“Internet” et “mon profit” sont dans un tuyau…

… trop étroit. Lequel va céder la place à l’autre ? C’est en résumé la question que soulève la dernière lettre d’information de InternetActu.

« L’internet peut-il casser ? » demandent-t’ils ? L’infrastruture est-elle capable de supporter le poids du trafic et des utilisateurs qui va croissant ? Plus particulièrement, la seconde partie de la lettre nous concerne en tant qu’utilisateurs: les fournisseurs d’accès, étant capables de savoir ce qui passe par leurs tuyaux et étant capables de le contrôler, pourront-ils résister à la tentation de favoriser certains types de contenus, d’empêcher l’accès à certains produits concurrants aux leurs, etc. ?

Comme souvent, une lecture très intéressante, ici.

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C’est un sujet qui me démange (si ce n’est pas trop impoli de me citer) :

A ne considérer que le contenu (ce qui est mis en ligne, l’upload quoi), on pourrait oublier qu’il faut un contenant (et des outils pour y accéder, et d’autres pour trouver son chemin dans cette montagne de choses mises en ligne). Cet « espace » et ces outils, c’est cela qui est consommé.

Toute expression a besoin d’un espace pour exister et doit parcourir une certaine distance pour nous atteindre : espace « virtuel » purement électronique du web, epsace entre la bouche du chanteur et nos oreilles, entre la photo du photographe et notre oeil, entre la parole du politicien et le cerveau de l’électeur (si si), etc.

Cet espace existe quelque part, même s’il ne s’agit que de tuyaux et de disques durs. Et comme tout espace, il faut bien qu’il apprtienne à quelqu’un et qu’il soit réglementé. Personnellement, je préfère qu’il appartienne à la collectivité et qu’il soit réglementé dans l’intérêt de cette collectivité.

On parle souvent du contenu du web, des logiciels, des informations et de leur plusou moins grande accessibilité. A juste titre, comme on s’inquiète du monopole de Microsoft sur les ordinateurs personnels, ou de celui de Google sur la recherche d’informations (sa connaissance un peu trop intime de nos existences, au fond). Quid de l’espace d’Internet ? Qu’en est-il du lieu même où tout cela est apparu et vit sa petite vie ?

Imaginons un instant que le web devienne la même chose que cet espace de communication privatisé, tellement fermé, qu’est celui de la téléphonie mobile. C’est un espace privé au sens strict : sans libre accès, sans espace public. Mais c’est aussi un espace privé de liberté et de choix. Peuplé exclusivement des contraintes et des « droits » (de consommer) voulus par les fournisseurs. Tellement plus pauvre que ce qu’il pourraîtdevrait être, aussi !

Internet est infiniment plus important que tout autre espace que nous avons jamais connu pour nous rassembler, discuter et échanger. Plus important tant par ses dimensions et sa capacité d’accueil, que par ce qu’il pourrait apporter comme liberté dans l’échange, justement. Ce serait dommage de le laisser exclusivement entre les mains d’intérêts économiques bornés par le seul souci de leur profit, motivés par la satisfaction des apétits à court-terme de leurs actionnaires. Alors là, oui il serait vite cassé.

Chose a dit

Beyrouth n’est pas apparue sur mon chemin
Beyrouth n’a pas fleuri — voyez mes champs
Beyrouth n’a pas donné de fruits
Et voici un printemps de sauterelles
et de sable sur mes labours
Je suis seul, sans fleurs et sans saisons
seul avec les fruits
Du coucher du soleil jusqu’à son lever
je traverse Beyrouth sans la voir
J’habite Beyrouth mais je ne la vois pas

(Adonis, La plume du corbeau, Chants de Mihyar le Damascène)

Apple, Mac, iPod et ensuite ?

C’est juste une question qui me passe par la tête — Apple connait un succès bien plus grand avec ses iPod qu’avec n’importe quoi d’autre qu’elle a conçu, non ? Et les premiers « Mactel » (Macintosh basé sur un processeur Intel) vont arriver en 2006, si on en croit les rumeurs.

