s’occuper de leur boulot — faire des disques et, suis-je naïf, dénicher des talents — il peut-être utile de leur rappeler, et de nous souvenir, qu’ils ne sont pas des politiciens élus pour décider des lois, ni des juristes formés pour leur donner corps. Ils sont seulement des fabricants et des marchands. Ils n’ont pas de pays à gouverner dont nous serions les citoyens, ils ne représentent personne d’autre qu’eux-mêmes. Pourtant notre « vote » compte… dans le bilan annuel de leurs sociétés! Sanctionnons leur « politique» , puisqu’ils veulent en faire, mais sanctionnons-la où ça leur fait mal.

Qu’ils gardent leur musique si précieuse. Je garde mon argent.

(mode coup de gueule OFF)

* * *

Les moins bornés d’entre-eux savent bien que, dans leur forme actuelle, ils appartiennent déjà à l’histoire, comme la tablette d’argile, le parchemin ou le rouleau de cire d’Edison. Ils ne font qu’accélérer leur fin à vouloir empêcher ce qui doit arriver est déjà arrivé : un changement technologique comparable à l’invention du gramophone qui leur a donné la vie.

La seule chose qui m’étonne c’est de voir si peu d’artistes spontanément les rejeter. Ne sont-ils pas effrayés de voir leurs « représentants»  traiter si grossièrement les clients, de voir insulter sans répit les gens qui aiment leur musique au point de vouloir payer pour l’écouter quand ils veulent ? Ne sont-ils pas inquiets de savoir que leurs oeuvres sont enfermées dans des formats dont personne ne sait comment on pourra y accéder dans 10 ans ?

Vous chantiez ? Eh bien! dansez maintenant

Joyeux Noël aux Logiciels Libres ?

C’est pénible cette impression — je dois pas être le seul à l’éprouver — que certains élus travaillent mal, trop hâtivement et sans réfléchir. 

Voter une loi c’est pas rien pourtant. Pas comme de signer « Tata Martine qui vous embrasse Â» au bas de la 69ème carte de voeux que l’on rédige un dimanche maussade du mois de janvier.

Aspects positifs de la colonisation

En France, une loi stipule que les « aspects positifs » de la colonisation doivent être enseignés dans les programmes scolaires. En gros.

Des « aspects positifs » il y en a peut-être (je suis pas historien), mais plusieurs choses me troublent :

  • Pourquoi rédiger une loi pour enseigner un « aspect positif » de quoi que soit ? Quid des aspects… euh.. moins positifs, alors ?
  • Selon quel(s) critère(s) la France se reconnait-t-elle e droit de juger des conséquences (heureuses) de ses actes dans l’évolution de territoires qui sont aujourd’hui des nations indépendantes, avec leurs propres valeurs et, j’imagine, leurs propres manuels d’histoire ?
  • Pourquoi ne pas demander leur avis aux principaux intéressés plutôt que de décider — encore ? — à leur place de ce qui est a été bon pour eux ?
  • Pourquoi une loi sur un sujet qui relève si peu de la législation et des politiques ? ! Avant tout c’est de l’histoire, un travail d’historien (économie, social, culture, politique, etc.) : de l’analyse dont on n e devrait pas décider à l’avance résultat, du caractère positif.