S’initier à la photo

Début juillet, j’ai passé quelques jours en compagnie de ma nièce, juste elle et moi pour sa première visite à Paris (j’en avais parlé ici).

Si nous n’avons pas fait la moitié de ce que j’avais prévu (tant mieux, ce sera l’occasion de l’inviter une fois de plus, pour faire le reste), elle en a profité pour faire des photos. Beaucoup : dans les 400.

Elle avait bien amené son appareil, mais il fonctionne avec des piles… vidées après quelques photos seulement, nous étions encore dans le train. En dépannage, je lui ai filé mon Canon S90 (je me suis rabattu sur le Canon S100), et je l’ai vue s’éclater à photographier, tout et n’importe quoi — même si on est en droit de se dire que ce n’est plus n’importe quoi dès qu’on arrive à le photographier de façon intéressante.

Bref, dans le lot de photos il y en a quelques-unes qui sortent du lot et me laissent penser que, du haut de ses onze ans, elle a un regard. Voici quelques images prises du côté de la tour Eiffel :

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Img 0601.jpg (Photos : Laure Humfryes, 2012)

Bien sûr, je prenais soin de passer là où il fallait, en lui indiquant vers où regarder. Et, depuis qu’on passe du temps ensemble, elle me voit photographier et nous parlons régulièrement de la façon de regarder les choses et les gens autour de soi. Et puis, elle me voit la photographier elle, sans arrêt 😉

Mais elle n’a jamais pris de leçons de photos et il faudrait être aveugle pour ne pas remarquer comment elle utilise les lignes de force et les diagonales pour composer ses images. Comment elle cadre sa photo, tout simplement.

Une des choses qui a pu l’y aider, je pense, c’est l’affichage de la grille sur l’écran du S90. C’est tellement pratique, surtout quand on comprend comment l’utiliser.

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Règle des tiers et utilisation des points de force, le b-a-ba de la composition. Mais qui à lui seul fera déjà toute la différence entre une photo sans relief et une photo qu’on aime regarder.

Laure aurait pu ranger son appareil photo sans piles et ne plus faire une seule photo durant ces quelques jours à Paris. Mais je lui ai passé le mien et elle l’a immédiatement adopté (elle le connaissait déjà, notez) et elle a déclenché sans compter. Y compris là où de nombreux compacts n’auraient tout simplement pas pu fonctionner (1600 ou 3200 ISO, sans flash, en visitant l’expo Toutankhamon) :

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(Photos : Laure Humfryes, 2012)

Elle ne s’est pas posé de question, elle comptait sur l’appareil. Elle a composé ses images et a déclenché quand ça lui semblait bon.

Si elle avait dû réfléchir à tout ça — quelle ouverture, quelle vitesse, quel réglage ISO et quelle focale utiliser ? — avant chaque photo, jamais elle n’aurait pris autant de photos, et sans doute pas en s’amusant autant. Ce serait devenu une corvée et, la connaissant un peu, elle serait vite passée à autre chose.

Si elle avait dû utiliser un appareil moins performant, jamais elle n’aurait éprouvé autant de plaisir à photographier (déclenchement et enregistrement rapides, écran confortable, autonomie satisfaisante) ni à… regarder le fruit de son travail, sur l’écran du Mac une fois rentré chez nous.

Tout l’art consistera donc à donner au débutant quelques notions et quelques conseils, mais aussi à lui trouver un “bon” appareil. C’est le sujet d’un prochain billet, à suivre. Je voulais d’abord saisir l’occasion pour dire à nouveau comme je suis fier de ma nièce. Elle est géniale.

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