Je viens de lire Steamship Soldier on the Information Front, une nouvelle de Nancy Kress, qui date de 1997 mais qui pourrait avoir été écrite demain tant elle semble esquisser justement l’aboutissement de la société de l’information, et de notre course éperdue pour rester au sommet de la vague.
Cours Forrest, Cours! ne dit-elle pas, la petite (et la plus grande) Jenny, à son ami un peu simple d’esprit qui ne sait quoi faire de sa vie?

Je suis tombé sur cet texte dans la bibliothèque de mon hôte, c’est un pur hasard. Mais je dois dire que le hasard fait parfois bien les choses vu les questions que je me pose pour le moment.
Pas loin de là, je suis tombé sur un recueil de nouvelles policières de Ray Bradbury. J’ai jamais rien lu qui ne soit de la SF sous sa plume. Je sens que ma dernière semaine de vacances sera dévouée à la lecture — “vacances”, un mot masculin pluriel qui vient de “vacance”, sans s, nom féminin qui traduit l’état de disponibilité, le vide, l’absence. Un mot qui n’a plus vraiment la cote aujourd’hui, mais que j’aime bien. Il a son charme, un peu désuet, comme dans la belle phrase que voici, extraite des Monologues philosophiques de Mont-Luc (inédits):
“Marie-Thérèse, très chère, je constate avec étonnement que cette chaise est disponible ! Où cela, mais sous vos yeux, ma mie. Là, voyez ce fauteuil vide de tout postérieur. Qu’entends-je ? Suis-je devenu fou, approchons-nous car il me semble que ce sofa veut nous dire quelque chose. Parle-t-il ? Mais oui, il hurle même au crime de lèse productivité, ce poste de travail abandonné ! Ah ça, quel indigne ouvrier doit servir ce pauvre siège. Quel fainéant est capable de laisser vacant si longtemps ce divan. Quel Atlas aux bras d’enfant peut si longuement — pour sûr, ma main à couper, croix de bois croix de fer, je jure qu’une pose pipi jamais ne dura trois semaines — abandonner son poste, sans être rongé par les remords ?”
Peut-être je devrais écrire un dictionnaire ? j’aime bien mes exemples 😉
