Les vacances, c’est le pied

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😉

Vendredi dans la journée, on sera de retour à Paris. Alors on profite des beaux jours pour faire du tourisme. Sortir un peu de nos vacances studieuses.

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Pour la photo, je n’ai emportĂ© qu’un Ixus 850, un compact Canon tout cabossĂ© et rĂąpĂ© tant il traĂźne dans la poche de mon jean’s depuis des annĂ©es. Je n’ai pris aucun de mes reflex (ni aucune de mes optiques), pas mĂȘme mon tĂ©lĂ©mĂ©trique et son 35mm que j’aime tant.

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Rien que ce compact qui me sert de bloc-notes depuis 3, peut-ĂȘtre 4 ans. 

Quatre ans, c’est vieux pour un appareil numĂ©rique, encore plus pour un compact. Mais si j’envisage d’en changer c’est uniquement parce qu’il est usĂ©. Physiquement usĂ©, il ne tient plus et j’ai bien peur qu’un jour il se dĂ©sintĂšgre entre mes doigts. Je l’ai usĂ©. 

Pourquoi ne pas prendre un reflex, avec le 18-200 par exemple ? Avec ça je serais bien Ă©quipĂ© pour un tas de sujets variĂ©s… 

Parce que je souhaitais voyager lĂ©ger. L’Ixus dans une poche, le Moleskine et un stylo dans l’autre poche du jean’s, je me balade les mains vides et le coeur le dos lĂ©ger. Et je note mes vacances, sans avoir Ă  me dĂ©battre avec le matĂ©riel rangĂ© dans son sac, d’un trait de stylo ou d’un clic. Il ne pĂšse rien, et avec une carte SD de 1go, je peux prendre pas loin de 400 photos — d’une qualitĂ© suffisante pour mon usage personnel, et mĂȘme pour les publier, peut-ĂȘtre pas en pleine page, dans un de mes magazines â€”, une carte que je peux insĂ©rer dans le port SD des nouveaux MacBook Pro 13” de Apple 🙂

Parce que c’est discret. Vous n’imaginez pas la quantitĂ© de photos que j’ai pu prendre de gens, de lieux et d’objets sans que personne, ni gardien tatillon ni personne inquiĂšte du respect de son droit Ă  l’image ou du droit Ă  l’image de son pot de gĂ©ranium, ne vienne m’agresser. Au contraire, je suis un de ces gentils touristes qui fait tourner l’Ă©conomie du coin, pas un de ces salauds de photographe qui veut faire des millions sur le dos ou plutĂŽt sur la tronche des braves gens. La parano du droit Ă  l’image est une des raison qui m’a dissuadĂ© de continuer la photo (lisez les archives; si ça vous intĂ©resse).

Parce que ça me suffit. Vraiment. Pour ĂȘtre parfaitement sincĂšre, je n’ai pas choisi ce compact au hasard. Je souhaitais un bon mode macro (4 ou 5 cm) et le plus grand angle possible avec un stabilisateur d’image. L’Ixus 850 fait la mise au point macro Ă  5cm (de mĂ©moire) et offre un grand angle de 28mm et offre un bon stabilisateur. Pas mal, mĂȘme s’il est loin d’ĂȘtre parfait: 

  • Il est lent (comparĂ© Ă  un reflex). Bah, moi aussi je suis lent, et ça ne me gĂȘne pas d’avoir le temps de rĂ©flĂ©chir avant de dĂ©clencher. Et puis, j’ai tout mon temps. Enfin, entre-nous, ce que je photographie ne bouge pas si rapidement que ça 😉
  • Il est mĂ©diocre dans les hautes sensibilitĂ©s. Ca bruite, mama mia ! Je vis avec, et ça ne m’empĂȘche pas de l’utiliser quand l’occasion se prĂ©sente.
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  • Je ne peux pas choisir l’optique que j’utilise. Ca, c’est le plus dur: je rĂȘve d’un compact sur lequel je puisse visser mon 35mm, ou le Nikon 28 f2, et le 55! Tant pis.

SĂ»r, y a des moments oĂč je voudrais du meilleur matos. SĂ»r, si je faisais d’autres photos un compact ne conviendrait peut-ĂȘtre pas. Mais pour l’instant je me fais plaisir, et il fait des photos 😉

Suis-je dans l’illĂ©galitĂ© ?

