L’Objet est le seul vrai Dieu et Apple est son prophète ?
Cette photo me fait vraiment penser à une église. Manque que les prie-dieu. On peut déjà se pencher sur les missels MacBook.
Brrrrrrr.
J’ai commencé ce soir son Voyage en Italie, et je tombe sur ce passage :
J’étais à peine établi, que diverses personnes entrèrent dans la cour. Elles m’observent, elles vont et viennent; la foule augmente, puis elle demeure et finit par m’entourer. je voyais bien que mon travail avait éveillé leur attention, mais je ne me laissai pas troubler, et je continuai tranquillement. Enfin un homme d’assez mauvaise mine s’avance vers moi et me demande ce que je fais là. Je lui réponds que je dessine la vieille tour, pour conserver un souvenir de Malcesine. Là-dessus il me dit que cela n’est pas permis et que je dois cesser. Comme il me disait cela dans la langue populaire de Venise, que j’entendais à peine, je lui répondis que je ne le comprenais pas. Sur quoi, avec un véritable flegme italien, il prit ma feuille et la déchira (…)
(Goethe, Voyage en Italie, p.36-37, Bartillat)
Ca se déroulait le 14 septembre 1786… Je vous laisse découvrir la façon dont Goethe s’est tiré de ce mauvais pas.
Au fond, ça n’a pas énormément changé. Les appareils photos ont remplacés le crayon et le papier. Les photographes ont pris la place des dessinateurs, mais c’est la même méfiance qui joue (bien que pour d’autres raisons) et c’est avec le même sourire forcé qu’on raconte ce genre d’aventure à nos amis.
Des romans, des récits et des nouvelles en français, en format électronique et sans DRM, sur publie.net
Le pari semble fou: publier sans DRM, alors que partout on nous assure que des hordes de pirates hantent le Web, à l’affût du moindre fichier à voler.
Ici, pas de cadenas, pas de code à 300000 chiffres, pas de connexion à un serveur Web anémique, pas de sonde annale pour s’assurer de votre identité. Pas de coupable a priori: une fois payé et téléchargé, le fichier est lisible sur n’importe quel ordinateur, par n’importe qui. Ouais, je peux le filer à ma maman. Au fond, justement, c’est au lecteur de jouer le jeu et de ne pas distribuer de copies aux copains — lis ce texte de Olivier Rolin, il est pas mal:
Enfant, j’aimais les relations des explorateurs. Je suivais leurs marches harassantes, je dessinais de petites croix sur les cartes pour marquer le lieu où ils avaient été mangés. J’en étais triste pour eux, un peu, mais au fond pas tant que ça (…)
(La chambre des cartes, O.Rolin, p.16)
Pourtant, un livre ça se prête (ça se revend et ça se rachète d’occasion, même) — J’ai pas oublié où est passé mon Celine, Murs !
Un livre électronique c’est encore plus facile à “prêter”: un fichier c’est facile à copier et on se fiche de ne jamais le revoir vu qu’on ne s’en est jamais réellement séparé. Alors ? Jouer le jeu. Pourquoi ne pas engager l’ami(e) à acheter le texte si il lui plaît. Ou juste lui envoyer un extrait (le copier coller fonctionne). Plus simplement encore, l’envoyer sur le site de l’éditeur où l’on peut feuilleter les premières pages de chaque bouquin. Se souvenir qu’il fut un temps, pas si lointain, où tout n’était pas “gratuit” (si on supporte l’invasion publicitaire qu’implique généralement cette prétendue gratuité) et qu’on payait pour le travail d’un auteur, et de son éditeur, comme on payait pour une boule de pain le travail du boulanger et de l’agriculteur (1).

Le site est un peu confus à mon goût. Par exemple, le nom des rubriques reflète davantage la démarche créatrice et littéraire des éditeurs, mais ne (me) donne pas une idée claire de ce que l’on va trouver en cliquant dessus. Même en lisant l’aide (un peu succincte), je n’ai toujours pas compris (un comble!) comment lire les fichiers sur mon iPhone 8)
Mais ça ne change rien au plaisir d’être tombé sur cet éditeur (et ses auteurs) qui n’est pas en guerre contre Internet et l’édition électronique, qui fait le pari de ne pas embêter faire chier ses lecteurs avec ces satanées DRM.
(1):je sais, l’image est idiote 🙂
18h et des poussières. J’ai cessé de bosser.
C’est agréable d’avoir le temps. D’avoir du temps. Même si j’avoue que je ne sais pas trop à quoi l’utiliser. Je suis comme un gosse devant un étalage de confiseries: lire, écrire, écouter de la musique, regarder un film ? Ou encore faire peur au chat qui dort paisiblement? Quel choix !
Au fond, ce n’est pas vrai. Je sais très bien ce que je vais faire, mais c’est agréable d’hésiter.
Avoir passé le relais sur Compétence Photo m’a aidé à retrouver un peu de temps libre. Mais pas tant que ça, au fond. C’est surtout que, cette semaine, je m’oblige à arrêter de bosser tôt. Pour voir.

“Gagner sa vie”, je suppose que ça doit être l’idéal d’un bon citoyen dans une société libérale? Et sa prière quotidienne serait “Donnez-nous aujourd’hui encore plus de travail, pour gagner plus. Et pardonnez-nous nos loisirs, comme nous pardonnons ceux des autres ” ?