Ulysses III, Daedalus Touch et des fichiers (sont dans un bateau)

Si on lit la doc qui accompagne Ulysses III, on apprend qu’il est possible d’ajouter des “sources externes”, c’est-à-dire non plus des “pages” dans la bibliothèque de l’application, mais des fichiers au sens classique du terme, réunis dans un dossier de votre choix, à l’emplacement de votre choix sur le disque du Mac : l’idéal pour un gars comme moi qui veut garder la main sur ses fichiers.

J’ai donc testé la chose.

Tel est Mac

External

C’est vrai que c’est simple d’ajouter une source externe dans Ulysses. Il suffit de cliquer sur le + en bas à gauche de la fenêtre et de choisir External Source, puis d’indiquer le dossier désiré pour que ses fichiers apparaissent dans Ulysses, presque comme toutes les autres notes ou pages.

Penelope
Le nom des fichiers devenant leur titre.

Presque ? Oui car en utilisant une source externe, on se prive de quelques options avancées :

Byebye

Mais je m’en fiche : elles ne me servent à rien. Par contre, avec une source externe je garde le contrôle de mes fichiers : leur nom et leur emplacement.

L’utilisateur un peu observateur aura immédiatement deviné l’intérêt de contrôler l’emplacement où sont enregistrés les fichiers : pouvoir les stocker dans la Dropbox et, donc aussi, pouvoir y accéder depuis l’iPad. Et peut-être aussi depuis Daedalus Touch ?

L’habile éreinte

Si Daedalus est lui aussi d’abord pensé pour bosser via iCloud, il permet quand même la syncro Dropbox. Il suffit en effet de créer une nouvelle pile et, pour cette pile, d’activer la syncro Dropbox dans ses options, en lui indiquant quel dossier Dropbox utiliser :

Dropbox.png

Il est donc possible, théoriquement, de passer par des sources externes, plutôt que par la bibliothèque par défaut (et par iCloud), pour gérer ses textes entre Ulysses et Daedalus.

Pourtant, après ce début prometteur, j’ai laissé tomber. Pour plusieurs raisons, pas toutes liées à la syncro.

Tu me peines, Elope

Ulysses n’est pas fait gérer des tas de fichiers, du moins pas comme je le souhaite ou parce qu’il propose une approche qui le rend moins intéressant pour cet usage, à mon avis :

  • Je n’ai pas trouvé comment trier par nom mes centaines de fichiers externes. Or, si je nomme mes fichiers sur base de la date c’est aussi pour pouvoir facilement les filtrer et les trier.
  • La recherche dans Ulysses porte sur une page à la fois. Je n’ai pas trouvé comment chercher dans toutes les pages à la fois. On imagine sans peine que cela sera amélioré dans une prochaine mise à jour, mais en attendant…
  • La syncro par Dropbox n’est pas aussi parfaite que celle avec iCloud. Après quelques aller-retour entre les deux éditeurs, en passant par Dropbox, je me suis retrouvé avec des choses étranges : des fichiers qui se synchronisaient plus ou moins complètement, d’autres qui se découpaient en plusieurs fichiers. Bref, cette histoire de grinçait et couinait, là où elle aurait dû me jouer un petit air de harpe en me chantant les aventures de l’ingénieux qui pilla Troie

J’ai probablementcertainement fait une connerie — quand je vois comment fonctionnent bien Ulysses et Daedalus, quand ils passent par leur bibliothèque et par iCloud, j’en suis persuadé — peu importe : mes fichiers TXT sont censés être indestructibles, ou presque. Ce n’était plus le cas, en travaillant de cette façon.

Les prétendants font tapisserie

Alors, pourquoi s’embêter avec Daedalus et Ulysses ? Pourquoi payer pour ces deux apps ?

Il y a SimpleNote, Evernote ou encore Notes, de Apple, et pas mal d’autres qui permettent de synchroniser des textes (pages, carnets, fichiers) entre le Mac et l’iPad et l’iPhone.

Pourquoi hésiter ? Parce qu’aucun de ces prétendants ne propose un équilibre aussi juste entre élégance et simplicité et… choix d’outils vraiment (o)utiles pour écrire.

Oh, dis c’est eux

La conclusion que j’en tire est double :

  1. Je me plante en voulant faire de Ulysses et Daedalus ma boite à tout faire textuelle. Quelque chose qu’aucun n’annonce pouvoir faire, d’ailleurs.
  2. Si je veux profiter du confort de Ulysses et Daedalus pour écrire facilement entre l’iPad et le Mac, je dois renoncer à accéder directement à mes fichiers.

Changer mes habitudes, quoi. On y revient toujours.

C’est ce que je vais essayer de faire. Ne plus chercher à tout écrire dans Ulysses/Daedalus, ni à tout y garder. Les utiliser uniquement pour écrire mes histoires, sans me prendre la tête avec le reste (blogs, notes de lecture, etc.). Profiter à fond de ces deux apps géniales qui m’offrent dès maintenant une souplesse d’écriture entre le Mac et l’iPad, quelque chose que j’attends encore… du côté de Scrivener.

