Librairies indépendantes : réveillez-vous !

Messieurs et Madame les libraires, je vous l’annonce en grande primeur : si vous croyez que vous ferez vivre votre entreprise en 2010 simplement en alignant des ouvrages sur des tablettes, vous n’avez rien compris. Votre commerce mourra à petits feux. Vous serez écrasés par Amazon, Chapters et autres boutiques virtuelles qui savent répondre aux besoins des acheteurs d’aujourd’hui.
(…)
Si j’ai besoin d’un roman de fantasy, je n’hésiterais pas une seconde à me déplacer à l’Imaginaire, parce que l’endroit est enivrant. Je m’y rendrais même si le livre était 3 $ plus cher que sur Amazon, et même si je devais le commander. Parce que je serai heureux de franchir le seuil de leur boutique.
Je « n’encourage » pas l’Imaginaire. Je les « récompense ».

Librairies indépendantes : réveillez-vous!, via @declencheur

La seule que je pourrais ajouter à cet excellent billet, c’est que tout ça vaut aussi pour les éditeurs. Pour ceux qui ne l’ont toujours pas compris : il est urgent de se demander à quoi nous servons.

(Edit: évidemment, dans mon cas je remplacerai “l’Imaginaire“, dont il est question, par la librairie “Scylla” ;-))

PS: non, je ne cite pas cet article parce que son auteur et moi partageons le même thème WordPress 😉

anticorps sociaux

Societies eventually develop antibodies to addictive new things. I’ve seen that happen with cigarettes.

It took a while though—on the order of 100 years. And unless the rate at which social antibodies evolve can increase to match the accelerating rate at which technological progress throws off new addictions, we’ll be increasingly unable to rely on customs to protect us. (…) It will actually become a reasonable strategy (or a more reasonable strategy) to suspect everything new.

Paul Graham, The Acceleration of Addictiveness

En français :

Les sociétés finissent par développer des anticorps contre la dépendance aux nouvelles choses. Je l’ai vu arriver avec les cigarettes.

Il a fallu un certain temps — de l’ordre de 100 ans. Et à moins que la vitesse à laquelle évoluent les anticorps sociaux s’accroissent pour correspondre au rythme toujours plus élevé auquel le progrès technologique nous balance de nouvelles dépendances, nous deviendrons de moins en moins capables de nous protéger. Considérer toute nouvelle chose comme suspecte pourrait bien devenir une stratégie raisonnable.

Brillant.

For Times they are a-changing

The Times has lost almost 90% of its online readership compared to February since making registration mandatory in June, calculations by the Guardian show.

Times loses almost 90% of online readership

Selon le Guardian, le Times aurait donc perdu 90% de son lectorat en ligne depuis qu’il a rendu l’enregistrement obligatoire pour accéder aux articles. Ce qui ne semble pas surprendre les responsables.

La question est donc de savoir si les 10% restant généreront assez de revenus.

Via Daring Fireball

Débranche (et respire)

Dans moins d’une semaine, Sandra et moi serons en vacances. Et dans 15 jours, nous serons en vacances loin de tout, sans Internet, sans réseau mobile et même sans téléphone tout court. Sans rien. Comme dans la préhistoire, il y a 10 ou 15 ans de ça.

Donc, nous n’aurons pas de messages, pas de Web, pas de blog, pas de RSS et pas d’emails qui viendront nous titiller chaque jour. Même si nous le voulions, ce n’est pas possible.

Il y a encore un an de ça, ça m’aurait semblé de la folie : je ne peux pas me permettre de rater ceci ou cela, je dois suivre l’actualité, je dois rester dispo pour le boulot, etc. Foutaises. Je ne dois rien, ce ne sont que des habitudes.

Le monde ne s’arrêtera pas de tourner parce que je m’arrête de courir. Mon courrier attendra sagement pour être lu que je rentre à Paris. Pour le boulot : les projets sont lancés (mes vacances placées dans un creux), il ne devrait pas y avoir de mauvaises surprises et mon courrier pro sera relevé par quelqu’un en mon absence.

Et pour le reste, le Web et sa vie trépidente ? Ce qui mérite qu’on s’y intéresse vraiment supportera bien que je le fasse avec un peu de retard. Tout le reste — les pseudo-scoops, la course à la primeur, les (r)évolutions qui n’en sont pas, les articles qui ne sont que des copiés-collés les uns des autres ou de communiqués de presse, cette course navrante à celui qui a la plus grosse b…ouche — pourquoi regretter l’avoir manqué durant quelques jours ?

J’ai déjà préparé une pile de bouquins, de la musique et de quoi écrire 😉