Or, si Mac tourne sur Intel, quel besoin y aura t’il d’acheter un Mac plutôt qu’un PC ? Ok : quelle raison à part le design de la machine 😉

Si Apple a opté pour ce rapprochement avec Intel est-ce parce qu’elle gagne plus d’argent avec l’iPod et son MusicStore qu’avec ses ordinateurs ? N’envisage-t’elle pas tout simplement de laisser tomber la constructions d’ordinateurs classiques ?

Proposer des machines multimédia (des super Macmini pour le salon, en gros) d’un côté, des périphériques comme l’Ipod de l’autre et, enfin, OSX vendu comme une alternative à Windows sur les PC, comme c’est le cas pour Linux ?

Encore une fois, c’est juste une idée qui m’est passée par la tête. Inutile de me maudire si vous trouvez cela sacrilège.

Perso, j’attend avec autant d’impatience aussi bien la mise en vente de portables « Mactel Centrino » (et dans la même gamme de prix que les portables PC), que la mise en vente d’une éventuelle version d’OSX « pour PC » histoire de l’installer sur un nouveau portable Sony ou IBM 😉

Avec une préférence pour le seconde option, peut-être.

PS : joyeux noël.

Ca y est le projet de loi DADVsi est en discussion au Parlement

Ce projet de loi, ce n’est pas quelque chose qui a eu lieu dans un passé lointain, dont on parlerai avec étonnement dans une leçon d’histoire. Un chapitre méconnu dans l’histoire très édifiante, par exemple, de la Sainte Inquisition. Ce n’est pas non plus de la science fiction.

C’est aujourd’hui que ça se passe : nos représentants vont voter ou non une loi qui considère que le problème essentiel de toute création c’est le risque d’être copiée sans profit, de circuler… sans contrôle.

* * *

Au fond, la question c’est seulement ça : définir le statut de la copie par rapport à l’oeuvre d’art, c’est pas une question très neuve. Mais aujourd’hui ce ne sont plus des philosophes qui se grattent la tête, ce sont des économistes.

La copie est au coeur de l’industrie du disque et du cinéma (du jeu vidéo,…). Pourquoi serait-elle plus légitime qu’une autre ?

A part leur marge bénéficiaire et la jaquette colorée, qu’est-ce qui différencie le CD pressé commercial du CD piraté ? Derrière l’un ou l’autre on retrouve les mêmes motifs : soit le désir de partager une émotion, de faire circuler un artiste qu’on aime; soit la même envie d’innonder un marché avec un produit facile à fabriquer, pour ramasser du fric rapidement ou pour se faire un nom.

La différence c’est évidemment que les industries financent la création de l’enregistrement et redistribuent une part de leurs bénéfices aux artistes. Elles prennent le risque de promouvoir de nouveaux talents ou des artistes plus difficiles. En tous cas c’est ce qu’elles sont supposées faire alors que les pirates, selon ces industriels, ne sont que des voleurs qui pillent sans rien donner. Des parasites.

On ne doute pas qu’il y a des parasites. Mais on devrait peut-être se demander combien de ces industries font vraiment le boulot duquel elles revendiquent leur légitimité ? Combien promeuvent autre chose que des grosses vedettes ? Combien s’intéressent à la musique autrement que par les chiffres qui s’alignent dans leur bilan comptable annuel ? Combien font autre chose que (re)copier « ce qui marche » ? On peut aussi remarquer que grâce à certains « pirates », il est possible de réentendre des enregistrements épuisés (pourquoi ne pas les rééditer ?) ou méconnus (pourquoi ne pas les promouvoir davantage ?)

Bref. La copie n’est donc pas mauvaise en soit puisque, heureuse ou malheureuse, elle est le gagne pain des industries du disque! Puisque grâce à elle, institutionnelle ou « pirate », on a accès à un catalogue plus riche. Mais on comprend que ces industries soient paniquées quand, un matin, elles s’aperçoivent que n’importe qui peut faire le même travail qu’elles, plus rapidement, moins cher et, souvent, avec plus de lucidité et d’efficacité.

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C’est là que ça dérape.

