La maison de maman

Il y a Lightroom entre moi et les photos prises ce WE dans la maison de ma mère, où je n’avais plus mis les pieds depuis son décès, il y a cinq mois.

Ce sont des photos utiles, que je classe : des objets, des murs, des escaliers, des photos pour estimer ce qu’on va garder et ce qui va partir, des photos pour discuter d’éventuels travaux.

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Et puis, il y a les photos du tout petit jardin qu’elle s’était fait au fond dans la maison — elle avait fait raser la dernière pièce, et déposer des tonnes de terre, pour avoir son jardin. Un jardin qui est presque devenu fou depuis que personne ne s’en occupe. Je m’attendais à le trouver desséché, jauni, les feuilles cassantes et tombant en poussière dès qu’on les touche — je ne l’ai jamais vu aussi débordant de vie.

Coq

On a donc commencé à fouiller les pièces de ce qui est devenu ma maison. Oui, j’ai mis cinq mois à me décider.

De la cave au grenier, on a fait le job d’un Indiana Jones à la recherche de l’Arche perduede bibelots et de souvenirs. Dans le grenier, J’ai retrouvé ma chambre d’ado, éparpillée dans des caisses et des sacs. Sous une couche de poussière crasse, j’ai même retrouvé mon premier agrandisseur photo.

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Sous une pile d’autres caisses, au fond d’une armoire à moitié effondrée, datant d’une ère pré-Ikea, au fond de la pièce la plus sombre du grenier, il y avait une valise qui contenait mes bulletins d’écoles et mes fiches de retenues — j’étais abonné aux colles du mercredi après-midi — ainsi que mes dessins, entre 3 et 9 ans. Je sais que ce sont mes dessins, et quel âge j’avais, car maman les a soigneusement datés en précisant le nom de leur auteur. Je suppose que toutes les mamans font ça.

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Profitez-en, c’est sans doute la seule voiture que j’ai jamais dessinée. Elle a déjà un petit air maléfique : jamais aimé les bagnoles, moi 😉

Pourquoi garder cette valise ? Pourquoi garder ces papiers ? Vu l’endroit où elle était, maman n’a jamais du ouvrir — ni même essayé d’atteindre — cette valise pour verser une larme sur les oeuvres de son bébé. Etait-ce un geste réflexe maternel, oublié depuis des décennies ? Je me demande.

Je comprends l’attachement affectif, les souvenirs émus devant un dessin une photo, une lettre, devant n’importe quoi qui évoque un bon souvenir. Je comprends un peu moins l’accumulation d’objets qui, au final, deviennent plus un obstacle entre soi et le souvenir qu’ils sont censé incarner.

Je dis ça, mais je suis rentré à Paris sans avoir jeté la valise ou son contenu. La prochaine fois, surement.

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2 comments » Write a comment

  1. Très joli post. Belles photos, surtout la dernière, émouvante car elle me rappelle aussi certains souvenirs…