Comprendre le succès du Leica M9

Je n’utilise pas un M9 (juste un modeste S90) mais je suis à 100% en accord avec ce qu’il explique) : comment un appareil photo qui a de moins bonnes specs et qui coûte tellement plus cher que les autres peut-il séduire du monde ? Simple : oubliez les specs, et pensez “facilité d’utilisation” et “focus”.

All the controls I need are right where I need them and it doesn’t gives me controls that I don’t need
(…)
Sometimes when you have too much, it is alsmost as having nothing.
(…)
Maybe you should just focus on taking pictures

Understanding the Appeal of the Leica M9

En gros, en français :

Les outils dont j’ai besoin sont là où il faut et il ne m’encombre pas avec ce dont je n’ai pas besoin
(…)
Parfois avoir trop, c’est presque comme n’avoir rien
(…)
Peut-être on ferait mieux de se concentrer sur la prise de vue

Le premier qui dit que ça vaut aussi pour un Mac (ou pour un stylo et du papier, ou pour une machine à écrire ?), aura vu juste 😉

Loving it. Via.

J’ai deux machines à écrire

J’ai reçu ma nouvelle machine à écrire, ça men fait deux avec le MacBook Air :

Typewriters

C’est une Olivetti Lettera 35, un modèle plus récent que la Lettera 32 sur laquelle j’aurais aimé mettre la main, mais vu ce qu’elle m’a coûté (2 €), je ne me suis pas trop posé de question. Elle est un peu poussiéreuse — je la nettoierai à fond quand j’aurai trouvé plus d’informations à son sujet — mais elle est en parfait état de marche. Après toutes ces années de repos, et une ou deux minutes à essayer de me souvenir comment fonctionnait une machine à écrire, comment on fixait les marges et l’interligne, elle défonçait allègrement le papier de ses caractères en acier, dans un vacarme d’une autre époque.

Un bruit qui a terrifié le chat et qui a fait dire à ma moitié, qui affichait un sourire crispé, que je ferai mieux à l’avenir de ne l’utiliser qu’en son absence. Et peut-être pas après 19h ou le WE, pour ne pas agacer les voisins — qui dira l’importance de l’ordinateur et, de son silence, dans la paix des ménages et les bonnes relations de voisinage ?

Bref. C’est vieux, c’est bruyant, c’est solide et ça fait ce qu’on lui demande. Et cela sans la moindre mise à jour depuis 30 ou 40 ans (plus ?). Même son ruban rouge et noir, usé, fonctionne encore.

Je dois bien reconnaître qu’utiliser un clavier mécanique me manquait, c’est tellement agréable de sentir la touche s’enfoncer en résistant juste ce qu’il faut pour qu’on doive y mettre de la force pour la mener au bout de sa course. C’est physique, quoi. Chaque lettre est frappée. Oui, je suis une brute. Un ours.

Ça me manquait aussi peut-être parce que cette mécanique, avec toute sa ferraille et ses ressorts, impose de taper plus lentement que sur un clavier, sinon les tiges de la corbeille (j’ai trouvé ça dans la Wikipédia, croyez pas que je savais comment s’appelaient les bidules qui frappent la feuille de papier) s’emmêlent les unes dans les autres et bloquent la machine. Il faut alors les dépatouiller avec les doigts. Ce qui est emmerdant, et salissant. Du coup, on tape plus lentement.

Il y a aussi la difficulté à corriger et à revenir en arrière — ce qui est écrit est écrit, on ne peut qu’avancer, ou piétiner — qui encourage à réfléchir avant d’écrire et marteler cette pauvre feuille de papier. Du coup, très rapidement, je me suis (re)découvert un autre souffle, un autre rythme qui n’est pas nécessairement plus lent, mais plus long ; et des idées qui s’élaborent en phrases, voire en paragraphes entiers, plutôt qu’en mots lâchés les uns à la suite des autres. Un peu comme en écrivant à la main. Mais sur un autre rythme encore.

Peut-être aussi que cela me manquait par nostalgie ? Je ne le crois pas : je ne suis pas exactement le genre de gars qui est allergique aux nouvelles technologies. Mais qui sait ? Après tout, du haut de mes quarante ans, je tapais à la machine bien avant d’avoir utilisé un ordinateur.