Sous couvert de protéger les auteurs, elles désirent nous empêcher de choisir comment accéder à leurs oeuvres. Derrière ça, elles veulent s’assurer de rester indispensables. Hélas, pas en se remettant en question : en fournissant un travail plus qualitatif, en faisant un travail de recherche, de mise en valeur, en aimant la musique autrement que par les $ qu’elle génère ou que sais-je encore, en baissant leurs prix de vente. Non, c’est en essayant de faire voter des lois qui leur donneront tous les moyens pour nous interdire de les contourner. Nous imposer, en toute légalité, d’utiliser leur logiciel, leur baladeur, leur lecteur, leur format, etc. et seulement dans les limites qu’ils voudront bien nous accorder.

Ok, le système de copie « sauvage » actuel doit murir pour proposer une façon de générer du profit, ou plutôt un revenu pour les créateur et les diffuseurs qui adopteraient les nouvelles formes de distribution et de diffusion.

Il faut aussi, et ce n’est vraiment pas moins important, que nous autres consommateurs cessions d’être aussi bornés que les industriels le sont de leur côté : copier ok c’est facile, mais ce n’est pas pour autant que c’est gratuit, que tout est permis.

La création coûte, qu’il s’agisse d’un logiciel, d’une chanson, d’un livre, d’une toile, d’une seule ou de 24 images/seconde. Il faut supporter ce coût, d’une façon ou d’une autre, ou bien se passer de cette création.

Regardez l’appel de wikimédia : partager le savoir gratuitement coûte de l’argent.

Et puis, prétexter leur gigantesque puissance financière pour légitimer notre toute petite copie privée est une mauvaise excuse. D’abord parce que tous les disques ne sont pas produits par ces géants. Ensuite, ça serait donner en partie raison à ces industries qui voudraient bien que nous consommions tous la même soupe verte, la leur. Enfin, ce n’est pas parce qu’ils sont monstrueusement riches que la copie devient légitime, mais parce que c’est une façon de distribuer le contenu bien plus pratique et économique. Ilsdoivent le comprendre, et s’y adapter.

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Dans cette mode un peu frénétique de la « copie sauvage » il y a de l’excès. Mais que verrions-nous d’autre en observant de plus près les origines de ces industries qui crient aujourd’hui au scandale ?

Tout ça pour dire que le projet de loi qui est débattu en ce moment, c’est surtout un choix : celui de maintenir un système de diffusion qui enrichit quelques uns, et leur donne tout pouvoir de décider ce qui sera diffusé ou ce qui ne le sera pas, d’un côté, qui pour se maintenir enfermera les oeuvres dans des « formats prison », dont personne ne peut dire ce qu’ils deviendront dans 10 ans. De l’autre côté, laisser se développer un système plein d’incertitudes c’est vrai, mais qui promet une meilleure circulation de la culture, de toutes les cultures. En tous cas bien plus efficacement que tout ce petit groupe de privilégiés a jamais réussi à faire, et pour un coût dérisoire.

Si une telle loi devait passer, je ne verrais pas d’autre choix que de boycotter complètement les produits culturels s’abritant derrière elle pour brider ma liberté de copier, càd d’accéder à ma guise à un bien que j’ai acheté. Même au risque de me priver de beaucoup de choses de qualité.

C’est idiot de refuser des technologies qui sont déjà là. C’est tout aussi idiot de croire que tout est gratuit. Tout le monde est perdant avec ces deux extrêmes. Dans un cas comme dans l’autre, il ne s’agit que d’une forme abrutie d’exploitation intensive d’une ressource, sans conscience, sans respect (de l’environnement, des autres).

Allez je vais me consoler en écoutant OK Computer — c’est plutôt approprié non ? — cet excellent album de Radiohead .

Fichtre ! C’est une copie MP3 dans iTunes… d’un CD que j’ai payé (ouf !)

Puis qu’on parle deRadiohead, à écouter et à regarder : Creep — Flash inside — (Je sais, c’est pas dans OK Computer 😉

WiFi partout, pour ceux qui veulent ?

FON. La déjà vieille idée de France Wireless revitalisée et repeinte en orange ?

En tous cas l’idée a ceci de plaisant qu’elle laisse espérer de contourner la main mise des groupes téléphoniques sur la communication mobile.

Question soulevée ailleurs — et qui me semble fondamentale — quid de la responsabilité des propriétaires des points d’accès par rapport à l’usage qui sera fait de leur connexion par les « foneros » ?

Un blog en français sur le projet FON.