Semer le doute ?

Quelques commentaires suite à ce billet de @urbanbike : Retour au paragraphe stylé (dans la suite, c’est moi qui souligne).

Pour éviter les crises d’angoisse : @urbanbike et moi discutons de tout cela en privé, par téléphone. Ne pas être d’accord ne veut pas dire se faire la guerre, au contraire — c’est même un des trucs qu’on espère apporter dans tiaaft : deux têtes, qui partagent pas mal de choses, mais pas tout. Quelque chose que vous trouverez rarement ailleurs : assumer nos incertitudes, nos doutes et nos avis contradictoires (même si on est souvent d’accord!).

Pour dire ça en une phrase : quoi qu’en pense Facebook, un avis ne devrait pas se résumer à un bouton Like.

En voilà assez pour l’avertissement, allons-y.

(je ne suis) pas sujet aux contraintes dites de l’entreprise qui impose ses standards en terme de communication, de format pour les échanges de données.

Pas plus que je n’y suis contraint : on se souviendra que je n’ai quitté mon travail le 1er janvier 2012. (Très) joyeux non-anniversaire, moi.

Tsssss… De plus cela ne rend pas votre écriture plus lumineuse, plus intelligente.

Qui a prétendu ça ?

Par contre, utiliser l’outil dans lequel on se sente bien, ça aide.

Vous perdez juste un temps précieux — et pas mal d’énergie — à mettre en forme au lieu de vous concentrer sur la seule chose utile : votre texte…!

Je ne perds pas plus de temps à appuyer Cmd+B pour afficher du gras dans Word ou dans TextEdit, que je n’en perds en appuyant sur Cmd+B dans TextMate, ou tout autre éditeur de texte pas trop nul qui supporte le Markdown.

Et toc…!

Pareil 😉

La question n’a a jamais été la perte de temps, en ce qui me concerne : il y a :longtemps que je me suis suis débarrassé des outils qui m’en faisaient perdre, ou que je bricole mes propres outils pour en gagner.

La question, pour moi, c’est plutôt la portabilité.

Et c’est bien pour ça, par exemple, que je critique autant l’excellente Day One : bien qu’elle soit compatible Markdown, ses options d’export ne sont pas à la hauteur. On perd tout l’intérêt du TXT.

C’est aussi pour ça que je n’arrive pas à utiliser Ulysses III, alors que l’app est probablement la meilleure disponible, car avant de pouvoir modifier le fichier dans une autre app il faut l’exporter. On perd tout l’intérêt du TXT (et du Markdown) : cela ne me convient pas.

Ce que je cherche, c’est la possibilité de pouvoir éditer le même fichier sur n’importe quelle machine, si possible dans n’importe quelle app, sans avoir à m’emmerder avec des exportations, conversions ou copier-coller: TXT et Markdown vont bien ensemble, tant que j’ai accès au fichier lui-même.

De ce point de vue, je dois dire que le support du docx (et de Dropbox, celui de SkyDrive serait à venir) dans UX Write compense très efficacement la suicidaire absence de Microsoft Office sur iPad et rend très confortable l’édition des docx (je ne peux pas parler de compatibilité évoluée, je n’ai pas testé, mais pour mon usage c’est 100% fonctionnel). Microsoft devrait lui baiser les pieds.

Mais quand @david_bosman écrit :

Oui, je suis en plein trip « tout RTF » depuis une semaine. Une façon de me sortir la tête de la frénésie du « tout Markdown » et aussi de la surenchère de fonctionnalités que pratiquent de nombreux devs…

C’est du lourd…! Oh lui !
Je vous reproche (amicalement !) de contribuer inconsciemment à diaboliser a contrario le Markdown en semant carrement le doute dans l’esprit des lecteurs !

Mais j’espère bien bien semer le doute. Je trouve ça moins dangereux que de semer des certitudes.

Et je trouve effectivement qu’il y a une surenchère (parfois) imbécile.

Quant à me reprocher de “diaboliser” quoi que ce soit… comment dire.

Bon, j’ai juste l’impression de faire un saut d’une trentaine d’années… en arrière.

L’argument du passéisme…

Pour mémoire : ce que je disais du logiciel Pages de Apple. Ou comment je suggère Apple de l’adapter à de nouveaux usages. Ou encore tout le bien que je pense de la qualité de certains livres imprimés. Si ça ne suffit pas, je vous laisse vérifier par vous-même depuis quand j’écris en ligne en TXT (indice : c’était avant que l’iPad n’existe, avec sa floppée d’éditeurs Markdown).

Pour le reste, je ne suis pas contre la nostalgie en soi, j’aime boire un bon vin dans un joli verre ancien, que je garde pour ça dans le placard à côté des verres à moutarde, pour l’eau et le Coca. Le vin n’y est pas meilleur, mais la lumière s’y reflète autrement (et le verre est beau), un régal pour les yeux. J’ai aussi une vieille boussole de poche déréglée (elle pointe le nord plutôt vers l’est) héritée de mon grand-père, sans doute l’objet “passé” (et cassé) qui m’est le plus cher.

Il ne faut pas confondre, non plus, nostalgie sentimentale et choix lucide d’un outil qui n’est pas forcément “nouveau” ou high-tech : je prends toujours mes notes sur du papier, avec un stylo bille — même quand je lis un ebook, j’y reviendrai. Tout simplement parce que j’attends toujours un équivalent électronique qui soit aussi rapide, simple et peu coûteux. Par contre, je dessine sur l’iPad, c’est juste mieux pour moi.

Certes, nous avons tous en mémoire des rédacteurs (…auteurs, écrivains ou simples pékins) qui ont besoin d’un certain cérémonial pour écrire (debout devant un écritoire, telle couleur d’encre, tel stylo, tel type de papier…).

Ou qui ont besoin d’un éditeur de texte compatible Markdown ? 😉

On trouve autant de taisons pour ne pas écrire devant Word que devant n’importe quel éditeur Markdown : et si je changeais sa police par défaut ? Si je changeais son interligne et la couleur de fond ? Si je changeais la CSS de Marked ?

Évite juste les usines à gaz, fais simple.

Small Word

Word, tel que configuré sur mon PC (je pourrais publier ce billet, tel quel d’un simple clic, sans quitter Word, sur mon blog WordPress). Et TextMate, avec Marked pour générer l’aperçu du Markdown, sur mon Mac :

Small Textmate

Et surtout, écris !

100% d’accord.

Bref, choisir un outil de travail ce n’est pas entrer en religion. Ou alors, faut se faire curé, pasteur, mollah ou politicien 😉

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