Hemingway n’a pas écrit cet article, Picasso et Van Gogh ne l’ont pas peint. Mais ils auraient pu.

Ni Hemingway, ni Picasso, ni Van Gogh n’ont jamais utilisé de carnet CALEPINO

Un gentil pied de nez aux célèbres carnets noirs dont le nom m’échappe, par une petite marque française de carnets de poche — que je n’ai pas encore eu l’occasion de tester, que plusieurs lecteurs m’ont recommandée : Calepino.

Pour les plus pointilleux — on se rappellera quand même que ni Hemingway ni aucun autre auteur célèbre ou fumeux d’alors n’a jamais utilisé de carnets de la marque “Moleskine”, vu que la marque n’existait pas. Ce qu’ils ont pu utiliser en revanche, ce sont des carnets de formes et d’origines diverses et variées qui étaient recouverts d’un revêtement en peau de taupe (dixit l’article en question).

Je ne sais rien de cette peau de taupe — sauf que je n’aimerais pas finir en revêtement de carnet et que, donc, je suis bien content de ne pas être un de ces petits mammifères fouisseurs vivant dans des galeries souterraines dont le nom vernaculaire est issu du latin talpa et qui désigne en français des mammifères insectivores fouisseurs, sans oreilles apparentes et plus ou moins aveugles et désigne également des espèces d’animaux très différentes anatomiquement, même si, à première vue leur physique et leur comportement se ressemble et, par extension, désigne de nombreuses espèces, souvent aveugles, ou presque, comme des rongeurs : les rats-taupes et les hamsters-taupes ou même un poisson comme le requin taupe; je n’aimerais pas finir en revêtement de carnets sauf, dans le plus improbable des cas, en imaginant un instant que, ayant vécu sur mon dos de taupe jusqu’à notre douloureuse séparation, ma peau finisse en revêtement du carnet dans lequel Jodie Foster elle-même note ses listes de courses et sa liste de tâches au moment même où vous lisez ces lignes — Cheese, milk, call David, Green tea — auquel cas ce serait trop m’avancer d’affirmer de cet unique cas l’existence d’un paradis des taupes, mais un cas qui suffirait pour affirmer sans l’ombre d’aucun doute l’existence du paradis pour une taupe — je ne sais rien de cette taupe, disais-je, mais je me souviens vaguement d’avoir lu la description que faisait de ses petits carnets de voyage je ne sais plus quel auteur, était-il français ou américain, peut-être était-ce courant des années 30 ou 50 ou était-ce au début des années 20, alors qu’il s’apprêtait à quitter Paris pour un autre long voyage, cherchant des carnets à remplir — une pleine malle — ou alors il revenait d’un long voyage, les carnets pleins, et vantait leur résistance, particulièrement la résistance de leur couverture. Bref, je me souviens j’ai oublié de quoi.

Mes références et ma mémoire ont la précision d’une frappe chirurgicale américaine. Il se pourrait aussi que j’aie un problème avec Jodie Foster.

(Merci aussi, Wikipédia, pour cette passionnante discussion.)

En plus de vous faire goûter une tranche passionnante de l’histoire de la littérature et de la vie des taupes — cet article est le premier d’une série qui expliquera par l’exemple comment optimiser votre référencement dans Google afin de rapidement générer un afflux de trafic.

Pour résumer cette première leçon :

  • Le titre doit être court.
  • le titre doit informer clairement du sujet de l’article.
  • Dans l’article, parlez d’un seul sujet. Gardez les autres sujets pour d’autres articles.
  • Faites des phrases courtes.
  • Faites des paragraphes courts.

N’empêche, un carnet en peau de requin taupe, ça en jetterait.

8 comments » Write a comment

  1. Bravo David pour avoir respecté strictement toutes les règles du bon blogueur (con)! 😉

    Il est intéressant de remarquer que les Moleskine, nom d’un produit français, à l’origine, sont faits par une boîte italienne, et que les Calepino, faits en France, portent un nom purement italien. Au sujet de la reliure (si on peut l’appeler ainsi), je préfère le premier des deux produits.

    D

  2. Bravo David pour avoir respecté strictement toutes les règles

    Je ne vis que par (et pour) ces règles 😉

  3. Bonjour David, je découvre ton article ce matin, et il m’a mis de bonne humeur pour la journée, alors merci ! 😉 J’avais écris il y a un moment un article sur Moleskine et sa pratique du storytelling. Mon texte est bien moins drôle que le tien, mais c’est là pour ceux que ça intéresse : http://wp.me/p2jWTa-q

    Et merci pour la leçon 🙂

  4. Les carnets Moleskine c’est pourtant un peu comme les ordinateurs Apple. Peu de gens les achètent parce qu’ils les aiment, parce qu’ils en ont besoin ou pour leurs qualités. Par contre, beaucoup les achètent pour, comme disent les jeunes, “se la péter” : c’est beau, c’est cher, c’est bien fini, et le marketing, irrésistible, véhicule tout un tas de légendes autour de ces produits (c’est solide, c’est jamais en panne, c’est fabriqué par des passionnés et des génies, bref c’est fait pour un petit clan de privilégiés et de connaisseurs dont vous ferez bientôt partie…).

    Le Moleskine est donc le carnet des écrivains comme Hemingway, et le MacBook est le portable des créatifs et des artistes (pas comme tous ces “cons” qui font du Powerpoint toute la journée sur des PC Windows en plastique). Les gens s’identifient. Acheter un carnet noir ou un ordinateur en aluminium, c’est devenir un peu le gars génial qu’on aurait voulu être. En oubliant hélas que le talent n’est pas dans le produit mais dans celui qui l’utilise ! Peu importe, ça fonctionne.

    Voilà ce que m’inspire votre excellent article. Un fidèle lecteur qui utilise un MacBook et plein de carnets “Scrivo” Pinetti que je vous conseille 🙂

  5. Le Moleskine est donc le carnet des écrivains comme Hemingway, et le MacBook est le portable des créatifs et des artistes

    Les deux produits ont des qualités certaines — et des défauts, quoi qu’en disent les fanboys — et le fait qu’ils se prêtent si bien à être utilisés, à nous servir au lieu de nous forcer à les servir (configurer, maintenir, entretenir, réparer) contribue à cette image. C’est encore plus flagrant avec l’iPad (et iOS) qui ressemble tant à un grand petit carnet noir… et pas que par sa forme 😉

    iPad et grand Moleskine

  6. Ma femme est maroquinière, elle te fait un carnet en peau de requin taupe ou en cuir de reinette quand tu veux (oui, la reinette, la minuscule grenouille, sans déconner, on fait des trucs en cuir de reinette). T’as mon adresse mail !

    • N’hésite pas à donner un lien vers son site, si elle en a un. (Et je te contacte par mail ;))