J’ai fait de la place sur le bureau pour la machine. En fait, j’ai tout viré en pile sur les bords et j’écris ce billet le clavier sans fil posé sur les genoux. La Lettera est une machine portative (elle est fournie avec une horrible valisette dont la poignée découpe la paume des mains) mais elle doit bien peser 4 kilos ou plus, et elle semble carrément énorme comparée à ce chef d’oeuvre de légèreté et de compacité qu’est le MacBook Air 11′, la machine à écrire (et à faire bien d’autres choses) du XXIe siècle.

Si

N’empêche, je prends mon pied à écrire là-dessus. Je ne me suis arrêté qu’à cause du bruit. Et aussi parce que j’avais envie de partager avec vous ce petit moment d’un plaisir pas banal.

Ce n’est qu’un caprice ? Probablement. Peu importe — j’en ai eu et j’en aurai d’autres, dont certains étaient bien plus coûteux et inutiles, mais peut-être pas aussi bruyants — on verra ça demain. Ou dans un an.

L’Internet civilisé ? J’ai failli marcher dedans pas plus tard qu’à l’instant

Je suis tombé sur un article à propos de l’Internet civilisé, une notion qui semble séduire Orange. En le lisant, je n’ai pas pu m’empêcher de noter (au moins) deux grosses erreurs dans les propos rapportés du directeur général de Orange, propos que je me permets de corriger ici :

“Il nous incombe de construire la société numérique sur laquelle nos entreprises, nos clients,les citoyens, nos enfants vont durablement vivre dans les décennies à venir. Nous devons construire un monde numérique durable, fiable et équitable et non un monde où quelques habiles individusgroupes de pression et multinationales s’approprient la Place du Village”.

Orange séduit par le principe de l’Internet civilisé

Là, on aurait quelque chose d’à peu près civilisé.

Il est plus que temps de remettre les industriels, aussi gros soient-ils, à la place qui est la leur dans la société civile : des fabricants et des marchands. Ni des gendarmes, ni des guides moraux.

Via @petaramesh

Passer d’une fenêtre à l’autre, sous Mac OS X

Sous Windows, le raccourci ⌥+⇥ permet de passer d’une fenêtre à l’autre.

Sous Mac, on a le raccourci ⌘+⇥, qui permet de passer d’une application à l’autre, mais pas de changer de fenêtre. Et ça embête de nombreuxtous les switchers qui, tels des forçats de la souris, se résignent à cliquer et cliquer encore dans le menu Fenêtre de chaque application :

Windows 001

On a vu plus rapide. Ça tombe bien, on a plus rapide 😉

Il suffit d’appuyer sur ⌘+`(la touche £, sur un clavier azerty) pour passer d’une fenêtre à l’autre dans l’application qui est au premier plan. Notez que cela ne fonctionne pas avec toutes les applications. D’expérience, je sais que cela fonctionne dans : TextMate, le Finder, TextEdit, Safari, Word, LibreOffice Writer, et quelques autres.

Sous Mac OS X, on prendra donc l’habitude d’utiliser deux raccourcis pour passer d’une fenêtre à l’autre, au lieu d’un seul sous Windows :

  • ⌘+⇥ pour changer d’application si nécessaire,
  • ⌘+` pour changer de fenêtre dans l’application.

Si l’idée d’utiliser deux raccourcis vous semble insupportable au point de vouloir jeter votre Mac par la fenêtre ou d’enfoncer de longues épingles dans une statuette de cire à l’effigie de Steve Jobs : je ne peux que vous recommander d’essayer witch qui émule parfaitement le comportement du ⌥+⇥ de Windows, tout en offrant pas mal d’autres possibilités (14$).

Edit un peu plus tard : Oui, oui je suis au courant pour Exposé. L’idée c’est de rester les doigts collés au clavier et de reproduire le comportement habituel de Windows. C’est tout.

Edit (encore plus tard): et comme le rappelle l’ami Guillaume, le raccourci est personnalisable — comment j’ai pu ne jamais y penser, tout ce temps ?) :