C’est ce que je vais essayer de faire. Quitte à déléguer les autres travaux d’écriture à d’autres apps. Quitte à exporter régulièrement mes textes dans des fichiers classiques, histoire de me rassurer.

C’est ce que je vais essayer de faire. Voir si ça marche, voir si je tiens dans la durée. Histoire à suivre, donc.

Ah ça, mais non

(ok, ce titre-là est le plus pourri de la série)

Avant de fermer ce billet, une question que je devrais poser aux devs et que je vous pose à vous : pourquoi Daedalus Touch ? Pourquoi pas Odysseus Touch ?

15 comments » Write a comment

  1. J’hésite.

    Pour mon titre préféré, je veux dire: entre Télémaque et Labyrinthe, mon cœur balance.

    Plus sérieusement, ce que tu décris est exactement ce qui a fini par m’éloigner du duo Ulysses/DT. Mais je reste attiré par le côté élégant (de la solution iCloud et de l’esthétique). Ta série d’articles permet de mettre “sur papier” des idées éparpillées, que j’aurais pu avoir: merci ! Et j’apprends toujours quelque chose de plus en te lisant (et en plus, en me marrant). Fun et utile. (lecteur content) ;D

    • Je ne suis pas sûr du tout de garder Daedalus/Ulysses. Mine de rien, comme je le dis plus bas, Word + UX Write font un très bon couple (à mon goût, qui vaut ce qu’il vaut) qui me permet de garder le contrôle sur l’emplacement des fichiers et sur leur nom.

      Je perds un peu de la souplesse en ce qui concerne le contrôle de version mais pas complètement : Mercurial peut toujours versionner les fichiers Word. Il paraît même qu’il y a un mode qui lui permet de faire du diff sur des doc(x ?) : pas testé.

  2. Je sais que tu es aussi un utilisateur de Scrivener. Est-ce que ça ne pourrait pas être une solution ? Les projets Scrivener permettent de gérer tous les formats de fichiers, supportent le Md, permettent les tris et les recherches partout, sont synchronisables via dropbox avec iOS (j’utilise Byword pour mettre à jour mes bouts de textes regroupés dans un projet Scrivener), et plein d’autres choses encore que tu connais déjà je pense 😉

    • Je sais que tu es aussi un utilisateur de Scrivener.

      Depuis pas mal d’années, oui. Mais je n’envisage pas ce mélange des “genres” (RTF +txt) : une des choses que j’aime dans Scrivener, c’est son interface Rich Text et j’aimerais la même chose sur iPad (pour garder la même présentation du texte).

      Pour le moment le seul duo qui fonctionne vraiment pas trop mal à ce niveau, c’est Word (OSX) et UX Write (iOS).

      Et si on passe par Word 2013 sous Windows, il y a vraiment de quoi remplacer pas mal de ce dont j’ai besoin dans Scrivener (mode plan facilement réorganisable, par exemple). Ajoute à cela OneNote Windows et OneNote iPad (même s’il est infinement plus limité que son grand frère), et tu as un outil plutôt complet. Hélas… sans rien de comparable sous OS X.

      David Hewson a pris le temps de parler de tout ça en détail, sur son blog… Pour conclure qu’il n’avait plus besoin (de Scrivener ni) de Mac.

  3. @eiffair: avec le petit bémol que le nommage des fichiers synchronisés par Scrivener n’est ni pratique ni adéquat. Et hors de question de renommer un fichier sous peine de perdre la synchro.

    • Oui, et puis cette syncro “par dossiers” de Scrivener m’a toujours semblé une sacrée usine à gaz, trop en contradiction avec l’intuitivité que j’attends de l’iPad pour jamais réussir à l’adopter (même si ça marche) 😉

  4. J’ai du mal à me passer de Scrivener: pour mes plus gros projets, il me permet d’avoir tout sous la main (recherche, tableaux, pdf, mindmaps, plans, chapitres) centralisé dans une même interface. Et je ne peux que conseiller la création d’ePubs aux petits oignons. Mais c’est vrai que, comme David, je suis attaché à ma liberté (de choix de plate-forme, de portabilité, d’opensourceness), et donc aux fichiers .txt. Et pour l’instant, le meilleur compromis que j’ai trouvé est encore d’utiliser Scrivener, d’emmener mon MBA partout si j’ai l’intention d’écrire (en gros, tout le temps), et de retomber sur une application qui gère le txt sous Dropbox sur l’iPad, pour dépanner. Pas un système idéal, mais en attendant une version iPad de Scrivener, c’est pas si mal.

    • le meilleur compromis que j’ai trouvé est encore d’utiliser Scrivener, d’emmener mon MBA partout

      Pas mieux, le Air est ma machine principale. Mais ça ne m’empêche pas de continuer à regarder ailleurs 😉

  5. Effectivement, c’est un système qui nécessite quelques ajustements. On peut faire confiance à Litterature & Latte pour nous sortir une version iPad qui devrait apporter tout le confort souhaité. Il reste à patienter, certainement encore longtemps, hélàs.

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