Je suis toujours là

Derrière l’écran. Je bosse en heures sup… depuis tellement de semaines que j’ai l’impression que ma vie se résume à un va et vient entre ce satané clavier et le lit. Avec pour seul réconfort un peu de thé et de musique.

J’ai aperçu l’appareil photo sur son étagère, ce matin, sous une couche de poussière. J’avais envie de pleurer.

Se perdre. Un coup de pied dans la tronche

On se dit qu’on a la vie pas facile, un boulot (passionnant mais) épuisant, des problèmes personnels comme tout le monde — mais ceux-là sont les nôtres, qu’on vit dans un monde pourri-mais-que-puis-je-y-changer-moi, qu’on a pas le choix, qu’il faut payer le loyer, qu’il faut tout ça quoi…

Les factures, nos certitudes, les habitudes, ça devient si vite un réflexe de puiser dans toutes ces mauvaises raisons des bonnes excuses — on verra ça demain. Le mois prochain. J’ai pas la force ce soir. Je peux pas, c’est trop dur. J’ose pas — pour ne rien faire de ce qui nous tient à coeur, ne rien dire de ce qu’on a sur le coeur. Pour laisser filer le temps qui s’en fiche bien.

Je pense très fort à vous tous, je pense à toi. Tellement. De tout mon coeur.

Entretenir une correspondance ?

Il y a quelques années, avec Thierry, nous entretenions une correspondance très intense. On s’envoyait des courriers par la Poste : oui oui, les bonnes vieilles feuilles de papier rédigées et illustrées à la main, enfermées dans une petite enveloppe timbrée (sansle savoir, on pratiquait du mail-art, qu’on pensait avoir inventé… !), petite ou grosse enveloppe qui pouvait mettre plusieurs jours à parvenir à destination. Les feuillets qu’on lisait le matin en se rendant à la Fac, la réponse à laquelle on songeait jusqu’au soir, quand on l’écrivait enfin. On s’est écrit plus férocement, plus intensément que deux amoureux, pendant plusieurs années, une montagne de lettres toutes plus bêtes intelligentes les unes que les autres. C’était avant, et encore un peu au début de l’Internet. Aujourd’hui, on se “maile” ou on se téléphone (j’ai horreur de cet engin), mais on ne s’écrit plus. Je le regrette.

Avec Thierry, c’était la correspondance la plus intense. Mais il y en a une autre qui me manque au moins autant, tellement différente, parfois je pense même qu’elle fut plus rêvée que réelle, et tellement plus chargée de regrets — pour moi du moins. Je comprenais si peu et si mal. Je ne voulais pas comprendre, sans doute.

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Et vous ? Entretenez-vous encore une correspondance qui soit autre chose qu’un échange d’e-mails ou de de coups de fils ?