Question con — mais je promet d’en poser une intelligente avant de fĂȘter mon 100Ăšme anniversaire:

Si vous avez lu le dernier CompĂ©tence Mac, vous savez Ă  prĂ©sent que j’ai rippĂ© tous mes DVD (et que j’ai gardĂ© les disques originaux). LĂ , en vacances Ă  je ne sais combien de centaines de km de chez nous et de nos DVD, je regarde Rush Hour et, comme une poule devant un yo-yo, le doute m’assaille: 

N’ayant pas emmenĂ© les disques originaux, uniquement une copie sur disque dur, suis-je devenu un monstrueux pirate, un fraudeur/voleur/anarchiste qui met sur la paille tout Hollywood (et ses acteurs, ses rĂ©alisateurs, leurs avocats et leur grand-mĂšre, par la mĂȘme occasion) ?

Pire encore (ça fait une seconde question bĂȘte), si Ă  notre retour Ă  Paris nous dĂ©couvrons que l’appart a Ă©tĂ© cambriolĂ© et que — en mĂȘme temps que notre gĂ©ranium et ma collection stylos Ă©rotiques (qu’il faut retourner pour voir la pin-up perdre le peu d’Ă©toffe qui la couvre) — les disques ont Ă©tĂ© volĂ©s, aurais-je encore le droit d’utiliser cette copie de sauvegarde que j’ai rĂ©alisĂ©e pour mon usage personnel ? Suis-je sensĂ© racheter tous les DVD, alors que j’ai conservĂ© leur contenu qui Ă©tait l’unique raison pour laquelle j’avais achetĂ© ces DVD pour commencer ?

Y a pas Ă  dire, z’avaient raison: le numĂ©rique, c’est plus simple.

Steamship Soldier on the Information Front + une presque belle dĂ©finition du mot “vacances”

Je viens de lire Steamship Soldier on the Information Front, une nouvelle de Nancy Kress, qui date de 1997 mais qui pourrait avoir Ă©tĂ© Ă©crite demain tant elle semble esquisser justement l’aboutissement de la sociĂ©tĂ© de l’information, et de notre course Ă©perdue pour rester au sommet de la vague.

Cours Forrest, Cours! ne dit-elle pas, la petite (et la plus grande) Jenny, Ă  son ami un peu simple d’esprit qui ne sait quoi faire de sa vie?

Je suis tombĂ© sur cet texte dans la bibliothĂšque de mon hĂŽte, c’est un pur hasard. Mais je dois dire que le hasard fait parfois bien les choses vu les questions que je me pose pour le moment.

Pas loin de lĂ , je suis tombĂ© sur un recueil de nouvelles policiĂšres de Ray Bradbury. J’ai jamais rien lu qui ne soit de la SF sous sa plume. Je sens que ma derniĂšre semaine de vacances sera dĂ©vouĂ©e Ă  la lecture — “vacances”, un mot masculin pluriel qui vient de “vacance”, sans s, nom fĂ©minin qui traduit l’Ă©tat de disponibilitĂ©, le vide, l’absence. Un mot qui n’a plus vraiment la cote aujourd’hui, mais que j’aime bien. Il a son charme, un peu dĂ©suet, comme dans la belle phrase que voici, extraite des Monologues philosophiques de Mont-Luc (inĂ©dits): 

“Marie-ThĂ©rĂšse, trĂšs chĂšre, je constate avec Ă©tonnement que cette chaise est disponible ! OĂč cela, mais sous vos yeux, ma mie. LĂ , voyez ce fauteuil vide de tout postĂ©rieur. Qu’entends-je ? Suis-je devenu fou, approchons-nous car il me semble que ce sofa veut nous dire quelque chose. Parle-t-il ? Mais oui, il hurle mĂȘme au crime de lĂšse productivitĂ©, ce poste de travail abandonnĂ© ! Ah ça, quel indigne ouvrier doit servir ce pauvre siĂšge. Quel fainĂ©ant est capable de laisser vacant si longtemps ce divan. Quel Atlas aux bras d’enfant peut si longuement — pour sĂ»r, ma main Ă  couper, croix de bois croix de fer, je jure qu’une pose pipi jamais ne dura trois semaines — abandonner son poste, sans ĂȘtre rongĂ© par les remords ?”

Peut-ĂȘtre je devrais Ă©crire un dictionnaire ? j’aime bien mes exemples 😉